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Exclusif : Les Français se sentent nettement moins à gauche qu'avant la présidentielle et trouvent Emmanuel Macron nettement plus à droite

Ce sondage Ifop montre bien qu'entre mars 2017 et novembre 2017, un glissement s'est opéré autant dans l'auto-détermination des Français que dans la perception qu'ils ont de la position politique de leur président.

Barre à droite !

Publié le - Mis à jour le 27 Novembre 2017
Info Atlantico
Exclusif : Les Français se sentent nettement moins à gauche qu'avant la présidentielle et trouvent Emmanuel Macron nettement plus à droite

Atlantico : Pendant la campagne, Emmanuel Macron, avait avancé l'idée du "ni droite ni gauche" permettant d'avancer sans un positionnement politique trop largement marqué. 6 mois après les élections, la perception politique du Président Emmanuel Macron s'est cependant démarquée de cette neutralité, avec un décalage de 0.8 vers la droite, le plaçant à 6 sur une échelle de 0 à 10 (0 étant l'extrême-gauche et 10 étant l'extrême-droite). Quels sont ces Français qui considèrent aujourd'hui que Emmanuel Macron penchent plus à droite ?

La moyenne d'autodétermination des Français étant à 5,8, faut-il y voir un signe d'une certaine fin du positionnement centriste ou s'agit-il uniquement de l'influence des circonstances ? François Mitterrand disait déjà en son temps que la France était un pays de droite :  faut-il y voir une confirmation d'une tendance longue de notre société ou plutôt une "droitisation" de l'électorat ces dernières années ?

Jérôme Fourquet : Si on revient à la campagne présidentielle, le sondage réalisé par Ipsos, pour la Fondation Jean Jaurès notamment, avait démontré qu'Emmanuel Macron était perçu comma ayant un positionnement pleinement central. Il l'avait certes défendu et théorisé, mais cela avait surtout été reconnu et perçu comme tel par les Français alors que même François Fillon apparaissait comme très déporté sur sa droite et Benoît Hamon très déporté sur sa gauche. Il y a donc un espace central qui s'était dégagé comme rarement dans une élection présidentielle, et Emmanuel Macron était parvenu à se positionner au beau milieu avec une note de positionnement de 5,2. Depuis lors, et c'était l'interrogation que nous avions en lançant cette enquête, il a beaucoup été dit qu'Emmanuel Macron avait opéré un glissement vers la droite et ce en plusieurs étapes. D'abord dans le choix de son Premier ministre et de son gouvernement. Ensuite en mettant en application dès le début de son quinquennat un certain nombre de réformes économiques et sociales qui sont clairement d'inspiration libérale. La question que nous avions à l'esprit, c'était de savoir si l'opinion avait acté ou pas ce glissement d'Emmanuel Macron, de savoir si la perception moyenne du Président avait évolué par rapport à la perception qui prévalait lors de la campagne. La réponse est très clairement oui. On a un glissement et la note moyenne s'établit aujourd'hui à 6 sur 10. Un glissement de l'image d'une personnalité de quasiment un point (en l'occurrence 0,8) sur un laps de temps aussi court, c'est quelque chose qui n'est pas habituel et fréquent. L'opinion prend acte et considère qu'il est plus à droite aujourd'hui qu'il ne l'était pendant sa campagne.

Quand on regarde quelles sont les catégories qui font principalement ce constat, on constate que ce sont souvent des jugements portés par des électeurs de gauche. 57% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon le classe à droite.  59% pour ce qui est de l'électorat de Benoît Hamon. L'électorat de gauche considère donc qu'il fait la politique de droite contre laquelle ils s'opposent habituellement. Quand on analyse les résultats de l'électorat macronien, on observe que c'est très partagé. 52% le positionnent au centre (les notes de 4 à 6), quasiment aucun à gauche (même si la note de 4 pourrait être le centre-gauche). Mais ce qui est intéressant, c'est que clairement l'électorat ne considère pas qu'il a un positionnement de gauche. La majorité pense qu'il est au centre, et une forte minorité de 43% qu'il est à droite. On a grosso modo le même positionnement dans l'électorat filloniste : 55% pensent qu'il est au centre. Seuls 9% le considèrent de gauche, et plus de 30% le considèrent de droite. 1/3 de l'électorat de François Fillon pense que le Président a un positionnement depuis son accession à l'Élysée qui est de droite. Ce qui explique notamment les difficultés actuelles de la droite, puisque tout une partie de cette droite se retrouve dans la politique d'Emmanuel Macron.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 26/11/2017 - 18:39 - Signaler un abus Tres intéressant

