Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 19 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les élus qui subventionnent le Tour de France dans le viseur de la Cour des Comptes

La Cour des comptes a rendu public son rapport sur la tenue du Tour de France 2016. Cette publication pose une question : les retombées économiques valent-elles tous les investissements consentis, surtout quand on pense qu’il s’agit aux deux tiers d’argent public ?

Faux départ ?

Publié le - Mis à jour le 22 Février 2018
Les élus qui subventionnent le Tour de France dans le viseur de la Cour des Comptes

Cour des comptes tour de france from Société Tripalio

Alors oui, le Tour de France n’a pas de valeur tant son importance dans la culture française est prépondérante. Néanmoins, il convient d’en revenir à l’aspect strictement financier pour apprécier la valeur, le coût et les retombées de cet événement indissociable de l’histoire de l’hexagone.

Une gestion hasardeuse

En 2016, le départ du Tour avait lieu dans le département de la Manche. Pour organiser cet événement, le département a dû recourir en 2015 à la création de l’association « La Manche – Ouest Normandie – Grand départ Tour de France 2016 » avant de la dissoudre en janvier 2017.

Parmi les membres de l’opération, on retrouve aussi la région Normandie et les collectivités étapes du Tour. 

Le rapport de la Cour des comptes montre alors l’effet pervers d’avoir autant d’acteurs présents (à ces acteurs publics, il faut rajouter les acteurs privés comme Orange, Amaury Sport Organisation…) : les rôles ne sont pas clairement définis. 

Ainsi, l’association qui coordonnait les opérations a dû assumer le financement de la cérémonie de présentation des équipes (260 000€) alors que ce n’était pas sa mission et que le conseil d’administration n’avait pas validé cette dépense.

L’association compense ses dépenses limitées par des risques élevés

Le budget total de l’organisation du « Grand départ du Tour de France » était de 5,3 M€. L’association a supporté une part minoritaire soit 1,2M€ alors qu’originellement, elle ne devait débourser que 400 000€ (inscrits au budget prévisionnel). Les 4,1M€ restant étaient supportés par le département. 

Le rapport détaille aussi comment étaient dispatchées les ressources disponibles. Le département a dépensé 2,9M€ dont 2,8 millions d’euros de dépenses propres et 85 000€ de dons à l’association, quand la région dépensait 1,3M€ dont 700 000€ de subvention à l’association et 605 000€ de dépenses propres. 

Chargée de la coordination et la logistique, l’association a dû supporter des risques élevés. Par exemple, elle a versé 50 000€ de dépôt de garantie pour l’occupation et les dommages causés aux personnes se trouvant dans les parkings. 

Les recettes sont-elles surestimées ?

La Cour des comptes précise aussi que l’association a vu le jour dans le but de concentrer les recettes avant de les redistribuer. Dans le tableau mis à disposition, on observe alors que les 2/3 des recettes sont constituées de subventions de la région Normandie et d’un « reliquat d’avance non-remboursé par l’association au département« . 

Du côté des recettes commerciales (contrats publicitaires, sponsoring…), le bilan n’est pas meilleur du fait de la présence du groupe Amaury Sport Association (ASO), détenteur du Tour de France. En somme, pour signer un contrat, l’aval d’ASO était nécessaire de même qu’il fallait reverser une redevance à ce groupe. Ce dispositif limitait considérablement le nombre de partenaires disposés : seulement deux contrats ont été signés. 

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€