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Derrière la visite d'Emmanuel Macron aux Etats-Unis, doit-on voir les bases d'un nouveau pont sur l'Atlantique ?

Le président français se rend ce lundi aux Etats-Unis pour une visite d'Etat de trois jours, la première organisée depuis l'élection de Donald Trump. Mais même si l'entente entre les deux hommes est cordiale, les sujets épineux ne manquent pas.

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Derrière la visite d'Emmanuel Macron aux Etats-Unis, doit-on voir les bases d'un nouveau pont sur l'Atlantique ?

 Crédit MANDEL NGAN / AFP

Atlantico : 48 heures avant son départ pour les Etats-Unis, Emmanuel Macron s'est s'exprimé dans un entretien accordé à Fox News sur sa vision de la collaboration entre lui et Donald Trump. La convergence des intérêts des deux leaders a été beaucoup commentée. Faut-il y voir - du point de vue de Donald Trump comme celui d'Emmanuel Macron – les premières bases d'un nouveau pont sur l'Atlantique ou l'affirmation d'intérêts communs dans un cadre bilatéral ?

Jean-Eric Branaa : Il est certain qu’on ne peut pas envisager cette visite comme une simple péripétie diplomatique. Elle a le rang de visite d’Etat et c’est un très grand honneur qui est rendu à notre pays, d’autant qu’il s’agit de la première visite d’Etat du côté américain depuis l’élection de Donald Trump. Cela nous incite donc à conclure que le président américain cherche à renforcer cette relation avec la France, et peut-être plus particulièrement encore avec Emmanuel Macron, dont la personnalité et sa victoire l’ont particulièrement impressionné.

On sait que Donald Trump accorde une attention toute particulière à la réussite individuelle. Il a été élevé dans le culte de la réussite et a fréquenté dans son enfance la Marble Collegiate Church, sur la 5e Avenue, où il écoutaitles sermons de Norman Vincent Peale. Plus que tout autre aux Etats-Unis, ce pasteur prêchait l’optimisme et encourageait à croire en sa bonne étoile, pour favoriser la réussite matérielle aussi bien que spirituelle. Donald Trump en a retenu que le succès est un but louable et qu’il accompagne le destin d’un élite, choisie par Dieu. Or il partage avec le président français un destin particulier, qui les a conduit l’un et l’autre jusqu’au sommet et leur a confié à chacun la charge de présider à la destinée de leurs pays respectifs.

Donald Trump respecte donc réellement Emmanuel Macron. La relation qu’il a nouée avec lui s’appuie sur un fondement sincère de respect et d’adoubement : c’est pourquoi on peut y voir, en effet, les bases d’un nouveau pont sur l’Atlantique, d’une relation «spéciale », ce qui signifie toujours « solide » en termes américains, tout comme elle le fut dans le passé entre George Bush et Tony Blair ou entre Barack Obama et Angela Merkel. Je ne pense pas que cette relation s’appuie sur des intérêts communs dans un cadre bilatéral mais bien plus certainement sur une certainement inclination qui n’est pas feinte du côté de Donald Trump, car il a montré à maintes reprises que c’est un affectif et qu’il croit que les relations se construisent d’abord sur le plan personnel. On note d’ailleurs que le programme de la visite, hors aspects protocolaires obligés, comme les visites à Arlington ou à des étudiants, reste centré sur la relation entre les deux hommes et ne laisse pas de place à d’autres échanges, qu’ils soient militaires ou commerciaux, par exemple.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 22/04/2018 - 13:53 - Signaler un abus Ces deux hommes sont différents et néanmoins

    Convergent dans leur élection improbable ! Nos deux pays sont extrêmement critiques vis à vis l’un de l’autre...et extrêmement alliés depuis 1776. God bless America and France as well!

  • Par Liberte5 - 22/04/2018 - 22:28 - Signaler un abus Attendons pour voir

    comment va évoluer la situation. Qui sera le plus malin?

  • Par pierre de robion - 22/04/2018 - 23:13 - Signaler un abus Verba volant!

    Quand je pense qu'après son élection nos mierdas n'avaient pas mots assez forts pour vilipender Trump et le vouer aux Gémonies! Et voilà que maintenant que Jupiter le cajole, il devient un homme fréquentable! à qui les mêmes mierdas tressent des lauriers!

  • Par pierre de robion - 22/04/2018 - 23:19 - Signaler un abus C'est bon pour le marketing!

    "les Américains savent bien qu’ils peuvent s’appuyer sur le savoir-faire et la haute technicité de notre nation dans le domaine militaire" Peut-être passe-t-on sous silence les fait que 2 frégates sur 3 n'aient pas réussi à tirer leurs missiles à 2M€! Nos clients potentiels ont dû apprécier!

  • Par Deudeuche - 23/04/2018 - 07:54 - Signaler un abus @pierre de robien

    Correct mais ce que les US apprécient c’est la volonté d’engager des troupes. Dans cette histoire contestable de frappes US 1 porte avion 6 frégates France 3 frégates 10 avions, UK 4 avions dont 1 en panne. Les autres rien nada que dal car personne ne peut ne veut ne pensé risquer quoique ce soit. Alors justifiée ou pas technologie ou pas, seule la France est un partenaire militaire crédible en capacité d’intervention suivie de loin par les Britanniques. Je sais que le citoyen français qui a mentalement transformé ses forces armées en vaste gendarmerie gardien de gare ou de Bataclan ne comprend pas, mais D Trump lui comprend.

  • Par Beredan - 23/04/2018 - 13:11 - Signaler un abus Grosse ficelle .....

    Celui qui fera gober aux iraniens qu’il se fait fort de convaincre Trump de ne pas dénoncer l’accord sur le nucléaire à la condition de renoncer à leur programme balistique , celui-là entrera dans l’Histoire ...

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

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