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Et si la France était génétiquement allergique à la croissance ?

Quand le monde des syndicats s’oppose au chèque syndical, quand les acteurs de la santé refusent le privé, quand l’Education nationale se ferme à l’innovation, c’est la totalité du système français qui se protège et lutte contre le réformisme.

Réformes

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Et si la France était génétiquement allergique à la croissance ?

Si la France est aussi difficile à réformer, ça n’est pas parce qu’elle est hostile à l’adaptation et au changement, c’est parce qu’elle s’oppose au principal outil de transformation, de progrès et de changement : la concurrence. Les français sont sans le savoir parfois profondément allergique à la concurrence. Viscéralement, culturellement.

1e exemple, une caricature. Quand l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, apôtre de la liberté, de la démocratie et de la transgression en vient à publiquement s’opposer au chèque syndical, elle se trahit. Il ne s’agit pas de protéger le monde du travail, il s’agit de protéger les appareils syndicaux les plus réactionnaires.

Le chèque syndical, c’est le moyen donné à tous les salariés de s’inscrire au syndicat de leur choix et de payer leur cotisation. Mais si on institue le chèque syndical, on donne certes aux syndicats, des moyens financiers clairs pour fonctionner, mais on encourage aussi, la concurrence entre les marques syndicales.

Les syndicats seront obligés d’afficher leurs particularités et leurs services. Les syndicats seront obligés de se comparer pour toucher le maximum d’adhérents. Ils seront donc obligés d’être bons et utiles.

Alors qu’aujourd’hui, les syndicats profitent d’une concurrence de connivence. « Ils s’arrangent pour se partager le marché des grandes entreprises. Je te donne le comité d’entreprise de la SNCF mais tu me laisses tranquille à l’EDF. A moi l’UNEDIC, à toi, l’assurance maladie, à nous les caisses de retraites ».

Tout le monde se sert. Tout le monde est content et défend un système paritaire au nom des valeurs de la résistance qui sont sur ce terrain-là très dépassées.

2e exemple, le plus sensible. Les acteurs du système de santé, dont on sait bien qu’il est au bord de la faillite, sont prêts à se lever, vent debout contre toutes réformes qui viendraient accroitre la concurrence avec le système privé, alors que la concurrence entre les différents producteurs de santé sont évidemment facteurs de progrès. Quand, il y a moins de 20 ans sous la pression de Simone Veil, le ministère de la Santé a laissé publier les performances comparées des différents établissements de santé, tout le monde était contre. Pas question de dresser des hit-parade de médecins !  Aujourd’hui, personne ne peut nier que ces publications aient été néfastes au fonctionnement. Au contraire. La concurrence stimule et crée le progrès.

3e exemple, le plus explosif. L’Education nationale profondément centralisée commence à reconnaître l’intérêt de mesurer l’efficacité de ses principaux acteurs. En Bretagne, par exemple, région de France la plus équipée en établissement privés à caractère religieux, le secteur public est tellement minoritaire qu’il se défend par la qualité. En Bretagne, ça n’est pas le secteur privé qui porte l’excellence, c’est le secteur public, l’enseignement laïc et républicain.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 17/07/2017 - 09:58 - Signaler un abus Réformes

    J'ai failli arrêter ma lecture de cet article, en retrouvant l'habituel ''mot clef'' : ''réforme'', dès la première phrase ! Ceci dit, le chèque syndical semble être une bonne idée. Des syndicats puissants et légitimes défendront le pouvoir d'achat des travailleurs ! Et tous les gens raisonnables savent que c'est bien là le seul moteur de la croissance... si, en plus, on résout la question du chômage.

  • Par ISABLEUE - 17/07/2017 - 14:29 - Signaler un abus croissance..

    crôa crôa.. Croissance à la teutonne, avec des jobs pour tout le monde à 1€ ? Le roi Jupiter va décréter la croissance, et tout ira mieux... non ?

  • Par kelenborn - 17/07/2017 - 15:34 - Signaler un abus mais quel blaireau!!!

    Et les Trente Glorieuses, ça ne lui rappelle rien à ce crétin!!! J'allais dire, en ce temps là , y avait pas d'écolos barjots pour casser la croissance! Et pourtant , Sylvestre a du être élevé au quinoa pour avoir la cervelle si atrophiée, ou alors...il a bouffé trop de carambars ou ...ben je sèche ...mais il est con! et à bouffer de la paille!

  • Par OLYTTEUS - 17/07/2017 - 19:24 - Signaler un abus Concurrence dans l'enseignement

    En Bretagne, il est clair que c'est l'enseignement privé qui excelle,le public souffre au grand dam des municipalités,du conseil régional.

  • Par vangog - 17/07/2017 - 21:50 - Signaler un abus La France est marxiste depuis plus de 40 ans...

    alors, parler de concurrence à un pays biberonné, dès les premiers pas des petits Français dans l'éducation nationale-socialiste, c'est comme énumérer à un cul-de-jatte les avantages de la marche à pieds pour sa santé physique et mentale...

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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