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Baisse de la production industrielle et du commerce mondiaux : un ralentissement global se précise

Une analyse économique conduite par PMI / Markit révèle, pour ce mois de juin, un net ralentissement de l'activité mondiale (production industrielle et commerce). Chaque pays se doit désormais de retrouver davantage d'autonomie dans sa croissance, les pays émergents ne jouant plus le rôle de locomotive.

Chacun pour soi

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Les signaux perçus à travers les enquêtes menées au mois de juin suggèrent un net ralentissement de l'activité mondiale. Jusqu'à présent l'accent était mis sur la zone Euro, le Royaume Uni et la Chine. Pour ces 3 pays ou zone, les indicateurs signalaient une dynamique en repli. On observait ce phénomène aussi à travers des chiffres médiocres de production industrielle ou d'emplois.

La donne s'est dégradée de façon supplémentaire en juin. L'indicateur mondial issu de l'enquête Markit suggère que l'activité du secteur manufacturier s'est contractée. La différence avec le chiffre de mai est le repli très violent de l'indicateur américain.

Jusqu'à présent la contribution des Etats-Unis était positive et source de stabilité pour l'activité mondiale. C'est le facteur américain qui a fait basculer l'indicateur global en territoire négatif.

On notera que l'indicateur relatif aux pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) a une contribution neutre en juin. Ce n'est plus, et depuis un moment, une source d'accélération de l'activité mondiale.

Cela se perçoit sur un autre indicateur qui est celui du commerce mondial. En raison de cette inflexion dans les pays émergents, et notamment en Chine, la dynamique du commerce mondial s'est infléchie de façon significative. De la sorte, ce n'est plus une source d'impulsion, de dynamique commune comme cela était le cas par le passé. Pour fixer les idées, sa progression annuelle à fin avril était de 2.6 % alors qu'en temps "normal" sa progression est comprise entre 5 et 10 %.

(Cliquer pour agrandir l'image)

Cette situation sans dynamique commune se traduit par la nécessité d'une croissance plus autonome ce qui est difficile pour les pays développés qui n'ont, en moyenne, pas retrouvé un niveau d'activité comparable avec celui constaté avant la crise.

Ce manque de dynamique intrinsèque et un commerce mondial peu dynamique se traduisent par une évolution préoccupante des commandes aux entreprises.

Pour la zone euro, les Etats-Unis ou encore la Chine, les indices des nouvelles commandes, celles qui sont arrivées durant le mois de juin, montrent une contraction significative, notamment sur la partie liée aux exportations.

Cela signifie qu'à court terme, l'activité va continuer d'évoluer sur un rythme très lent voire à se contracter pour certaines régions comme la zone Euro.

En fait ce que traduisent les indicateurs récents de conjoncture est une dynamique qui s'essouffle un peu partout:

Soit parce que les ressorts habituels de l'activité ne fonctionnent pas bien. C'est le cas de nombreux pays européens notamment l'Allemagne dont la dynamique est très liée au commerce mondial, ou la France pour laquelle la dynamique de consommation est médiocre depuis 2007 alors que c'était le cœur du mécanisme de croissance auparavant. C'est le cas des Etats-Unis où les contraintes d'endettement et la faible progression de l'emploi ne permettent pas de desserrer durablement la contrainte budgétaire des ménages. Ils ne peuvent plus consommer au même rythme qu'avant la crise.

 
Commentaires

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  • Par laïcité - 05/07/2012 - 09:58 - Signaler un abus il ne faut pas rêver

    les excès commis depuis bientôt 40 ans par tous les pays surendettés vont être corrigés de gré ou de force !....Cette société de consommation a pu se développer grâce à une croissance à crédit ce qui était déraisonnable...Tous les politiques qui se sont succédés depuis 40 ans environ (découplage de l'or et des monnaies papier, fonctionnement des planches à billets! ) dans tous ces "pays riches de dettes" auront une lourde responsabilité devant l'Histoire !...Tous ces politiques qui avaient une seule idée en tête, d'abord être réélus et pour cela promettre toujours plus à leurs électeurs !...Au final, nous avons eu depuis 40 ans les politiques que nous méritions...C'est là toute la faiblesse des démocraties !

  • Par Sceptique - 05/07/2012 - 10:15 - Signaler un abus Conséquence logique de la mondialisation

    La mondialisation a permis la généralisation du dumping social, on transfère les activités productives là où les salaires sont les plus bas. Cela permet de générer plus de profits pour les plus riches au détriment des autres, ce qui est confirmé par les statistique. Globalement les emplois productifs sont de moins en moins payé, or ce sont justement ceux qui ont ces emplois qui sont aussi les principaux consommateurs. Les pauvres consacrent la totalité de leurs revenus en consommation, les classes moyenne un grande partie. Par contre les très riches ne consacre qu'une petite partie de leurs revenus à la consommation, donc plus les profits vont vers les plus riches, moins il y a de consommation globalement. En conséquence quand on délocalise, on diminue indirectement son marché. Pour compenser cette diminution, on délocalise encore plus pour réduire les coût, et de ce fait on diminue encore plus son marché. La mondialisation nous a entraîné dans un processus autodestructeur dont il sera difficile de sortir...

