Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 19 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Délinquance, pauvreté… Comment les défis auxquels doivent répondre les maires ont évolué depuis 30 ans

Selon un sondage TNS-Sofres pour le Secours catholique, 80% des maires français estiment que le nombre de personnes en situation de pauvreté dans leur commune a augmenté. Les préoccupations des maires ont-elles évolué depuis 30 ans ?

Société en mutation

Publié le
Délinquance, pauvreté… Comment les défis auxquels doivent répondre les maires ont évolué depuis 30 ans

80% des maires français estiment que le nombre de personnes en situation de pauvreté dans leur commune a augmenté. Crédit Reuters

Atalntico : Selon un sondage TNS-Sofres diffusé lundi pour le Secours catholique, les maires estiment dans une large majorité (80%) que le nombre de personnes en situation de pauvreté dans leur commune a augmenté. De quels moyens disposent aujourd'hui les maires pour combattre la pauvreté ? L’échelon local est-il adapté ?

Philippe Laurent : Les maires disposent essentiellement de moyens destinés à combattre les effets de la pauvreté, mais pas les causes. Celles-ci dépendent des choix économiques et politiques en matière de croissance et de redistribution des revenus effectués au plan national. La France est resté un pays excessivement centralisé dans ce domaine notamment. Les évolutions en cours poussent d’ailleurs vers une centralisation encore plus grande, car la haute administration considère – dramatiquement à tort selon moi – que c’est la seule façon de contrôler les finances publiques.

S’agissant de tenter d’atténuer les effets de la pauvreté, l’échelon local est pertinent. C’est évidemment le cas pour le logement où, malgré la pénurie criante dans quelques régions dont l’Ile-de-France, les maires parviennent à trouver des réponses avec les bailleurs sociaux. En outre, la tarification des services publics de base (restauration scolaire par exemple) en fonction des revenus est très développée. Certaines communes délivrent des « coupons enfants » destinés à permettre aux enfants de familles modestes de payer partiellement l’inscription à des activités sportives ou culturelles. A côté des aides publiques en matière d’urgence, il faut souligner le travail très important des associations, généralement appuyées par les moyens logistiques municipaux. La collaboration entre services municipaux et associations est généralement de bonne qualité afin que chaque famille en difficulté trouve une réponse appropriée en matière d’aide d’urgence.

Les préoccupations sur ce thème ont-elles toujours été si importantes? En quoi, les thèmes de préoccupations ont-ils évolué en 30 ans ? Quelles sont ces nouvelles préoccupations ?

Naturellement, la pauvreté a toujours existé dans notre pays. Mais il est parfaitement clair que le recul de la pauvreté a été spectaculaire jusque dans les années 80, avec notamment la croissance et la résorption des bidonvilles. Depuis, elle s’est progressivement réinstallée et fait désormais partie du panorama habituel de tout élu local, avec parfois des personnes en situation administrative inextricable, dont on ne peut pas dire que l’administration d’Etat, si éloignée du terrain à part les quelques services qui restent auprès du préfet, soit toujours consciente. C’est par exemple le cas de personnes étrangères en situation irrégulière, bien que vivant depuis des décennies en France. Ou encore de mères de famille séparées dont le divorce tarde à être prononcé et qui ne peuvent donc pas prétendre à un logement. La complexité administrative croissante – y compris pour accéder aux aides, comme le montre la forte proportion de personnes ayant droit au RSA, mais ne le percevant pas faute d’avoir pu accomplir les démarches adéquates – est un des facteurs principaux de cette inquiétante progression de la pauvreté. D’un autre côté, il est possible que cette complexité soit voulue, car elle permet à l’Etat d’afficher de bonnes intentions tout en en limitant les effets budgétaires …

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par pemmore - 04/03/2014 - 11:43 - Signaler un abus Un maire doit d'abord faire venir des entreprises,

    zac etc, lutter contre la pauvreté commence par ça, faire venir des bailleurs sociaux c'est une fausse solution, on doit privilégier la construction individuelle et procurer du terrain à bâtir à un prix abordable. Chez-moi le dernier est parti 26000 euro, la maison à 100 k euro était possible donc 700 euro de crédit. Pourquoi condamner les Français avec des enfants à rester pauvres toute leur vie en enrichissant les stés d'hlm?

  • Par mich2pains - 04/03/2014 - 19:23 - Signaler un abus Il n'appartient pas aux maires d'endosser ....

    l'immense responsabilité de la Délinquance dans leurs communes ! En effet , que peut bien faire un MAIRE quand les PARQUETS de leur région ordonnent aux forces de l'ordre de relâcher immédiatement "tous délinquants ayant commis un vol d'un montant inférieur à ....300 euros" ? NB: réécoutez la déclaration publique du Général de Gendarmerie Bertrand SOUBELET , interrogé par une Commission d'enquête Parlementaire sur " La Lutte contre l'Insécurité " ! E. D.I.F.I.A.N.T !!!! La triste réponse est : RIEN ! (merci la G000CHE et la TOBY-RAT) C'est par nos votes UTILES pour choisir nos députés que nous pourrons remettre de l'ordre dans nos LOIS !

  • Par stack - 05/03/2014 - 01:04 - Signaler un abus HA

    un maire se doit de protéger sa commune et ses habitants comme un père le fais pour sa famille.(a faire car cela n'est pas fais) pour le reste le maire en fonction de son parti appliquera les hausses d'impôts qui lui sont administrés............

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Philippe Laurent

Philippe Laurent est maire de Sceaux et, depuis novembre 2014, secrétaire général de l'Association des maires de France.

Il est l'auteur de Décentralisation, pour en finir avec les idées reçues (LGDJ / 2009).

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€