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Et au fait, comment le Vatican envisage-t-il ses relations avec le nouveau président des États-Unis (après avoir déclaré qu'il n'était pas chrétien) ?

En revenant du Mexique en février 2016, le Pape François avait estimé qu'un individu préférant "construire des murs plutôt que des ponts" n'était pas chrétien. Sa déclaration avait alors fait scandale aux Etats-Unis et dans les médias, compliquant de facto les relations du Vatican et de Donald Trump, désormais élu. Cela ne devrait cependant pas avoir de réel impact aujourd'hui.

Imbroglio

Publié le - Mis à jour le 11 Novembre 2016
Et au fait, comment le Vatican envisage-t-il ses relations avec le nouveau président des États-Unis (après avoir déclaré qu'il n'était pas chrétien) ?

Les catholiques sont beaucoup plus présents aujourd'hui dans la vie politique américaine et occupent des postes de plus en plus importants. Surtout, ils n’ont plus peur de s’affirmer comme tels et d’agir en cohérence avec leur foi. Crédit Reuters

Atlantico : Les Américains ont finalement fait le choix, contre toute attente, de Donald Trump. Les rapports entre le nouveau président des États-Unis et le Pape n'ont pas toujours été les meilleurs : en février, le Pape avait jugé que le magnat de l'immobilier n'était pas chrétien. Cette déclaration avait engendré de fortes réactions politiques. Comment vont pouvoir s'agencer les relations diplomatiques entre le Vatican et les États-Unis, désormais ?

Jean-Baptiste Noé : La formule employée par le Pape dans l’avion qui le ramenait du Mexique ne désignait pas directement Donald Trump, mais, dans le contexte de la campagne électorale, elle a été utilisée contre lui par ses concurrents.

Il a par la suite modéré ses propos pour éviter qu’ils ne soient mal utilisés. 

Du reste, il a reparlé de la question migratoire dans l’avion qui le ramenait de Suède, en disant que les États avaient le devoir de maîtriser leur émigration afin que les immigrés puissent s’intégrer dans le pays d’accueil. S’ils ne le font pas, il y a un risque que les migrants se ghettoïsent, ce qui peut être très dangereux, a-t-il dit.

Quant aux relations avec les États-Unis, elles continueront indépendamment du président élu. Le Saint-Siège a fait parvenir un télégramme de félicitation à Donald Trump quelques heures après l'annonce de son élection.

Donald Trump avait estimé qu'il ne "permettrait pas que la chrétienté soit attaquée et affaiblie" s'il était élu président. Comment cela pourrait-il se traduire, au regard de ses relations avec le Pape François ?

On pense bien sûr à la situation au Moyen-Orient. Trump est beaucoup moins néoconservateur qu’Hillary Clinton et il semble prêt à rompre avec le double jeu des États-Unis à l’égard des États soutenant les djihadistes. On peut espérer aussi qu’il s’entende avec la Russie, notamment sur ce dossier-là, pour mettre un terme au conflit syrien. Cela serait une très bonne chose pour les chrétiens vivants dans cette région. Pour eux, l’élection de Donald Trump est une espérance. 

L’Amérique d’Obama s’est quelque peu éloignée du Saint-Siège, notamment à cause de sa politique morale permissive. Nombreux sont aussi les protestants évangéliques américains opposés à l’Église, et cela depuis très longtemps. Il a en effet fallu attendre le mandat de Ronald Reagan pour que des relations diplomatiques soient établies entre les États-Unis et le Saint-Siège. Jusqu’alors, le Congrès avait toujours refusé cela. 

Les catholiques sont beaucoup plus présents aujourd'hui dans la vie politique américaine et occupent des postes de plus en plus importants. Surtout, ils n’ont plus peur de s’affirmer comme tels et d’agir en cohérence avec leur foi. Un mandat d’Hillary Clinton n’aurait pas forcément été une bonne chose pour eux.

 
Commentaires

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  • Par Olivier62 - 10/11/2016 - 12:25 - Signaler un abus M. Bergoglio ferait mieux de se taire...

    ...et de faire le pape, c'est-à-dire de défendre et propager la foi catholique, au lieu de se mettre à la remorque du politiquement correct, Mais à quoi croit-il exactement ? On peut se poser la question, quand on voit qu'il qualifie le prosélytisme de "poison" et qu'il va chanter les louanges de Luther et de l'Islam, tous deux ennemis radicaux du catholicisme. On l'a vu récemment faire un cérémonie oecuménique sans un mot pour les chrétiens d'orient massacrés par les musulmans. L'église issue de Vatican II n'en finit pas de couler pour apparemment la plus grande satisfaction des carriéristes en soutane qui peuplent les couloirs du Vatican.

  • Par Marie-E - 10/11/2016 - 13:41 - Signaler un abus Finalement je crois

    que c'est le prénom qui pose problème. Il vaut mieux ne pas s'appeler François...

  • Par cloette - 10/11/2016 - 14:01 - Signaler un abus Il commence à être très critiqué

    auprès non du clergé catholique qui n'ose pas ,mais des fidèles .

  • Par Gré - 10/11/2016 - 15:09 - Signaler un abus Un lobbying progressiste ?

    Quand on sait qu'une des plus proches conseillères d'Hillary Clinton était également proche de la confrérie des frères musulmans, on peut s'interroger sur le sens du mot "progrès" vu par le parti américain dit démocrate, Au moins s'il est encore permis de réfléchir, notamment au sein de l'Eglise catholique

  • Par D'AMATO - 10/11/2016 - 17:05 - Signaler un abus Le PONTIFEX MAXIMUS......pense que les présidents...

    ...sont là, comme lui, pour faire des ponts.....Il se trump....Il ferait mieux de faire son boulot de pape....pendant qu'on l'autorise encore à le faire ....quand les migrants auront occupé Rome....il ne sera plus temps.....et c'est là que ce sera des larmes et grincements de dents.....POBRE BERGOGLIO !!!!

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Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé, historien, spécialiste de l’histoire du christianisme. Il est rédacteur dans la revue de géopolitique Conflits. Dernier ouvrage paru Géopolitique du Vatican (PUF), où il analyse l'influence de la diplomatie pontificale et élabore une réflexion sur la notion de puissance.

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