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Et quand nous serons 11 milliards sur Terre en 2100 ? Partie 4 : la course de l'accès à l'eau potable

Selon l'Institut national d'études démographiques (Ined), nous serons entre 10 et 11 milliards d'êtres humains d'ici à la fin du siècle. Un chiffre énorme qui pose la question de l'accès à l'eau potable, ressource primordiale dont l'importance géopolitique est bien trop sous-estimée. Quatrième épisode de notre série.

Et moi, et moi, et moi

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Et quand nous serons 11 milliards sur Terre en 2100 ? Partie 4 : la course de l'accès à l'eau potable

La rareté de l'eau risque d'exacerber des tensions politiques. Crédit Reuters

Atlantico : L'Ined estime que nous serons entre 10 et 11 milliards d'êtres humains d'ici la fin du siècle. 11 milliards de personnes sur terre, c'est plus de déplacements, plus de production, plus de consommation… et donc plus de pollution. Ne serait-ce qu'aujourd'hui, l'eau engendre parfois des conflits. Alors en 2100 pourrait-on assister à une guerre de l'eau ? Sur quelle quantité d'eau potable pourrait-t-on compter ? La carte de la répartition des eaux potables et des conflits de l'eau évoluerait-t-elle ?


Grégory Bulit : Oui, la rareté de l'eau, ne serait-ce qu'à partir de 2025, exacerbera des tensions politiques, économiques et ethniques qui existent déjà dans de nombreuses parties du monde. L'eau pourrait même parfois devenir un objet de pouvoir notamment pour ses objets agricoles ou industriels, surtout en Afrique du Nord, en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient, en Asie centrale avec la gestion complexe des fleuves transfrontaliers (le Nil, l’Euphrate et le Tigre, le Jourdain, l’Indus, le Gange, ou de lacs, comme le lac Tchad). Toutes ces tensions existent déjà. United Nations Environmental Program (UNEP) estime que déjà en 2050 40% de l'humanité sera dans une situation de stress hydrique, d'un stress lié à l'eau, et les observations du GIEC corroborent cette idée. Et donc ce risque de conflits liés à l'eau existera et sera accentué d'ici la fin du siècle.

>>>> A lire, le premier épisode de notre série : Et quand nous serons 11 milliards sur Terre en 2100 : le risque d'épidémie.

Il est difficile de répondre à la question sur la quantité d'eau potable sur laquelle nous pourrons compter. Cependant, en fonction à la fois de l'augmentation de la demande de cette population - qui est en constante augmentation dans tous les pays -, et, de la perturbation du cycle hydrologique - notamment par les effets du changement climatique, l'urbanisation à outrance, l'utilisation des sols et l'irrigation en croissance - feront certainement que l'accès à l'eau sera réduit. Et ce y compris en France, et en particulier dans le sud : on estime que d'ici la fin du siècle il pourrait y avoir des périodes de sécheresses. En effet, les sécheresses centenaires pourraient revenir tous les 10 ans au lieu de tous les 100 ans. Quand on parle de la quantité d'eau potable, il faut également évoquer le trop d'eau. Il est vrai que dans de nombreuses régions du monde, l'évolution du climat va faire qu'il y aura des extrêmes pluviométriques de plus en plus forts et fréquents avec la génération de pollutions assez régulières dans beaucoup de pays. Et les pays pauvres n'auront pas la capacité de traiter ces eaux-là et d'accéder à de l'eau potable.

>>>> A lire, le premier épisode de notre série : Et quand nous serons 11 milliards sur Terre en 2100 : la facture pour l'environnement et le climat

Les zones les plus concernées par cette problématique de l'accès à l'eau seront l'Afrique du Nord, le pourtour méditerranéen dans son ensemble, certainement l'Europe centrale, le Moyen-Orient. Mais il faut également parler de l'Amérique du Nord parce que la demande est en forte croissance et qu'elle va continuer à l'être. En outre, il faut noter le cas de la Chine où l'urbanisation est directement connectée à ce manque en eau potable. Bien que la Chine ait le quatrième réservoir d'eau douce au monde, on considère que dans les 20 à 30 ans à venir la demande en eau excédera la disponibilité créant une tension dans ce pays. Quand on parle des tensions en Chine on sous-entend aussi celles qui auront lieu dans les pays avoisinants parce que les bassins sont connectés.