    Bon, il y a bien Jacquet mais...c'est pas sur Louseur que l'on trouverait des choses comme cela! Atlantico ne se fout pas de ses abonnés! Indépendamment de tout jugement partisan (si c'est possible!) on comprend bien ce qui se passe: Comment peut on encore être de gauche quand Hamon et Melenchon vous expliquent que le prolétariat c'est les barbus des banlieues qui peinent à trouver du travail tant ils sont stigmatisés , les femmes plus battues aujourd'hui qu'hier et évidemment mal payées et les migrants injustement accusés de venir vivre de l'aide sociale quand ce n'est pas d'être obligés de violer les femmes à la place de l'homme blanc qui ne veut pas admettre qu'il ne pense qu'à cela!!! Ce n'est pas seulement la gauche politique qui est morte , ce sont les idéaux portés par la gauche , qui n'en déplaise à certains sont respectables qui ont été souillés par Hamon, Lang, Belcassine et autres créatures terranovesques! Finalement...il ne reste que Vangode pour donner envie de voter à gauche!

  • Par Deudeuche - 26/11/2017 - 22:28 - Signaler un abus Les idéaux de gauche societale sont bien

    Prèsents. La seule chose qui compte pour les bourgeois de gauche qui ont propulsé sa candidature.

  • Par cloette - 27/11/2017 - 08:32 - Signaler un abus La feuille de route de Macron

    C'est uniquement le sociétal, il a été mis en piste pour cette unique raison .

  • Par Anouman - 27/11/2017 - 14:10 - Signaler un abus Gauche/droite

    Plutôt que de leur demander si Macron est à gauche ou à droite on devrait plutôt leur demander ce qu'ils trouvent à gauche ou à droite dans sa politique, ce serait plus instructif sur la façon dont ils se situent politiquement.

  • Par Ex abrupto - 27/11/2017 - 17:52 - Signaler un abus Il y a un grand écart...

    ... entre le Macron de sa pré-campagne de candidature auprès de ses groupies et le macron président. Cela a été une évolution graduelle qui la amené du libéral libertaire au dirigisme libertaire!(pas facile!). On trouvait déjà très clairement ses tendance dictatoriales dans ses tous premiers discours.Pour l'avoir écrit (à l'époque) à des amis ça m'a valu d'être fâché avec eux qui idolâtraient le petit marquis: il est du bois dont on fait les dictateurs.

  • Par Borgowrio - 27/11/2017 - 18:22 - Signaler un abus Français à droite , information à gauche

    100 % des jeunes journalistes, nouveaux promus , ont voté Hollande en 2012 . Ceux là même qui peuplent le PAF en ce moment.... On rêve d'une chaine de télé enfin à droite . Pour amorcer la disparition définitive du socialisme

  • Par vangog - 29/11/2017 - 01:21 - Signaler un abus Le parti societaliste...

    Le societalisme, voilà le parti (pris) des marcheurs dans le mur! Après avoir fait le constat d’incompétence aggravée du socialisme face au chômage, à la désindustrialisation, à la décadence et à la dette galopante (miam-miam! Rothschild), les socialistes se recyclent en societalistes...c’est moins difficile et plus gratifiant pour les egos meurtris par l’échec...

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections (Panel électoral français de 2002 et Panel électoral français de 2007, Baromètre politique français). Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques.  En 2014 il a publié Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? aux éditions de La Documentation Française.

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