Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 20 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Discours au congrès : les trois axes que veut développer Emmanuel Macron pour tenter de reprendre la main

"Je vous ai compris... !" La version d’Emmanuel Macron va se traduire par trois axes de réformes que le président veut décliner pour répondre à la colère sourde et à l’impatience de l’opinion. Enfin !

Atlantico-Business

Publié le
Discours au congrès : les trois axes que veut développer Emmanuel Macron pour tenter de reprendre la main

 Crédit Thibault Camus / POOL / AFP

Face au Congrès réuni à Versailles, Macron veut expliquer que son ambition de réformes n‘est pas essoufflée. Il veut prouver que sa force ne se résume pas à la seule faiblesse de ses adversaires. 
Et face à la colère sourde qui guette l’opinion publique, il entend relancer son projet de rénovation en le déclinant sur trois axes stratégiques. 
Améliorer l’attractivité de la maison France 
Réduire les inégalités et remettre en selle les oubliés de la modernité
Redéfinir le projet européen et le mettre sur les rails. 
 
Emmanuel Macron ne peut plus inonder le pays de promesses.
Il ne peut plus multiplier les projets de réformes, mais il doit surtout les arrimer à un train du changement lancé à grande vitesse. Sinon, il inquiète et impatiente ceux à qui il a promis une évolution et qui ne voient rien venir. 
Le monde de l’entreprise et des cadres ont bénéficié d’un changement radical d’éco-système. L‘entreprise est devenue un objet social à la mode parce qu‘on a expliqué qu’elle est productrice de richesses, d’emplois et par conséquent de progrès. L’économie de marché a retrouvé sa légitimité. Du coup, l’image de l’entreprenariat et de l’économie française s’est retrouvée améliorée. L’économie française est redevenue « désirable » aux yeux des investisseurs et des décideurs. Mais l’impact réel n’a pas encore touché le plus grand nombre qui commence à s’agacer. 
Le président de la République va donc recadrer très fortement les trois axes de sa politique de réformes. 
 
Le premier axe découle du diagnostic qu’il avait fait sur les faiblesses de système français. Si le problème est un déficit de compétitivité, il entend poursuivre la mécanique qui doit permettre aux entreprises de faire des offres de produits et de services qui puissent servir le consommateur. Compétitivité prix, par la baisse du cout du travail, encore que les marges de manœuvre soient très limitées. Et surtout compétitivité hors cout par l’innovation et l’offre de produits et de service totalement nouveaux. Ça demande de la recherche, de la réactivité et de l’investissement massif dans tous les domaines. Et si la clef, c’est l’investissement, il faut donc améliorer l’attractivité du système français pour les investisseurs français et étrangers. Ça passe par la fiscalité, ça passe par la rentabilité, mais ça passe aussi par la baisse des frais généraux de l’Etat. Ou alors ce qui revient au même, par un accroissement de l’efficacité administrative. On touche là non pas au fonctionnement de l’entreprise, mais surtout à la dépense de l’Etat jugée trop lourde. 
 
Le deuxième axe concerne la lutte contre les inégalités et la pauvreté au sein même du système français. Les sondages indiquent que les français ont un ressenti de plus en plus réel de l'accroissement de la pauvreté. C’est un ressenti qui ressort par comparaison à la situation française, il y a plus de dix ans. Et ce ressenti est d’autant plus difficile à traiter que la France a encore un volume d’aides sociales et de prestations publiques des plus importants en Europe. Ça signifie que cette redistribution n’est pas jugée efficace. Ça se traduit très simplement par le fait qu’il y a d’un côté beaucoup d’aides sociales à la pauvreté, de l’autre, une pauvreté qui continue de l’alourdir. La question n’est pas d’augmenter encore le niveau d’aides sociales, mais la question est de rendre cette aide plus efficace. 
 
Le troisième axe est évidemment de revenir sur le projet européen. Alors que la construction européenne paraît être une des meilleures aventures du siècle pour les populations jeunes et éduquées, le fonctionnement de l’Union européenne suscite un phénomène de méfiance et même de rejet dans une part non négligeable de la population, qui n’a d’ailleurs pas de solutions alternatives autres que le repliement sur les frontières nationales. Emmanuel Macron reste le dernier chef d’Etat à avoir surmonté les vagues populistes, c’est le seul à pouvoir offrir un leadership afin de relancer la construction européenne. Son problème, c’est qu‘il est effectivement très fiable. 
 
 
C’est ce projet en trois axes que le président Macron veut proposer aux parlementaires. En attendant, il doit aussi redéfinir et son agenda et le rythme des réformes.
Face à la grogne sociale qui ne s’exprime ni dans la rue, ni dans les entreprises, mais dans les sondages et dans les médias, il a le choix entre deux tentations. 
La tentation du plus fort, plus loin. En bref, aller plus vite dans les réformes et surtout creuser le sillon libéral avec plus de détermination.  
La tentation du thé tiède, qui consiste à mettre un pied sur le frein concernant la réforme fiscale ou la réforme des dépenses publiques. Bref, tempérer comme savaient si bien le faire Jacques Chirac et François Hollande
Pour beaucoup, il ferait là une erreur historique. La situation politique lui donne les moyens d’agir. La situation économique lui laisse encore des marges de manœuvres. 
Qu‘il pratique des ajustements sur la taxe d’habitation par exemple, c’est habile, mais qu’il se laisse aller à penser que la saison des cagnottes est revenue pour répondre à quelques éditorialistes inquiets lui serait très préjudiciable. 
 
