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L'Émission politique : en refusant le débat, Castaner et Mélenchon nous ont privé de politique

Christophe Castaner (LREM), Olivier Faure (PS), Marine Le Pen (FN), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Laurent Wauquiez (LR) étaient les invités de France 2 ce 17 mai, pour analyser dans L’émission politique le bilan de la 1ere année du quinquennat d'Emmanuel Macron.

En ordre de bataille ?

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L'Émission politique : en refusant le débat, Castaner et Mélenchon nous ont privé de politique

De gauche à droite : Christophe Castaner, Olivier Faure, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez.  Crédit PHILIPPE LOPEZ / AFP

Quelques éléments d’abord sur le format de l’émission. L’émission politique a choisi de faire passer les invités l’un après l’autre, soit, après tirage au sort, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure  et Marine Le Pen.

Chacun, en 15 minutes, devait présenter un objet symbolisant cette année de pouvoir macronien, répondre aux questions des journalistes puis à une interpellation d’un représentant de la société civile, avant de disposer de deux minutes pour une « carte blanche ».

Ce format aurait tué n’importe quelle émission, puisque les politiques n’ont en effet été présents au complet sur le plateau qu’au moment de leur arrivée, pour repartir en coulisses et se succéder ensuite les uns après les autres. C’était la conséquence des choix de Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner, qui ne voulaient pas débattre avec Laurent Wauquiez et Marine Le Pen. Pas de risque donc d’assister à ces affrontements directs qui sont l’essence même du débat politique, quand, pourtant, Castaner ou Mélenchon aiment poser aux « grandes gueules ». Face à cette situation, les deux journalistes, Léa Salamé et François Lenglet, tentaient péniblement de meubler ces interviews successifs en variant les questions, privilégiant tel ou tel aspect de la politique suivie par Macron sans que les choix opérés semblent toujours très cohérents, et confrontés à des politiques qui de toute manière, en quinze minutes, ne pouvaient pas apporter grand chose.

Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon voit sans surprise dans Emmanuel Macron un « Président des riches » qui mènerait à la hussarde sa politique antisociale, avec le soutien forcé de députés-godillots. Il a subtilement refusé le piège qu’on lui tendait, et qui aurait consisté à opposer la rue et sa violence à la légitimité de la souveraineté parlementaire. Il a, plus simplement, regretté le peu de concertation mis dans la préparation des réformes, une attitude brutale qui, selon lui, ne pouvait conduire qu’à la crise sociale actuelle. Il a aussi regretté les choix faits par Emmanuel Macron en politique internationale et martelé que la France devait impérativement rester souveraine, c’est-à-dire libre de ses choix, et ce d’autant plus que la paix mondiale lui semblait fort menacée.

Jeu subtil donc du président de la France insoumise. D’une part, face aux conflits sociaux actuels, pour récupérer les mouvements sans faire trop peur aux classes moyennes ou aux retraités, défendre les activistes, mais faire peser la responsabilité des violences sur les promoteurs des réformes. D’autre part, en politique internationale défendre l’indépendance de la France face à l’Union européenne comme sur la scène internationale – notamment face aux USA et à Israël - par une même revendication d’une absolue souveraineté nationale

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 18/05/2018 - 11:14 - Signaler un abus Une émission

    avec Léa Salamé et Lenglet, vous attendiez quoi?

  • Par Ganesha - 18/05/2018 - 11:56 - Signaler un abus Match de catch à cinq

    Effectivement, ce n'était pas un ''match de catch à cinq'', mais une émission politique adulte et sérieuse, où chaque parti est venu, calmement et sereinement, exposer son point de vue. Marine Le Pen a astucieusement évité (et les journalistes n'ont pas insisté) de prendre position sur l'avenir de l'Euro. Il est vrai qu'il reste encore un an avant le scrutin, et d'ici-là, des surprises sont inévitables. Malgré tout son art oratoire, Mélenchon n'aura aucune chance de s'imposer, tant qu'il ne déclarera pas renoncer à son immigrationnisme, qui est pourtant rejeté par une majorité des français : cela bloque pour l'instant tout espoir de changement politique, du moins, au niveau français. Mais peut-être assistera-t-on à un raz-de-marée souverainiste au Parlement Européen ?

  • Par vangog - 18/05/2018 - 12:52 - Signaler un abus Vous oubliez le cinquième intervenant, Pascal Pavageau...

    de Force ouvrière qui, grâce à l’absence totale d’ethique de France deux et de ses journaleux, fut omniprésent, sans interlocuteurs valables et qui a emporté la victoire- fort heureusement, médiatique- de Melenchouille-la-fripouille, dont il s’est fait le porte-parole! Melenchouille-la-fripouille avait, lâchement mais astucieusement, refusé de débattre avec la véritable opposante moderne à Macron, Marine Le Pen, car il savait que les médias complices lui offriraient, sur le plateau, et « sur un plateau », un supplétif en la personne de Pascal Pavageau, relayant la politique conservatrice des privilèges de Melenchouille...tant que la TV publique sera infiltrée par des gauchistes archaïques, qui manipulent des moutons aveugles, la politique restera axée sur le conservatisme gauchiste, en France...et n’avancera pas d’un iota!

  • Par cloette - 18/05/2018 - 17:47 - Signaler un abus effectivement

    émission ennuyeuse, je n'ai écouté que Mélenchon, puis Wauqiez,j'ai zappé à Castaner et ai raté le reste, sans regret.Il parait que Macron n'a pas d'opposant actuellement, c'est curieux, je ne connais absolument personne qui l'apprécie, enfin on verra bien aux Européennes, il y aura des surprises et des claques, du moins je l'espère .

  • Par kelenborn - 18/05/2018 - 19:14 - Signaler un abus Ah ah ah

    Ben moi, j'ai regardé Barnaby (Midsummer murders -comme disent les britishs) et, vu ce que raconte l'auteur cela valait mieux que Midsummer merdeurs !

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Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).

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