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Ecrans toxiques pour les petits : la nouvelle théorie qui exonère bien vite les parents de leurs responsabilités dans les problèmes comportementaux de leurs enfants

Le Docteur Anne-Lise Ducanda explique que face à des situations ou des enfants âgés de 0 à 4 ans jouent avec des écrans, les parents ont une part de responsabilité. Il est de plus en plus prouvé que trop de tablettes sont nocives pour le développement cérébral des enfants qui sans elles sont perdus.

Mauvaise habitude

Publié le - Mis à jour le 16 Juin 2017
Ecrans toxiques pour les petits : la nouvelle théorie qui exonère bien vite les parents de leurs responsabilités dans les problèmes comportementaux de leurs enfants

Atlantico : Les enfants âgés de 0 à 4 ans sont très souvent placé par leurs parents devant un écran, qu'il s'agisse de la télévision ou d'un ordinateur. Des études font de plus en plus clairement le lien entre surexposition aux écrans et développement cérébral des enfants. Les enfants ne seraient pas capable de grandir par eux-même. Quelle est la part de responsabilité des parents ? Si les écrans sont pointés du doigt, ne serait-il pas plus "logique" d'incriminer les parents ?

Florence Millot : Il faut comprendre en quoi le fait de mettre un écran à un enfant joue sur son développement. Les parents sont responsables de ce qu'ils connaissent et pas forcément de ce qu'ils ne connaissent pas. Il est utile de la préciser pour ne pas culpabiliser les parents. Au niveau psychologique, de 0 à 4 ans, les enfants sont en phase de développement psycho-affectif. Il s'agit donc de son état psychologique et de ses émotions. Les enfants se construisent leur identité pas le jeu. "C'est par le jeux que l'enfant devient je".

Il s'agit d'une citation de Donald Winnicott. C'est parce que l'enfant va manier le réel avec ses mains, qu'il toucher le réel, qu'il va inventer des histoires de la vie, un monde à travers de lui et c'est parce qu'il va se créer ces histoires à l'extérieur de lui qu'il va puiser dans son imaginaire qui se trouve à l'intérieur de sa tête. Quand un enfant va avoir la faculté à vivre tout ça, il aura acquis la capacité vivre seul, en autonomie. L'enfant peut vivre seul à côté de ses parents, en faisant une autre activité en faisant des légo par exemple. Il peut également être seul dans différentes circonstances comme lorsqu'il est dans sa chambre, dans une file d'attente. Le corps est capable de rester posé et non pas agité parce que dans sa tête, l'enfant est capable de penser à autre chose et oublier la frustration de l'attente. Il s'agit du développement de base. 

Après, ce qu'il faut savoir quand on intervient trop tôt dans le développement d'un enfant avec un écran ou une tablette, c'est que l'enfant n'est plus en position active. Il entre en position passive face à un univers qui n'est pas le sien. Il s'agit d'un univers qui est proposé par le film ou la vidéo de la tablette. L'enfant est passif. Il n'a pas la même capacité à être seul. Il dépend d'un objet extérieur, soit du parent. Comme il est dépendant d'un écran ou d'un parent, dès qu'il se retrouve seul, il angoisse. Il va avoir peur de s'ennuyer et pourrait devenir "collant".  

Les parents doivent comprendre l'intérêt de l'enfant de se construire un jeu et d'être capables d'êtres seuls. Ils ne savent pas forcément. Mettre un écran a ses enfants est une solution de facilité mais qui n'est pas dérangeante si c'est de temps en temps seulement. Si l'enfant se voit attribuer la tablette sans même la demander, chez le coiffeur, dans le métro, cela commence à devenir problématique. Si à la moindre occasion, pour être tranquille on lui donne un écran, cela devient assez problématique. Faire découvrir un outil numérique progressivement est assez logique et doit être distingué des usages compulsifs. 

 
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  • Par Michèle Plahiers - 12/06/2017 - 15:53 - Signaler un abus Confrontation avec l'autre.

    Devant l'ordianteur, l'enfant est confronté à lui-même dans un mécanisme de projection (Le grand autre n'étant que des photos, les mots, des photos, des bout de phrases, le psy parlerait d'objet partiel, comme le sein par rapprt à l'ensemble). Comment peut-il avoir accès à la réalité si personne n'est présent pour donner forme à ses fantasmes, ses émotions, l'approuver ou le contredire,...

  • Par ithery - 12/06/2017 - 19:33 - Signaler un abus Se relire...même sur écran...

    ... évite de laisser diverses fautes d'accords, de ponctuation, d'accent...

  • Par ithery - 12/06/2017 - 19:36 - Signaler un abus Remarque

    Mon commentaire était dirigé vers l'auteur de cet article.

  • Par Michèle Plahiers - 13/06/2017 - 12:48 - Signaler un abus Relu

    Confrontation avec l'autre. Devant l'ordinateur, l'enfant est confronté à lui-même dans un mécanisme de projection (Le grand autre n'étant que des photos, les mots, des bouts de phrases, le psy parlerait d'objet partiel, comme le sein par rapport à l'ensemble). Comment peut-il avoir accès à la réalité si personne n'est présent pour donner forme à ses fantasmes, ses émotions, l'approuver ou le contredire,...

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Florence Millot

Psychologue pour enfants.

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