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Vous êtes au bureau ? regardez le bien, bientôt plus rien ne sera pareil (et vos relations avec votre hiérarchie n’y couperont pas)

Plus collaboratif, plus mobile... l'environnement de travail du futur devra s'adapter aux nouvelles pratiques en vigueur dans (et hors) les entreprises. Des prototypes de bureau imprimés en 3D, ou bien où l'on travaille debout voire allongé existent déjà. Ces nouvelles façons de travailler pourraient bien changer notre rapport à l'entreprise.

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Vous êtes au bureau ? regardez le bien, bientôt plus rien ne sera pareil (et vos relations avec votre hiérarchie n’y couperont pas)

Atlantico : Qu'ils soient designer d'espace ou chercheurs au MIT, des professionnels réfléchissent actuellement à de nouvelles façons d'organiser l'espace au bureau pour les années à venir. Comment l'environnement matériel de travail est-il voué à évoluer ?

Emmanuelle Léon : Les réflexions sur les espaces de travail ne datent pas d'hier ! Cependant, les espaces de travail ont longtemps été considérés comme "le parent pauvre" des réflexions en sciences sociales. Il en était de même d'ailleurs dans les entreprises où la seule préoccupation - encore très présente aujourd'hui - est la maîtrise des coûts.  Or les évolutions - somme toute récentes - des entreprises (liées tant à la mondialisation des systèmes productifs qu'aux technologies aujourd'hui disponibles) ont donné une nouvelle coloration à ce sujet.

En effet, les gestionnaires commencent à percevoir que des espaces de travail bien pensés, bien conçus et bien gérés peuvent représenter un avantage compétitif. L'expérience d'Accenture avec le lancement des bureaux virtuels au milieu des années 90 est un excellent exemple de cette évolution. Cependant, le métier de consultant est bien particulier et, s'il est un domaine où l'entreprise ne devrait pas se contenter d'imiter son prochain, c'est bien celui-là ! En effet, un espace de travail ne doit pas uniquement être pensé du point de vue fonctionnel. Il est également le reflet de la culture de l'entreprise, de ses modes de fonctionnement, de son appréhension de l'autorité hiérarchique. Bref, tout un chacun, en allant dans des locaux qu'il ne connait pas, se fait une première impression de qui peut les occuper, et de l'ambiance qui y règne. 

Si la gestion des espaces de travail est une pratique, encore faut-il savoir quelle est sa finalité. L'on peut utiliser les espaces de travail pour acquérir des ressources rares. Ce sera le cas d'entreprises comme Google, par exemple. On peut également les penser dans une logique d'intégration dans la durée, ce qui fut longtemps la norme. Plus longtemps vous restiez dans l'entreprise, plus grand était votre bureau, plus élevé était votre étage, etc. Dans certains cas, notamment dans les cabinets d'audit et de conseil, la gestion de l'espace de travail répond aussi à un besoin d'allocation: les bureaux partagés, non attribués, permettent à tout un chacun de travailler dans n'importe quel site de l'entreprise en s'y sentant "chez lui", car il a accès aux mêmes services et aux mêmes technologies sans avoir besoin de faire le moindre effort (connexion informatique, imprimantes, fournitures, ligne de téléphone, etc.). Cela ne peut qu'encourager la mobilité dans des activités où elle est nécessaire.

L'on voit aujourd'hui se dégager trois tendances fortes dans la manière dont les entreprises gèrent l'espace au bureau. On a tout d'abord des entreprises que je qualifierai d'attentiste, non pas de manière négative, mais parce qu'elles ne voient pas l'opportunité, à ce stade, de changer, ou parce qu'elles attendent les retours d'expériences d'autres organisations. On a ensuite les entreprises qui vont vouloir que leurs locaux les incarnent, et vont par conséquent dédier des sommes importantes pour les transformer en lieux d'échanges informels, de rencontres, de travail collaboratif ou individuel, etc. Et ceci en fonction de ce qui leur semble clé pour leur performance. On a enfin les entreprises qui souhaitent s'affranchir d'une partie de leurs locaux, en mettant en oeuvre le télétravail (souvent pour compenser la  migration de bureaux personnels vers des open spaces, ou pour limiter l'impact négatif d'un déménagement lointain) ou en étudiant l'opportunité de développer le coworking.

 
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Emmanuelle Léon

Emmanuelle Léon est professeur de gestion des ressources humaines à l'ESCP Europe. Elle est diplômée de l'ESSEC et du CNAM en sciences de gestion et a notammé travaillé en conduite du changement au sein d'Accenture, avant de se tourner vers l'enseignement. Ses travaux détudes portent sur les nouveaux mode d'organisation du travail, l'implication des salariés, l'impact des technologies sur la façon d'exercer un métier.

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