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En 2016, les réseaux sociaux vont conquérir notre vie professionnelle (... en plus des mails)

Le mobile et les réseaux sociaux ont complètement transformé nos usages en tant que consommateurs, mais n'ont eu qu'un impact limité sur notre vie de travail. Et si c'était sur le point de changer ? Le messaging, la "killer app" du social, est entrain de débarquer dans l'entreprise.

Cette fois, c’est la bonne

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En 2016, les réseaux sociaux vont conquérir notre vie professionnelle (... en plus des mails)

Dans le logiciel, il y a des "ères"--des périodes où c'est un paradigme technologique qui domine les usages. Il y a eu l'ère du PC, et du système d'exploitation, dominée par Microsoft, il y a eu l'ère du web, dominée par Google, et maintenant nous sommes dans l'ère du mobile, mais aussi du social. Ce sont les réseaux sociaux, notamment sur mobile, qui dominent l'expérience pour les utilisateurs, surtout les jeunes, et qui déterminent comment nous découvrons les contenus, comment nous interagissons, et comment nous utilisons le logiciel. 

A quand pour les entreprises ? 

Chez les consommateurs, cette ère est déjà bel et bien parmi nous.

Mais quid de l'entreprise ? Dans le monde de l'entreprise, nous semblons être loin de cela. Pourquoi ? 

Premièrement, parce qu'il y a toujours un décalage naturel entre la vitesse de propagation des innovations dans le monde des consommateurs et dans l'entreprise. C'est une grosse tendance depuis l'ère du PC -on pourrait même dire que les ères PC/web/mobile-social sont des moments dans une grande ère du passage à l'ère du consommateur. Jusqu'aux années 1980, les nouvelles technologies se propageaient en cercles concentriques : d'abord l'Etat (notamment la défense), ensuite les institutions, enfin les consommateurs. Depuis l'ère PC, c'est l'inverse. Le PC a commencé par être adopté par les consommateurs, puis il est rentré dans les entreprises, avant de faire son trou dans les administrations. 

La raison ? Deux phénomènes : la baisse du prix de la recherche et développement, et la puissance du phénomène de la découverte par tâtonnements, signalé par des auteurs tels que Tim Harford et Jim Manzi. L'évolution technologique suit un processus darwinien : au fur et à mesure qu'on tente quelque chose et qu'on voit si et comment l'innovation fonctionne, celle-ci évolue en fonction du feedback du marché. Chaque nouvelle version d'un produit est une expérience, qui est validée ou non. Dans ce genre d'environnement, plus le nombre d'expériences pratiquées sera élevé, plus il y aura d'évolution. Or, il y a beaucoup plus de consommateurs qu'il n'y a de grandes entreprises, et beaucoup plus de grandes entreprises qu'il n'y a d'Etats. Si le prix du développement d'une nouvelle innovation est très élevé, alors seuls les Etats et les grandes entreprises pourront participer au processus. Mais à partir du moment où le prix de développement est assez faible pour que les consommateurs y participent, les évolutions seront beaucoup plus rapides dans le monde des consommateurs que dans le monde de l'entreprise. 

C'est ce que répondait en substance Steve Jobs, lorsqu'on lui signalait que les produits d'Apple étaient souvent très appréciés des consommateurs, mais qu'aucune des tentatives d'Apple de conquérir le monde de l'entreprise n'a été couronnée de succès, à part dans quelques niches. Avec son style inimitable, il répondait que dans le monde de l'entreprise, ce ne sont pas les employés qui choisissent les technologies qu'ils utilisent ; au lieu de cela, il faut passer par des "orifices" -en clair, les DSI (Direction des systèmes d'information ndlr) - pour vendre ses produits. L'approche d'Apple ne passait pas : "Nous faisons les meilleurs produits que nous pouvons faire, on en parle aux gens, et si les gens les veulent, ils les achètent, s'ils ne les veulent pas, ils ne les achètent pas." 

 
Commentaires

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  • Par zouk - 06/01/2016 - 10:33 - Signaler un abus Ingérence des réseaux sociaux dans la vie économique

    S'ajoutant à l'usage irréfléchi de l'email, un désastre!

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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