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L’équipe de France du sommet social sera-t-elle meilleure que l’équipe de France de foot ?

La conférence sociale ne doit pas virer à la grand messe médiatique, où chacun cherche à briller par sa science et flatter son ego. Cette réunion n’est pas une fin en soi : elle doit faire naître une équipe de France, solidaire d’un destin et d’un objectif communs.

Editorial

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En règle générale, les réunions ont un ordre du jour, que l’on respecte certes plus ou moins. Des objectifs sont généralement fixés, ainsi que des étapes, répartissant les tâches entre les uns et les autres pour contribuer à atteindre une ligne d’horizon. Il est fréquent, et utile, de commencer par des échanges de points de vue, de ressentis, sur une situation donnée ou sur les moyens pour agir efficacement. Il est assez fréquent de passer plus de temps que prévu à échanger sur la situation actuelle, sur le contexte, chacun se livrant abondamment à l’explication des facteurs explicatifs et déterminants, vérité absolue et radicale nourrie de son expertise unique, de son expérience et de sa position « au cœur » du système, particulièrement révélatrice de ce qui s’y passe.

Et parce que nous sommes en France, nous dissertons beaucoup, débattons énergiquement sur la situation, digressons abondamment, et avec beaucoup de talents et de satisfaction intellectuelle, sur une multitude de sujets politiques et sociaux, jusqu’à ce qu’un trouble fête, bassement pragmatique et terre à terre, qui trépignait en regardant sa montre, ne vienne troubler le symposium des auditeurs pour en appeler au « bon concrètement on fait quoi maintenant ? ». Cette apostrophe est généralement suivie d’une période d’accalmie où chacun se positionne en retrait, comme des élèves stoppés dans leurs bavardages cherchent à devenir invisibles au moment de l’interro surprise du professeur.

Ce professeur, c’est l’opinion publique, qui attend des solutions plus que des discussions. Au-delà des difficultés économiques, nous souffrons également d’être souvent plus experts en diagnostics et en symptômes qu’en prescriptions et remèdes. Et pourtant, le pays qui se sent malade veut aller mieux. Ce qui intéresse, ce sont les perspectives davantage que les débats de diagnostics, d’ailleurs souvent partisans, suivant le bon vieux principe (valable aussi dans le monde de l’entreprise) que si ça va mal, c’est la faute aux autres.

C’est pourquoi ce sommet social est un enjeu important, idéalement pour chacun d’entre nous s’il débouche sur un beau et enthousiasmant projet (mais il faut reconnaître qu’on n’y croit guère, alors que ce devrait être l’objectif numéro 1), pour plus qu’on ne pense pour le gouvernement, et pour chacun des partenaires.

En effet, si le dialogue et la concertation sont d’excellentes choses, ceci n’est pas une fin en soi, c’est la lumière qui doit jaillir de la discussion qui est attendue. L’objectif de communication qui vise à afficher et démontrer un changement de méthode ne doit pas l’emporter. Ce quinquennat ne peut se résumer à une succession de tables rondes et de consultations, c’est le « so what ? » qui est attendu. On parle d’un enjeu de compétitivité … qui devra poser la question d’une réforme nécessaire du financement de la protection sociale … qui devrait faire l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux en 2013 … pour poser les bases d’une réforme en 2014. Mais en 2012, 2014 c’est la fin du siècle ! (si 2012 n’est pas la fin de l’humanité bien sur !)

 
Commentaires

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  • Par vangog - 10/07/2012 - 18:14 - Signaler un abus Discours de la méthode Socialiste très prometteur

    quand à la forme, beaucoup moins prometteur quand au fond qui nécessite plus de courage...

  • Par guy d'U5D - 10/07/2012 - 19:37 - Signaler un abus l'éternel mal français

    Incorrigible et déplorable mentalité française. on traite toujours de la FORME. Là nous sommes imbattables: apparences , sémantique, discours,réunions,palabres,conférences, groupes de travail , commissions,séminaires. et si on mettait tous ces beaux parleurs à bosser sur le FOND ?

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