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Les épines du rosier
7) Comment la gauche a asphyxié le monde rural sous couvert "d'aménagement du territoire"

Dans un pamphlet qu'Atlantico publie en feuilleton et alors que François Hollande fait figure de favori des sondages, Roland Hureaux a souhaité faire le point sur les grandes lignes des politiques passées et à venir des socialistes. 7ème épisode : la politique de la gauche dans le monde rural.

Pamphlet

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Les épines du rosier
7) Comment la gauche a asphyxié le monde rural sous couvert "d'aménagement du territoire"

"Les grands élus locaux n’ont pas seulement élargi leur pouvoir au détriment de l’État central et du préfet ; ils l’ont fait aussi au détriment des "petits" élus de terrain, maires des communes moyennes ou petites."

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Les grands élus locaux n’ont pas seulement élargi leur pouvoir au détriment de l’État  central et du préfet ; ils l’ont fait aussi au détriment des "petits" élus de terrain, maires des communes moyennes ou petites : une autre évolution contestable de la sphère locale dont l’initiative vient de la gauche et dont l’alibi est la prétendue nécessité de regrouper les communes.

Le point de départ fut la loi Joxe de réforme des collectivités territoriales du 6 février 1992, la même année que la réforme de la politique agricole commune et ce n’est pas un hasard : il s’agit dans les deux cas d’une machine de guerre contre ce qui faisait la spécificité du monde rural français.

Le but en était de mettre fin à l’éparpillement communal, jugé archaïque par la même technocratie qui avait lancé la réforme de la PAC. « 36 791 communes, disait-on, c’est trop. » Pourquoi trop ? On ne le savait pas exactement : ce mode d’administration était pourtant démocratique, peu coûteux, et n’était, en aucun cas, un obstacle au développement économique, bien au contraire. Mais comme la suppression pure et simple de ces communes eut suscité beaucoup de résistances, on résolut de les endormir en créant une structure d’accueil au nom d’une lourdeur typiquement socialiste : la communauté de communes destinée à terme à pomper peu à peu la substance des petites communes jusqu’à les faire "s’évaporer". Le nouveau dispositif alourdissait, sans rien améliorer, le syndicat à vocation multiple (SIVOM) qui, depuis des années, suffisait à régler les problèmes de coopération intercommunale. Là aussi était visé ce qui faisait la vie du monde rural.

La droite revenue au pouvoir en 1992, ne remit pas en cause cette politique : Charles Pasqua, sentant le malaise que l’abandon du monde rural par la gauche avait suscité, avait bien promis une relance de l’aménagement du territoire centré sur la ruralité. Mais, circonvenu par un idéologue socialiste, Jean-Louis Guigou, il ne fit que renforcer le dispositif instauré par Pierre Joxe. La gauche, de retour au pouvoir en 1997, n’agit pas différemment : Jean-Pierre Chevènement décida les maires ruraux à entrer dans la nasse en autorisant la multiplication, à leur bénéfice, de vice-présidences lucratives.

 
Commentaires

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  • Par texarkana - 23/04/2012 - 13:48 - Signaler un abus je comprends maintenant pour quelle raison...

    ...un de mes amis qui a une petite maison dans un village éloigné de tout paie 1.500 € d'impôts locaux chaque année...

  • Par Equilibre - 23/04/2012 - 14:47 - Signaler un abus Qui le leur rendent bien

    Dans mon département, les petites communes ne votent pas pour eux.

  • Par Bleubleu - 23/04/2012 - 16:30 - Signaler un abus Problème logique

    Pour information, l'appartenance à une communauté de communes n'est pas obligatoire, un maire qui choisit de faire partie de ce genre d'institutions est responsable devant ses électeurs, et un grands nombres de communes de droite ont choisit l'intercommunalité. Que celle-ci pose des problèmes de dépenses, c'est certains, mais tout mettre sur le dos de la gauche, c'est de la forfanterie.

  • Par ACL - 23/04/2012 - 17:37 - Signaler un abus Impôts locaux

    Les taux d'augmentation des impôts locaux des dernières années sont terrifiants ; s'il y a eu baisse du pouvoir d'achat, c'est là qu'il faut rechercher une des principales causes. Et pourquoi faire : rémunérer autant de vice présidents qu'il y a de communes dans la communauté de commune ? Ou rémunérer des familiers, communicants, obligés etc. du président de la communauté de ... ? De plus le service rendu aux administrés s'est fortement dégradé : ce que l'on pouvait discuter avec son maire, il faut maintenant l'argumenter auprès des technocrates de la communauté de ... , physiquement et intellectuellement très éloignés de vous.

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Roland Hureaux

Roland Hureaux a été universitaire, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes.

Il est l'auteur de La grande démolition : La France cassée par les réformes ainsi que de L'actualité du Gaullisme, Les hauteurs béantes de l'Europe, Les nouveaux féodaux, Gnose et gnostiques des origines à nos jours.

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