>>>> A lire, le premier épisode de notre série : Et quand nous serons 11 milliards sur Terre en 2100 : l'enjeu de l'eau potable

 
Commentaires

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  • Par phiphi1 - 02/01/2014 - 08:23 - Signaler un abus Y a pas de débat

    Une bonne guerre et hop, (guerre inévitable si surpopulation)

  • Par philsol - 02/01/2014 - 10:04 - Signaler un abus Y a pas de débat

    et hop un bon gros virus pour achever les rescapés.

  • Par fentreti - 02/01/2014 - 12:45 - Signaler un abus Parler pour ne rien dire

    Si l'on dit qu'il faut limiter les naissances on vous traite de fasciste , et vous êtes automatiquement censuré .

  • Par Pessimiste actif - 02/01/2014 - 13:18 - Signaler un abus Trop de monde dans le monde...

    C'est étonnant, toutes les enquêtes prédisent l'avènement de 9 ou onze milliard d'humains en 2050, et elles en recensent toutes les conséquences en contradiction avec un environnement viable pour la-dite espèce. Conclusion: nous ne serons probablement jamais onze milliard sur la Terre, et il serait temps que ces brillantes études n'éludent plus le paradoxe...

  • Par nEtRICk - 02/01/2014 - 15:13 - Signaler un abus Ou sont les problèmes ?

    J'habite entre la Suisse (le chateau d'eau de l'Europe) et la Finlande (le pays des 50000 lacs), donc pas de problèmes ! Mais si je me souviens bien ce problème a été depuis longtemps approché par des solutions qui ont été oubliées ou qui ont échouées. Les Israeliens ont développé depuis plus de 60 ans des méthodes agricoles avec consommation d'eau minimum, recommandées par la FAO et dont la plupart des Africains se foutent. Dans l'ex-URSS, un projet gigantesque prévoyait de détourner vers le sud les grands fleuves qui s'écoulaient au vers l'ocean Arctique, afin d'irriguer les régions du sud de l'empire. Désastre écolo, paralléle d'ailleurs à l'asséchement de la mer d'Aral, pour les mêmes raisons ! En Espagne, il a été aussi proposé de détourner vers le Sud-Est les fleuves qui s'écoulent vers l'Atlantique à travers le Portugal. Ou en sont-ils ????

  • Par biturige - 02/01/2014 - 16:34 - Signaler un abus 2ème motif

    bonjour,juste après la surpopulation déjà indiquée dans le premier volet de cette série ,l'eau sera probablement à l'origine de déplacements de populations voir de conflits . Si vous permettez une remarque ;faisant allusion aux populations Africaines ,j'ai également indiqué que ces gens (que je regrette d'avoir assistés vainement en coopération dans les années 70 ) concernant justement le forage de puits ;résultat= J'ai su que le matériel resté sur place pour continuer est à ce jour en train de pourrir & se désagréger ...

  • Par Exaspéré - 02/01/2014 - 17:48 - Signaler un abus Au bout du compte

    C'est la nature qui aura le dernier mot. La bombe démographique aura pour conséquences les épidémies,la famine ,le manque d'eau potable et pour finir ,les guerres d'extermination. Nous ne sommes qu'au début du processus et toutes nos "belles consciences" auront beau déclamer leurs propos vertueux et culpabilisants,c'est dans les zones où l'espèce humaine prolifère que les cataclysmes s'abatteront et que le principe de "Dieu y pourvoira" trouvera ses limites.Pour ma part, je pense qu'il vaudrait mieux faire connaitre celui de "Aide toi et le ciel t'aidera" A cet égard,le témoignage de Biturige est assez parlant.

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Grégory Built

Grégory Bulit a été Coordinateur de programmes d’accès à l’eau et à l’assainissement et relance agricole de 2001 à 2010, en Europe de l’Est, Afrique, Asie et Amérique Centrale, puis Référent Technique Eau, Hygiène et Assainissement au siège de l’ONG Solidarités International  de 2010 à 2013, et, depuis mars 2013, il est Responsable du Département Technique et Qualité des Programmes de cette même ONG. Il a une formation initiale de Technicien Supérieur en Agronomie spécialisé en Irrigation. Il a été ensuite diplômé du WEDC (Water Engineering & Development Centre, Loughborough University, Royaume-Uni) en Gestion de l’Eau et de l’Environnement.

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