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Et si jamais Trump gagnait la présidentielle américaine, quel impact pour la France et l’Europe ?

Donald Trump s'est incliné cette nuit face à Ted Cruz dans la primaire républicaine de l'Iowa, premier Etat à voter dans la course à l'investiture. Pour autant, rien est encore joué.

Politique fiction

Publié le - Mis à jour le 5 Février 2016
Et si jamais Trump gagnait la présidentielle américaine, quel impact pour la France et l’Europe ?

Atlantico : Au vu des premiers résultats de la primaire américaine, posons l'hypothèse d'une victoire finale de Donald Trump aux élections présidentielles : quel impact aurait celle-ci sur la politique étrangère américaine vis à vis de la France et de l'Europe ?

Alexandre del Valle : La première remarque c’est que Donald Trump serait obligé de de se montrer plus raisonnable, de modérer un certain nombre des propos et des considérations qu’il développe depuis le début de sa campagne.

Il y a chez lui un génie du marketing et du buzz qui fait que, pour que sa campagne lui coûte le moins possible, il a mené une campagne provocatrice pour exister et être au centre des débats sans dépenser les sommes colossales que cela exige habituellement. 

La deuxième remarque, c’est que même s’il fait du marketing, il est fondamentalement politiquement incorrect. Il pourrait donc trouver des affinités avec certains pays européens gouvernés par des personnalités sur une ligne politique se rapprochant de la sienne. Il pourrait ainsi opérer un rapprochement avec la Pologne par exemple, qui a une politique étrangère très atlantiste, et dont les dirigeants actuels sont sur une ligne politiquement incorrecte. C’est un pays stratégiquement important dans la région. Il pourrait également renforcer les relations avec un pays d’importance moindre comme la Hongrie, dirigée par Viktor Orban. Les dirigeants de ces deux pays sont un peu les « parias » de la Commission européenne qui leur reproche des dérives soi-disant contraires aux valeurs de l’Europe. 

Il est probable qu’il serait également moins pro-Turc que ses prédécesseurs qui ont tous fait un lobbying extrêmement actif pour pousser les Européens à accepter cette candidature, alors qu'elle affaiblirait l’Europe. 

Vis-à-vis de la France, il aurait certainement des critiques à émettre, mais il n’est pas certain qu’il soit en désaccord total avec ses positions. Les Etats-Unis et la France n’ont jamais eu intérêt à se brouiller. Paradoxalement, la France est plutôt pour un rapprochement avec la Russie et depuis le général de Gaulle, elle a toujours été considérée comme sceptique à l’égard des Etats-Unis, voire anti-américaine. Dans les faits, il en est tout autrement. De Gaulle n’a jamais rien fait contre l’Amérique dont il a toujours été solidaire. Je pense donc que Trump ne romprait pas avec l’amitié très ancienne et très forte avec la France. Il se rapprocherait également de l’Angleterre, qui, qu’elle demeure dans l’Union européenne ou qu’elle en sorte, restera toujours un pilier de la domination américaine dans le monde.   

André Bercoff : Le slogan de Donald Trump "Make América great again" est très révélateur de son état d'esprit. Il veut reconstruire l'Amérique comme il conçoit ses tours, ses gratte-ciels et ne regardera que les préoccupations des Etats-Unis. Il aura à cœur de défendre les intérêts de son pays comme il a à cœur de défendre ceux de sa gigantesque entreprise. Sa politique envers l'Europe et la France ne sera donc imaginée qu'en fonction des intérêts des USA. Il mènera une real politique loin des sentiments ou des amitiés.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 02/02/2016 - 08:11 - Signaler un abus Amusant

    En page 3, nos deux chroniqueurs se ''lâchent'' et ils reconnaissent que Donald Trump aux USA et Marine Le Pen en France, apporteraient un changement bienvenu, du ''sang neuf'', et nous permettraient enfin de sortir de l'ornière...

  • Par de20 - 02/02/2016 - 08:58 - Signaler un abus Une ligne claire en forçant

    Une ligne claire en forçant le trait sur un axe rationnel qui est celui de ses propres intérêts entrainant une nation derriere. Ou est l ineptie? Hormis pour les collusés,engoncés de toutes parts au nom de diplomaties encore bien plus obscures . Louer le ciel de nous apporter des barbares est bien ce trepas moral alors rien d etonnant que France se piaffe d impatience De finir en "Jupette"...

