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Face à une gauche-Schröder , construisons une droite-Thatcher !

La droite est moribonde, vive la droite ! Tout est à réinventer. Entre les jeunes pousses de la société civile et les talents peu médiatisés mais bien réels du centre et de la droite, le terreau d’une renaissance existe bel et bien.

Tribune

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Face à une gauche-Schröder , construisons une droite-Thatcher !

Rien ne semble gêner Emmanuel Macron dans sa conquête du pouvoir. Malgré les premières anicroches, le gouvernement Edouard Philippe séduit. Quelques vétérans pour rassurer la galerie, mais beaucoup de visages neufs et réputés compétents sur leur domaine. Face au PS décomposé, les Républicains-UDI sont à peine en meilleur état. Au lieu d’affronter le Président de la république sur le terrain du renouvellement et des idées, la droite a choisi de garder les mêmes têtes et de battre en retraite sur le projet de son candidat à la présidentielle, jugé trop réformateur.

L’impression d’enlisement et de ringardisation  de la droite n’a jamais été aussi forte. Même si la sanction brutale attendue dans les urnes n’est pas complètement imméritée, cet effondrement des partis de pouvoir fragilise notre démocratie au moment où de graves périls nous menacent.

En reculant sur le programme de François Fillon, les Républicains et l’UDI ont renvoyé l’impression qu’ils n’avaient finalement pas autant de volonté réformatrice que leur propre candidat. Au moment où les Français veulent du changement, cette prudence est incompréhensible. L’absence des libéraux des rangs du centre et de la droite se fait plus cruellement sentir que jamais. Si Emmanuel Macron reconstitue une gauche social-démocrate autour de lui, coupant les ponts avec le courant anticapitaliste du PS et l’extrême-gauche, l’effondrement de la droite aux législatives aurait une conséquence importante sur l’échiquier politique. Il ne resterait rien entre la gauche macroniste et l’extrême droite. Aucune force d’alternance sérieuse ne pourrait prendre le relais de l’expérience Macron. A qui la faute ?

A force d’humilier les libéraux de son camp, traités d’idéologues dogmatiques, le centre et la droite ont décroché de la dynamique des idées. Au nom de ce pragmatisme sans goût ni saveur, ils ont ignoré les débats de fond de notre société. Comme ils s’accrochaient au Minitel contre l’arrivée d’Internet, ils veulent toujours encadrer nos vies sans rien comprendre à l’arrivée de Google, d’Uber ou d’AirBnB. Sans parler du blockchain ou de l’intelligence artificielle. Ils n’entendent rien à la révolution énergétique dont nous ne vivons que les balbutiements. Ils ne se sentent pas plus concernés par les questions éthiques soulevées par le transhumanisme. Leur culture reste ancrée dans les vieux réflexes poussiéreux. Si la droite veut redevenir compétitive, elle doit couper avec la pompeuse notion d’Etat stratège. Ruineux et obsolète. Rompre avec la culture de la subvention à coup de niches fiscales et de chèques électoralistes. La droite doit faire évoluer son approche purement répressive dans sa défense de l’ordre moral et de la sécurité (avec les résultats que nous connaissons).

La droite est moribonde, vive la droite ! Tout est à réinventer. Entre les jeunes pousses de la société civile et les talents peu médiatisés mais bien réels du centre et de la droite, le terreau d’une renaissance existe bel et bien. Emmanuel Macron – qui, ne l’oublions pas, a rédigé un mémoire sur Machiavel - l’a compris. Edouard Philippe était inconnu avant d’être choisi comme Premier ministre. En a-t-il pour autant moins de talent ? La pépinière du centre et de la droite est riche, encore faut-il oser l’ouvrir pour en promouvoir les bons éléments. La droite doit se réappproprier la liberté que tente d’incarner Emmanuel Macron. La gauche vit une mue pour devenir réformatrice, c’est vrai. Mais elle n’est certainement pas libérale. Les réflexes du nouveau Président restent keynésiens. Nous serons vite fixés sur son prétendu amour de la liberté, d’autant qu’il vient de repousser la fin de l’Etat d’urgence à novembre. Nous avons un Gerhard Schröder en la personne d’Emmanuel Macron, pas une Margaret Thatcher. La droite sait où trouver son inspiration.

 
Commentaires

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  • Par clint - 28/05/2017 - 13:15 - Signaler un abus Ce qui veut dire ultra libérale en éco et ultra conservatrice !

    Ce sera peut-être le choix de LR, mais ça ne sera pas le mieux ! Ca m'a suffit d'avoir une fois du voter pour Fillon-Sens Commun ! Mais je ne suis certainement pas de droite, alors j'irai au centre !

  • Par Deudeuche - 28/05/2017 - 14:02 - Signaler un abus On est comme on est

    Libéral au sens théologique ou franc maçon ou conservateur au sens Commun sociétal, l'essentiel est d'attester qui l'on est!

  • Par arcole 34 - 28/05/2017 - 14:08 - Signaler un abus @Deudeuche -28/05/2017 - 14:02

    Chenapan alors on fait dans la casuistique ??.

  • Par Atlantica75000 - 28/05/2017 - 14:39 - Signaler un abus Non merci

    Droite Tatcher qui a tout dérégulé ? Non merci

  • Par Michèle Plahiers - 28/05/2017 - 16:03 - Signaler un abus Sacrée Thatcher

    Arsenic et vieilles dentelles. La droite est bine moribonde et ressort la naphtaline.

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Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre Le grand contournement. Il plaide pour passer de l'Etat providence, qu'il juge ruineux et infantilisant, à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux référendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

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