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Facebook est-il déjà mort ?

Le réseau social au milliard d'utilisateurs vient de présenter en Californie son nouveau "fil d'actualité", doté d'une présentation plus dynamique et simplifiée, avec des filtres nouveaux et personnalisés. Une façon pour lui d'essayer d'attirer les jeunes, partis vers Instagram ou Twitter, jugés plus "cool".

La fin ?

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Facebook est-il déjà mort ?

Le réseau social Facebook a présenté une nouvelle gestion des actualités. Crédit Reuters

Atlantico : Mark Zuckerberg vient de présenter la nouvelle interface de Facebook, proposant un autre moyen de filtrage et de classement des informations. Cela semble être une énième tentative pour revenir dans l'ère du temps. Cela suffira-t-il ?

Eric Delcroix : Je ne pense pas qu’on puisse dire que Facebook soit en crise, c’est plutôt une transformation liée à sa maturité. Facebook essaye de se positionner par rapport au mobile.

On peut se poser la question de savoir si Facebook sera encore sur Internet dans quelques mois, car il se déploie de plus en plus sur le mobile. Avec sa nouvelle interface, Facebook se repositionne par rapport à ses volontés à lui, et non pas par rapport à celles de ses utilisateurs, ce qui pousse certains à dire qu'il est en crise.

Quelle est la situation de Facebook à l'heure actuelle ?

Facebook est en transition : le problème est que les utilisateurs voient souvent leurs acquis, et sont peu enclins aux changements. Sommes-nous prêts à changer, à évoluer ? Facebook, Twitter n’arrêtent pas de changer, et à chaque fois on entend : "c’est la crise, c’est la fin". Mais force est de constater que les deux sont toujours là.

Quelles sont les erreurs que Facebook paye aujourd'hui ?

L’évolution des médias sociaux dans leur ensemble fait qu’on les utilise différemment, et qu’on utilise moins Facebook. Il y a quelques années, il n’y avait pas de Twitter, et on se contentait de Facebook. Il est arrivé seul, mais aujourd’hui la concurrence est grande. La communication qu’on mettait dans Facebook, quand Twitter est arrivé, on l’a mise dans Twitter.

Cela dépend aussi des pays : dans les pays du Maghreb par exemple, on n'utilise pas Twitter mais uniquement Facebook. Il faut aussi percevoir ce phénomène d’un point de vue mondial : ce sont des outils mondiaux, et les pays du tiers-monde par exemple n’en ont pas du tout la même utilisation que nous.

LinkedIn, Pheed, Diaspora... Y a t-il une vraie demande pour les réseaux alternatifs ?

Ce sont des mondes où tout est très relié, et dans lesquels les concurrents s’imposent difficilement. On adapte ces réseaux à un usage particulier : par exemple, LinkedIn est un réseau social qui a une stratégie bien précise, celle de l’entreprise. Les utilisateurs acquièrent une certaine maturité quant à l’utilisation des réseaux sociaux. Au début, les jeunes n’allaient pas sur Facebook. Puis ils s’y sont mis, et quand leurs parents y venaient aussi, là ils ont commencé à aller consommer d’autres réseaux sociaux, comme Twitter. Mais ils gardaient toujours leur compte sur Facebook.

Ces nouveaux réseaux sociaux peuvent-ils tuer Facebook ?

A court terme, non. Le gros danger est la volonté de Facebook de se positionner sur le mobile. La question à se poser est : "Est-ce que les utilisateurs vont suivre ?".

Comment Facebook pourrait-il évoluer afin de survivre ?

Facebook rassemble tout : carnet d’adresses, tchat, messagerie. C’était vrai sur internet, mais sur téléphone portable c’est différent. Facebook essaye de se transférer sur mobile, et s’ils réussissent, ils auront tout gagné. Pour Zuckerberg, Internet est une vision à court terme, cela ne l'intéresse pas. Chez Facebook, on part du postulat que dans quelques années, Internet n’existera peut-être plus.

Certains voient le moteur de recommandation de Facebook comme l’unique concurrent du moteur de recherche Google à l’avenir. On surfe complètement sur la vague "quelles sont les recommandations de mes amis pour ma consommation personnelle ?". Et ce, pour tous les produits : hôtels, voitures, l’influence de l’entourage est très importante dans la consommation.

 
Commentaires

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  • Par Stefan - 16/03/2013 - 10:52 - Signaler un abus Pour moi c'est fini depuis longtemps.

    Je ne suis plus allé sur Facebook, dès que je me suis aperçu que ce site me faisait évoluer vers le bas. Un peu comme si l'effet de masse faisait dégringoler le niveau intellectuel. Vous avez certainement constaté que lors de la formation d'un groupe de personnes, la moyenne d'intelligence baisse aussitôt. . À méditer, donc !

  • Par ROIPAUSOLE - 16/03/2013 - 19:05 - Signaler un abus Pour moi, aussi, ça n'a pas duré longtemps.

    Bien d'accord avec Stefan. Malgré un niveau intellectuel, 'académique', notoire, les intervenants, que j'estimais lors de rencontres personnelles, développent une infantilisation remarquable, tournant autour des loisirs primaires, - je suis là et toi - et de la bouffe. On se transmettait des articles de la presse ou nos propres réflexions, ce temps s'est terminé. Ce doit être comme lorsqu'on a un nouveau jouet; à part que mes petites filles excellent dans l'utilisation des légos, avec une imagination débridée!

  • Par Presse-Citron - 17/03/2013 - 02:56 - Signaler un abus La tyranie virtuelle mais bien réelle

    Une tyrannie, incarnation de la gabegie culturelle et mentale qui s’est emparée de notre pays : comment se fait-il que la moitié des Français, si je ne m’abuse, fassent confiance à une entreprise entourée d’un tel flou, administrée depuis l'étranger par des jeunes loups qui ont une piètre vision du monde ? Avoir un compte sur ce réseau social, c’est accepter d’être violé, exposé à de terribles conséquence puisque les données sont détenues, en vérité, par des inconnus qui à tout moment peuvent en faire ce qu’ils veulent et qui de surcroît manipulent leur clientèle en les abreuvant de publicités sur mesure… Facebook démontre qu’on peut accepter, lâchement, avec une incroyable servilité, des médias plus périlleux que les pires des dictatures politiques. On a pu en finir avec des régimes sanguinaires, mais pourra-t-on démembrer, affaiblir et un jour gommer ce fléau mondial qu’est devenu Facebook? Je ne détiens plus de compte sur un tel réseau et franchement, je n’en ai pas besoin, je ne vois pas ce qu’il peut apporter, sinon un anéantissement de ce qui fait notre véritable richesse : la possibilité de communiquer et de partager avec des personnes réelles plutôt qu’avec des fantômes.

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Eric Delcroix

Eric Delcroix est conférencier et consultant, spécialiste du web 2.0, des réseaux sociaux et de l'identité numérique. Il a notamment participé à l'ouvrage Les réseaux sociaux sont-ils nos amis ?, paru en juin 2012.

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