  • Par elcondor - 05/07/2012 - 10:39 - Signaler un abus @ Sceptique

    Erreur de constat. Ce n'est pas la mondialisation qui nous entraine dans cette spirale destructrice. La mondialisation est une simple conséquence de l'évolution technologique et culturelle de l'ensemble de nos sociétés humaines Elle se met en place depuis des lustres, avec une accélération forte ces dernières décennies ... et on ne peut agir là-dessus! Le problème est la dérèglementation des échanges dans un Monde multiple et dorénavant "ouvert", la libre circulation des capitaux, la concurrence "libre et non faussée" entre états, peuples institué comme LE DOGME universel ... sans prise en compte des disparités pourtant encore existante dans cette mondialisation

  • Par JO94 - 05/07/2012 - 11:39 - Signaler un abus Quand on officie chez NATIXIS

    Quand on officie chez NATIXIS qui s'est cassé la figure, on se tait!

  • Par Sceptique - 05/07/2012 - 12:35 - Signaler un abus @elcondor

    Vous ne contredisez en rien mes arguments. Vous évoquez l'évolution technologique, mais les délocalisations de nos activités productrices ne sont absolument pas liés à l'évolution technologique ! Il s'agit seulement de profiter d'une main d’œuvre très bon marché qu'on peut faire travailler dans des conditions proche de l'esclavage. Cette évolution n'a été en rien spontanée, elle est le résultat de l'application d'une politique néolibérale depuis une trentaine d'années, et c'est bien ce qui nous a amené à la crise actuelle. Inutile de chercher des boucs émissaires. Mais ce qui a était fait peut ^tre défait. La seule chose qui manque pour y parvenir, c'est la volonté. Les faits confirment les aspects négatifs et autodestructeurs de cette évolution que Maurice Allais (prix Nobel d'économie) avait bien expliqués.

  • Par vangog - 05/07/2012 - 14:27 - Signaler un abus @elcondor et sceptique Vous faites fausse route tous les deux!

    "politique néolibérale depuis une trentaine d'années", "dérèglementation des échanges dans un Monde multiple et dorénavant "ouvert", "concurrence libre entre états", on croit lire un mauvais article économique du nouvel Obs ou de Libération! Si on prend exemple sur la France, avec des prélèvements obligatoires à 56% du PIB sous Sarko et bientôt à 58 % du PIB sous Flanby, on est loin d'une politique "néo-libérale", à moins que vous ayez une nouvelle définition pour cette politique dont personne ne se réclame mais qui alimente largement les fantasmes de la Gauche archaïque... Pour ce qui concerne l’Europe et le Monde, contrairement à ce que vous affirmez péremptoirement, leurs échanges sont de plus en plus réglementés, bien qu'ils soient maintenant libres de droits de douanes, seulement pour l'Europe. Ne me dites pas que vous en avez la nostalgie! On peut donc affirmer objectivement que l'Europe applique une politique libérale dans ses échanges et socialiste dans sa redistribution à travers les fonds structurels et aides diverses au développement et c'est cette deuxième partie de la politique Européenne qui est malade depuis trente ans, car elle a crée corruption et endettement!

  • Par Sceptique - 05/07/2012 - 15:54 - Signaler un abus @vangog

    Il ne faut pas mentir, on a jamais autant dérégulé que depuis l'époque Reagano-Thatchérienne, mais les partisans du néolibéralisme refusent de reconnaître leurs erreurs, malgré la crise actuelle qui montrent l'échec de leurs principes économiques. La libre circulations de biens et des capitaux a entraîné le processus des délocalisations. On supprime des emplois en occident, pour les remplacer par les mêmes emplois en Chine (ou dans d'autres pays pratiquant le dumping social) dans le seul et unique but de payer beaucoup moins la main d’œuvre. La conséquence automatique c'est que globalement la main d’œuvre gagne moins et consomme moins. L'employé Chinois qui gagne dix fois moins que l'employé occidental qu'il remplace, consomme aussi dix fois moins. Donc chaque fois qu'on délocalise, on rétrécit son marché... Aucune des grandes théories économique n'a pris ce point en compte. Il n'y a guère que Maurice Allais qui avait tiré en vain la sonnette d'alarme... Dans bien de cas on a cherché à compenser cette perte de pouvoir d'achat en poussant les consommateurs à s'endetter de plus en plus pour maintenir l'activité économique. Aux USA cela a abouti à la crise des subprimes...

  • Par Patriote Européen - 05/07/2012 - 20:58 - Signaler un abus Ca ne va pas arranger le cas grec

    La principale force de l'économie grecque: le transport maritime. Si les échanges se réduisent, son marché lui aussi. Donc, son éventuelle taxation sera moins rentable pour l'Etat grec.

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Philippe Waechter

Philippe Waechter est directeur des études économiques chez Natixis Asset Management.

Ses thèmes de prédilection sont l'analyse du cycle économique, le comportement des banques centrales, l'emploi, et le marché des changes et des flux internationaux de capitaux.

Il est l'auteur de "Subprime, la faillite mondiale ? Cette crise financière qui va changer votre vie(Editions Alphée, 2008).

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