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Dette publique : non, l'Etat n'est pas en faillite mais oui, il est terriblement mal géré (et voilà les petits secrets des "arrangements budgétaires" scandaleux qui maquillent la réalité budgétaire de la France)

La dette publique française a atteint le chiffre astronomique de presque 2200 milliards d'euros, soir près de 99% du PIB de l'Hexagone. Un chiffre affolant qui montre aussi la mauvaise gestion de l'Etat.

Mauvaise gestion

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Dette publique : non, l'Etat n'est pas en faillite mais oui, il est terriblement mal géré (et voilà les petits secrets des "arrangements budgétaires" scandaleux qui maquillent la réalité budgétaire de la France)

La dette publique française est un sujet technique de préoccupations tout autant qu'un sujet passionnel.

Une chose est acquise, elle a presque doublé en dix ans suite à la profonde crise économique de 2008 (pour mémoire PIB 2009 = - 2,9%) et suite à la gestion hasardeuse de François Hollande qui prétend pourtant avoir " stabilisé " la dette (voir son allocution de renoncement).

Bien souvent des analystes inondent le lecteur de chiffres qui finissent par assombrir (à tous les sens du terme) la réflexion.

Ici, l'ambition se veut plus modeste mais clairement réaliste.

La vérité ne se dilue pas, elle se confie posément.

Notre pays a une dette publique de près de 2.200 milliards soit près de 99% du PIB.

1) Le cap des 100% est déjà franchi :

Je rappelle pour les lecteurs attachés aux faits que l'Insee inclut tous les impôts sur la production dans le PIB. Autrement dit, notre PIB hors impôt aurait pour conséquence d'alourdir le ratio dette / PIB. En clair, le cap symbolique des 100% de dette est d'ores et déjà franchi.

2) Des 30 Glorieuses au laxisme budgétaire :

Depuis 1974, la France n'a jamais présenté un budget en excédent primaire. Ainsi, nous nous endettons avec une continuité politique et technique stupéfiante.

Point besoin de grande arithmétique, les faits sont clairs. Pendant tout son mandat, l'ancien élu de Tulle a fait acter par le Parlement des budgets en déficit moyen de 60 milliards (71 milliards pour 2017 corrigés à 80 mds suite à l'audit cinglant de la Cour des comptes du début de ce mois ). Le résultat n'échappe pas au principe de réalité – n'en déplaise à Jean-Marc Ayrault, Michel Sapin et autres - : la dette s'est accrue de 343 milliards pendant le quinquennat Hollande.

Il y a bien sûr le financement de notre modèle social, il y a aussi le halo de laxisme budgétaire qui entoure notre Etat notamment par le biais des agences et autres organismes bénéficiant de la fiscalité dite " affectée ".

Un effort de 10% de toute cette faune d'organismes représenterait une manne de 12 milliards ce qui est plus que conséquent.

3) L'Etat piètre gestionnaire de patrimoine financier

De même, l'Etat a bien du mal à maîtriser ses immobilisations financières.

Dans son rapport sur la certification des comptes de l'Etat pour 2016 émis fin mai 2017, la Cour des comptes émet quatre réserves substantielles dont la troisième a un intitulé non équivoque mais préoccupant : " Les anomalies relatives aux immobilisations financières ".

Dans la mesure où le patrimoine financier de l'Etat représente une valeur de 340 milliards d'euros, chacun comprend qu'un aléa de gestion de 2% - par hypothèse de travail – correspondrait à un manque à gagner de 6,8 milliards soit 10% du déficit budgétaire voté mais non tenu.

4) Bpifrance et l'évaporation comptable de 24,6 milliards d'euros

Bpifrance est un succès opérationnel mais se trouve porteur d'une sérieuse anomalie. Ainsi sa sous-filiale Bpifrance Financement bénéficie d'une garantie accordée par sa maison-mère. " Sur le fondement de la convention conclue à cet effet par les deux entités, et qu'il a cosignée, l'Etat est engagé à se substituer à elles en cas de défaut pour assurer le remboursement à leurs souscripteurs des titres obligataires émis par Bpifrance Financement. L'annexe des comptes de l'Etat ne fait cependant pas mention de cet engagement hors-bilan explicite, ni de l'encours de la garantie sur laquelle il porte et qui s'établit, fin 2016, à 24,6 milliards d'euros."

 
Commentaires

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  • Par vangog - 17/07/2017 - 10:29 - Signaler un abus "Aucune assurance sur la fiabilité des comptes"....

    L'état UMPS, depuis quarante ans, a organisé le bordel de ses participations, agences, entités pour mieux enfumer la cour des comptes...même enfumage pour l'électorat macroniste!

  • Par Atlante13 - 17/07/2017 - 12:10 - Signaler un abus La BPI?

    C'était pourtant l'alpha et l'omega de la croissance française, enfin d'après ce qu'affirmaient les "économistes socialistes" en 2011/2012, un certain Elie Cohen en tête. Ce n'étaient donc que des "foutaises" d'économistes?

  • Par ISABLEUE - 17/07/2017 - 14:27 - Signaler un abus On s'en fout de la dette !!

    que Bercy se débrouille avec cela, la France emprunte à taux zéro. Ils font nous faire pleurer.... surtout Bercy, les fonctionnaires qui pètent dans la soie.... Lamentable. Tous ces fonctionnaires et énarques tapent dans la caisse et nous on doit payer pour leurs gabegies....

  • Par Pharamond - 17/07/2017 - 16:59 - Signaler un abus L'Etau

    La remontée des taux est en voie d'être concrétisée aux USA;l'Europe va inévitablement suivre et donc la France sera prise dans un étau.Les français se rendent-ils compte que leurs dépenses de santé,leurs indemnités-chômage,et 'autres dépenses sociales sont payées...par l'emprunt? Si Macron échouait,ceux qui prêtent à la France diront:stop.on ne joue plus.Le choix est entre l'adaptation au réel et donc l'acceptation de la rigueur,ou le suicide. Que les tenants du:"il n'y à qu'à" disent comment il faut s'y prendre.

  • Par Anouman - 17/07/2017 - 19:03 - Signaler un abus Dette

    Le problème n'est pas la dette mais ce qu'elle finance. Quand on finance du déficit de fonctionnement avec de la dette à moyen terme on se met dans une situation intenable puisque quand on dépense plus que ce que l'on gagne et qu'en plus on s'endette on ne peut payer cette dette que par une dette supplémentaire. C'est quelque chose qui devrait être interdit à l'état.

  • Par THx27 - 18/07/2017 - 16:57 - Signaler un abus vertigineux

    si l'on comprend bien, on peut redresser la barre si les politiques font un bilan lucide et propose une politique sérieuse ( Fillon) . Mais ce gouvernement de réchappés du Ps en est -il capable?

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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