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Les demandes insistantes d’EDF en faveur d’une hausse des tarifs mettent l’Etat actionnaire dans une position délicate

Ce mardi 16 février, le PDG d’EDF a demandé à l’Etat "un rattrapage sur les tarifs réglementés des particuliers". Un appel du pied insistant de la part de l'entreprise publique qui fait face à une concurrence économique importante. Même si l'inflation est faible, EDF met la pression sur son actionnaire principal.

Court-circuit

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Les demandes insistantes d’EDF en faveur d’une hausse des tarifs mettent l’Etat actionnaire dans une position délicate

Atlantico : Comment expliquer une telle décision ? Les entreprises publiques sont-elles prises dans le tourbillon du profit ? Est-ce un réflexe justifié par le fait qu'on n'a pas augmenté depuis longtemps ? Et/ou peut-on l'expliquer par la nécessité de vrais travaux de rénovation ou d'investissements d'infrastructures ?

Jean-Luc Bœuf : L’adéquation entre les demandes d’une entreprise publique et les contraintes de son actionnaire de référence, l’Etat en l’occurrence, est particulièrement difficile à réaliser. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’un « bien » très sensible, celui de l’électricité. Il concerne concrètement les dizaines de millions de foyers et l’impact d’une augmentation se mesure en dizaines d’euros sur la facture. Ensuite, parce que nous sommes dans une période d’inflation quasi-nulle. Dès lors, les usagers ont du mal à accepter une hausse, pensant qu’elle va servir à augmenter les « profits » de l’entreprise.

Enfin, les pouvoirs publics sont contraints par les décisions de justice. Rappelons-nous du début des années 2010 où des millions de foyers ont reçu des avis à payer pour des régularisations de facture, suite à un long feuilleton juridique qui s’est terminé devant le Conseil d’Etat. La haute juridiction a jugé que le Gouvernement n’avait pas fixé l’augmentation des tarifs à un niveau assez élevé !

Que dire du patron d'EDF ? Quel est son profil ? Comment expliquer sa déclaration ? Est-ce pour faire plier le gouvernement ou est-ce le gouvernement qui le pousse à faire cette demande par essence impopulaire ?

La déclaration du patron d’EDF est celle d’un patron… qui parle à son actionnaire, lequel détient plus de 84% du capital ! Il ne s’agit pas pour lui de faire « plier » le gouvernement mais de rappeler les contraintes juridiques et financières. En attirant l’attention sur la question des tarifs réglementés, il sait bien qu’il recueillera toute l’écoute nécessaire, dans les limites politiques imposées… Dans les jeux de rôles nécessaires aux figures imposées, les pouvoirs publics doivent désormais prendre les décisions qui, tout à la fois, ne mettent pas son entreprise en difficulté, ne mécontentent pas (trop) les usagers et sans s’attirer les foudres de la justice administrative. La résolution de l’équation est difficile !

Les entreprises publiques sont-elles entrées dans l'air du tout libéral ? Une entreprise publique n'est-elle pas là pour apporter une aide / un bien et non pour faire du profit ?

Les entreprises publiques s’adaptent à leur environnement. C’est une simple question de survie pour elles. En ce qui concerne EDF, la mue a été particulièrement impressionnante ces dernières décennies, puisque l’on est passé d’une seule entité, EDF-GDF, à une multitude d’acteurs, avec en outre la scission de la distribution de la production. Pour ce qui est de la filière électronucléaire, n’oublions pas de rendre hommage aux décisions prises depuis les années 1950 par tous les dirigeants français, au-delà des contingences partisanes. Ce serait d’ailleurs l’occasion de participer à la réhabilitation de la Quatrième République, ce « régime trop faible pour les temps trop durs » selon les historiens, mais qui a permis de lancer la France sur les défis de l’atome et dont on trouvera la prolongation concrète dans le programme électro-nucléaire des années 1970. Il est tellement facile aujourd’hui de critiquer le « tout nucléaire » mais il a apporté une réelle relative indépendance énergétique à la France ainsi que la maitrise d’un savoir-faire exportable. La maîtrise de la filière UNGG (uranium naturel graphite gaz) dans les années 1960 a permis de tenir tête aux Américains, avant d'opter pour la filière PWR, celle des réacteurs à eau pressurisée.

 
Commentaires

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  • Par Borgowrio - 17/02/2016 - 10:04 - Signaler un abus Chut .. Pas un mot sur le goufre photo-volcaique

    Pourquoi ne pas parler de la part du renouvelable ( photovolcaique) qui va passer sur la facture de 10% à 16% , hors taxe alors que la production est de quelque chose comme 2% .

  • Par Borgowrio - 17/02/2016 - 10:12 - Signaler un abus Chut .. Pas un mot sur le goufre photo-volcaique

    Pourquoi ne pas parler de la part du renouvelable ( photovolcaique) qui va passer sur la facture de 10% à 18% , hors taxe, alors que la production est de quelques 2% .Le consommateur lambda paye les subventions de ces machins à la production infini centésimal

  • Par l'enclume - 17/02/2016 - 11:32 - Signaler un abus Arrêtons le massacre et de faire pleurer dans les chaumières

    Lorsqu'une entreprise privée rencontre des difficultés, les dirigeants s'ils sont sérieux, commencent à voir s'il ne serait pas possible d'augmenter la productivité, de faire la chasse à tous les gaspillages, etc, etc... Chez EDF tout le contraire, on ne touche pas aux avantages acquits, on ne touche pas à la durée du travail soit 32 heures par semaine, je parierais pour 30 heures, on ne touche pas aux départs en retraite à 55 ans, on ne touche pas aux 1% des factures versés au CCE, soit + de 350 millions par an, etc, etc... Par contre ils sont tous d'accords pour faire payer aux péquins que nous sommes, leurs incompétences managériales. PS : Cerise sur le gâteau, le régime de retraite des agents EDF a été rattaché aux régimes du privé, il ne pouvait plus payer. La finalité le régime EDF doit à ce jour, 2 milliards d'euros aux caisses du privé.

  • Par DANIEL74000 - 17/02/2016 - 13:54 - Signaler un abus court-circuit

    Le seul court-circuit qui pourrait être salutaire à notre pays serait la fin des monopoles et du statut public. Enfin la paix !

  • Par Christophe Bugeau - 17/02/2016 - 14:39 - Signaler un abus EDF, quelle énergie pour demain ? Le 16/02/2016

    Le producteur EDF désormais séparé de l’exploitant de réseau ERDF et qui pourtant se réjouissait de la mise en concurrence (qui devait lui rapporter plus) est obligé de faire appel à l’Etat qui ne lui réclamera pas son dividende mais percevra 1,8 milliards d’euros en action ce qui équivaut à une augmentation de capital. Mais est-ce la bonne formule pour assurer notre futur énergétique ? la suite : http://www.christophebugeau.fr

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Jean-Luc Boeuf

Jean-Luc Bœuf est directeur général des services de la ville et de la communauté d’agglomération de Quimper. Il vient de publier Un seul lit pour deux rêves, la France et ses régions  et anime le site www.jean-luc-boeuf.fr

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