 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Bobby Watson - 09/07/2018 - 08:27 - Signaler un abus Très "fiable " ... ou très faible ?

    La langue (la plume) de JMS a fourché, semble-t-il. Macron est de plus en plus faible en Europe, et de plus en plus contesté en France. Ce lapsus est révélateur de la situation inextricable de notre bien-aimé président, victime de sa communication démagogique du " en même temps". Et le dernier paragraphe de ce futur ex-macroniste qu'est JMS révèle bien la détresse des ultra-libéraux dont il est le porte-parole sur Atlantico... Qu'il se rassure: Sylvain Fort est à la manœuvre pour concocter cette après-midi à son maître un discours lénifiant.

  • Par kelenborn - 09/07/2018 - 10:44 - Signaler un abus lundi jour du Sylvestre

    Le palais Brongniard est fermé le dimanche, alors il n'a pas pu prendre son pied... Comme à l'habitude c'est du vide! Vous prendrez bien un petit Sylvestre 1998: vingt ans d'âge , pas une altération ...enfin , je dis ça parce que j'ai vu que vous sortez de chez le dentiste!!! Pfouie!!!! On semble débarrassé de Jacquet mais celui la: une bernique!

  • Par J'accuse - 09/07/2018 - 11:14 - Signaler un abus Roulements de tambour

    J'espère pour lui que M. Sylvestre est bien payé par l’Élysée pour relayer la propagande macronienne: il fait un sacré boulot ! Macron en personne n'aurait pas fait mieux pour préparer son discours au Congrès, où il s'efforcera de convaincre les récalcitrants au culte jupitérien qu'il a profondément transformé la France et qu'il va continuer à faire encore mieux. Dire qu'il y a des gens qui ne s'en rendent même pas compte ! A force de répéter des mensonges, ça doit finir par convaincre, n'est-ce pas ?

  • Par vangog - 09/07/2018 - 13:11 - Signaler un abus Je ne suis pas certain que les députés ripoublique en marche...

    marchent vers le congrès...eux aussi commencent à comprendre -mais un peu tard- qu’ils ont été enfumés par le corbeau Macrouille...excepté les opportunistes invétérés, il n’y aura pas grand-monde à Versailles, pour écouter le dictateur!

  • Par gerint - 09/07/2018 - 13:18 - Signaler un abus Reduire les inégalités par réduction du coût du travail?

    Donc compression des salaires qui ont déjà si peu augmenté, emploi d'immigrés à bas prix, alors que les liquidités s'amoncellent dans les mains des financiers de "haut niveau", dire qu'on ve réduire les inégalités est d'une effronterie sans nom. Et l'Europe et l'Euro ne sont pas la solution mais une cause aggravante des problèmes. Quant au diagnostic sur les faiblesses du système Français, il est tellement orienté par les intérêts des mondialistes richissimes qu'il faut le refaire, et je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il n'y a pas de problèmes, il y en a de sérieux, mais la responsabilité incombe grandement aux pompiers pyromanes.

  • Par Anouman - 09/07/2018 - 13:18 - Signaler un abus axes

    Si c'est tout ce qu'il a trouvé alors il n'a toujours pas compris.

  • Par Poussard Gérard - 09/07/2018 - 16:20 - Signaler un abus On se demande pourquoi mediapart le canard n'enquetent pas

    sur les subventions des banques, de soros, labos reçues par petit Erdogan http://www.ilpopulista.it/news/17-Giugno-2018/26930/ora-e-ufficiale-c-e-george-soros-dietro-macron.html Encore un coup de com pour occulter les vrais problèmes??

  • Par ciara - 09/07/2018 - 19:53 - Signaler un abus Je l'ai écouté

    Eh oui, j'ai eu cette abnégation. Des phrases ronflantes parfois sans signification. Une auto satisfaction qui ne repose sur aucun résultat tangible. Ca se saurait. Une philosophie de bazar même pas digne d'Attali. En dehors de cet européisme béat, rien de tangible. Le mot investissement prononcé 20 fois. Investissement sans retour d'investissement, c'est à dire à perte. Les réformettes menées ne sont que de la poudre aux yeux. Et ca commence à se voir.

  • Par Beredan - 09/07/2018 - 23:45 - Signaler un abus Le doute ... l’aveu .

    S’il n’est sûr de rien , il ne fallait pas faire des promesses . Le prestidigitateur ne fait plus recette ... le macronisme se lézarde d’avoir trop fait reluire les riches ...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€