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Si l’éclatement prochain de bulles financières vous terrorise, voilà pourquoi il n’y a pas de quoi descendre aux abris

C’est une exception française, l’opinion publique n‘accepte plus les évidences. Les variations boursières, les tempête de neige, les inondations, les périodes de sécheresse.

Atlantico Business

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Si l’éclatement prochain de bulles financières vous terrorise, voilà pourquoi il n’y a pas de quoi descendre aux abris

On vit une époque formidable dans un pays peuplé d’habitants assez particuliers. La semaine passée, la neige est tombée en Ile-de-France et la circulation est devenue impossible. Quelques jours avant, les rivières étaient sorties de leur lit après des précipitations inhabituelles. L’été dernier, quelques jours de canicule ont affolé les services d’urgence. A chaque fois, on assiste à la même litanie de plaintes et de soupçons contre un gouvernement et des services de l’Etat qui auraient été incapables de remédier aux effets pervers de la météo.

C’est quand même bizarre cette manie que nous avons d’oublier qu’en hiver, il arrive que la neige se mette à tomber, que les fleuves débordent. Et de regarder avec admiration ce que font nos voisins allemands, ou plus lointains cousins d’Amérique.

Il n’y a pourtant rien de surnaturel dans tout ce qui se passe. Et quand on regarde ce que font nos voisins, ou bien ils déneigent les routes, équipent les véhicules pour rouler avec des pneus neige et quand tout va trop mal, ils s’enferment chez eux et pour ceux qui le peuvent, ils télé-travaillent.

Cette attitude se retrouve aujourd’hui en bourse. Depuis dix jours maintenant, la bourse est atteinte d’un jeu de yoyo où les baisses sont plus fortes que les hausses, où les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs. Donc la tendance corrige assez fortement la situation antérieure qui était proche de l’euphorie. Pour beaucoup, c’est le commencement de la fin. La fin de la reprise, la fin de l’emploi, la fin de l’espoir. Bref, pour les financiers, on est assez proches de la fin du monde.

Il n’y a pourtant rien de plus normal, dans les mouvements financiers. Si on admet que les économies occidentales ont vécu pendant plus de 6 ans sous perfusion de liquidités venues directement des banques centrales, ou de perfusion budgétaires et sociales venues des Etats qui ont tout essayé pour maintenir l’équilibre des forces sociales. Au bout de presque dix ans, on retire les perfusions parce qu’on se dit que les malades doivent être guéris. Ce qui n’est pas sur, car est aussi arrivé le phénomène de dépendance à ces remèdes.

Les variations boursières ont été certains jours tellement brutales que beaucoup ont imaginé que la bourse allait connaître un krach susceptible de contaminer l’économie réelle. Or, si la bourse a baissé, c’est bien parce qu’elle avait beaucoup trop monté. Les fondamentaux, les résultats d’entreprises et chiffres de la croissance, de l’emploi, restent bons et les effets de baisse ne sont pas systémiques comme en 2008.

Les vraies raisons de cette tempête sont parfaitement connues.

La première cause : l’inflation, dont la reprise (supérieure à 2%) devrait être plus soutenue que prévu. Avec notamment des hausses de salaires, annoncées la semaine dernière et qui ont tout de suite impacté la volatilité des marchés. C’est justement ce phénomène de hausse des prix qui la rend inévitablement plus instable. Du coup, beaucoup de spéculateurs qui pariaient sur des produits à faible volatilité ont du déboucler leurs positions et vendre.

 
Commentaires

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  • Par tubixray - 13/02/2018 - 08:52 - Signaler un abus Merci les médias (merdias ?)

    Pour nous avoir asséné la semaine dernière qu'il neigeait à Paris et que par conséquent la circulation était difficile !.....La semaine précédente idem avec les inondations .... Mais quelques phrases à mi chemin du JT sur la baisse des taux à la NYSE et rien de plus ....

  • Par moneo - 13/02/2018 - 10:00 - Signaler un abus HUM

    c'est surtout que la science économique n'a que le mot de science.. que la bourse a très peu avoir avec les bons résultats économiques, que les cours sont issus de la spéculation suivant des modèles informatiques se déclenchant automatiquement pratiquement tous en même temps et que tout cela est possible parce qu'il ya du carburant pour spéculer ( le crédit à taux zéro) et il y a du credit gratuit pour financer la dette pour pratiquer la fuite en avant du keynesinisme mal appliqué mais revendiqué par les gouvernements . cela entraine l'inflation des actifs immobilier et boursier et quand ça flanche les niche fiscale volent au secours. le vrai vrai problème quand on a les dettes mondiales (publiques et privées) en cours quelle est l'issue de tout cela? si la course se lance entre les coûts salariaux et les prix comment remet on le tube dans le dentifrice? Peut on doit on ruiner les épargnants pour solder les comptes ? si la France continue d'emprunter à si peu de frais c'est que la réponse internationale est oui ....MAIS une fois la ruine obtenue ? que fait on ? on réemprunte pour relancer la machine?

  • Par kelenborn - 13/02/2018 - 11:04 - Signaler un abus OUI

    Sylvestre ricane sur les élucubrations merdiatiques à propos de la neige et des inondations!!! On sent chez lui poindre le négationniste du réchauffement et il a de la chance d'écrire dans Atlantico parce que la mère Ernotte l'aurait déjà expédié au bûcher, au moins excommunié!! Bon, je ne sais si c'est ici ou ailleurs que j'ai trouvé un article bien construit d'un type qui disait que l'inflation qui devait notamment résulter des injections de liquidité s'était cachée dans le gonflement de la valeur des actifs financiers et immobiliers! Mais....il faut bien "réaliser un jour cette augmentation de valeur parce que si le fond de pension qui a acheté des titres plus cher ne réussit pas à en sortir des dividendes , comment payer les pensions? Qui nourrit les dividendes? la croissance! car l'autre manière de les nourrir qui est d'augmenter la part des profits dans la VA au dépens des salaires fait qu'il n'y a plus de demande et... Voila sans doute pourquoi l'Allemagne va pouvoir se permettre d'augmenter les salaires! On y a maintenu la croissance grace aux exportations et au Lebensraum ! 1200 caractères panne sèche

  • Par kelenborn - 13/02/2018 - 11:07 - Signaler un abus moneo

    Oui la science économique n'a de science que le nom!!! En dehors de quelques règles qui tournent autour de la productivité et de la manière de la répartir, des effets de son augmentation sur les prix, les revenus et le temps de travail...j'ai peine à trouver des "lois" comme on peut en trouver dans les sciences dures! D'ailleurs, qui se trompe tout le temps? les économistes. Les sociologues ne se trompent pas puisqu'ils nous mentent! Au moins, on le sait !

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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