  • Par quesako - 02/02/2016 - 10:07 - Signaler un abus Le FN devrait choisir entre Trump et Sanders !

    On ne peut pas avoir l' entrain d'un Trump et le programme économique de Sanders ! Trump veut une Amérique économiquement forte non étatique. L'économie française ne se relèvera pas en ne focalisant que sur l'artisanat et les petites entreprises. Le FN aurait pu choisir le programme économique de Madelin (ex Occident), il choisit celui de la vieille gauche chevènementiste, et bien il sera peut être prêt en 2022 en comprenant pourquoi on ne veut pas de son programme économique étatique !

  • Par Anguerrand - 02/02/2016 - 17:25 - Signaler un abus Drôle certains commentaires

    Avez vous MLP avoir la liberté de penser et parler comme Trump ? Moi jamais, je vois MLP vouloir faire une politique économique de gauche et draguer l'extrême gauche et les musulmans, soit exactement le contraire de Trump qui est d'une droite assumée. Sa politique est pratiquement le contraire. Lisez son programme et écoutez ses discours !

  • Par Leucate - 02/02/2016 - 18:53 - Signaler un abus @Anguerrand - la droite, c'est la gauche !

    Vous ne confondriez pas Marine Le Pen avec Juppé, le quasi candidat de la gauche non hollandiste ? C'est curieux votre lubie quasi orwellienne de dire que la droite, c'est la gauche ("La guerre, c'est la paix - La liberté, c'est l'esclavage - L'ignorance, c'est la force" Orwell - 1984)

  • Par Anguerrand - 02/02/2016 - 19:09 - Signaler un abus A Ganesha

    Dites moi une seule chose fausse dans ce que j'ai écrit.je ne suis absolument pro Juppé, mais son programme economique est incontestablement moins à gauche que celui du FN. Si vous aviez eu l'occasion de lire certains posts, vous verriez à quel point je trouve ce Chirac bis une girouette non credible et qu'il n'aura en aucun cas mon vote. Je voterait pour un candidat de vraie droite type MMLP. Dommage que le couple MLP - Philippot aient transformé le FN en parti de gauche melanchoniste, c'est pour cela qu'elle ne sera pas élue. Quand il faudra qu'elle développe son programme economique au second tour, elle perdra de son assurance. On est peut pas comparer Trump et MLP, il n'a rien de gauche, et dit nettement ce qu'il pense de l'islam. MLP, elle drague la racaille musulmane dès banlieue et le programme economique de Trump est de DROITE, lui !

  • Par arcole 34 - 03/02/2016 - 09:40 - Signaler un abus @Leucate - 02/02/2016 - La FERME AUX ANIMAUX

    Vous qui semblez être un amateur de l'écrivain trotskyste Georges Orwell membre du POUM ( parti ouvrier marxiste se réclament de la iv° internationale ), lisez ou relisez son livre, la Ferme des Animaux qui conclue que tous les animaux sont égaux mais à art que d'autres le sont plus . Cela s'applique comme un gant à votre formation politique .C'est pour ça que le FN est la gauche de l'extrême gauche , bref à la droite de Charles Maurras et à la gauche d'Henri Rochefort avec une petite teinte de Louise Michel pour MLPS , en fait que de bonnes références chez les bas du front .

  • Par vangog - 04/02/2016 - 01:33 - Signaler un abus Le Front National est l'extrême-centre de gravité

    de la vie politique française...et cela semble faire mal aux fesses de certains qui croyaient, qu'au centre, on ne peut être que girouette...et ben non, car il y a les patriotes, et ils ne sont ni LR, ni PS..et ça, les bipolaires, ils comprennent pas!

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan)

Son dernier ouvrage, La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur) est paru en mars 2018

 

 

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André Bercoff

André Bercoff est journaliste et écrivain. Il est notamment connu pour ses ouvrages publiés sous les pseudonymes Philippe de Commines et Caton.

Il est l'auteur de La chasse au Sarko (Rocher, 2011), Qui choisir (First editions, 2012), de Moi, Président (First editions, 2013) et dernièrement Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et moi : Chronique d'une implosion (First editions, 2014).

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