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Débat sur les réfugiés à l'Assemblée : comment Hollande espère piéger la droite

Le chef de l’Etat a annoncé lundi 7 septembre qu’un débat sur les réfugiés aurait lieu le 16 janvier à l’Assemblée. L’opposition, très divisée sur la question, va avoir du mal à parler d’une seule voix. D’autant que l'approche des élections régionales a tendance à durcir les prises de position.

Coup fourré

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Débat sur les réfugiés à l'Assemblée : comment Hollande espère piéger la droite

Si seulement les électeurs n’étaient pas là, tapis dans l’ombre, prêt à brandir leur bulletin de vote. Si seulement le spectre des élections ne se profilait pas à l’horizon.  Si seulement le FN ne menaçait pas de voler encore quelques points supplémentaires aux Républicains. Si seulement. En proposant, lundi, lors de sa conférence de presse de rentrée, la tenue d’un débat à l’Assemblée Nationale sur la question des réfugiés, François Hollande a tendu un joli piège politique à l’opposition. Ce débat, sans vote a-t-il été précisé aux différents groupes parlementaires, qui aura lieu le 16 septembre à l’issue des questions d’actualité, n’avait aucun caractère obligatoire.

Celui de la veille qui portera sur une éventuelle intervention en Syrie est une nécessité inscrite dans l’article 35 de la constitution, en revanche, la France peut décider, sans consulter le Parlement, d’accueillir en France les 24 000 nouveaux réfugiés annoncés lundi par le locataire de l’Elysée.

C’est, en réalité, un joli coup politique que vient de jouer là le président de la République. Alors que la majorité est, pour une fois, plutôt unie sur le sujet, l’opposition  elle, risque de devoir étaler au grand jour ses divisions. En effet, quoi de commun entre une Nadine Morano qui twittait, le 3 septembre dernier : "Quotas obligatoires, la France et l'Allemagne vont-elles assurer aussi les transports pour venir en Europe ?" et renchérissait, le lendemain sur RMC, "Les quotas vont  inciter les migrants à traverser encore plus [nombreux] au péril de leur vie". Un Alain Juppé qui juge le chiffre de 24 000 réfugiés annoncé par François Hollande "modéré et acceptable" et annonçait lundi que la métropole bordelaise allait d’engager pour accueillir sa part de familles. En passant par François Baroin et Xavier Bertrand qui refusent d’accueillir le moindre réfugié dans leurs villes ou Nicolas Sarkozy qui comparait le 18 juin l'afflux de migrants en Europe à une grosse fuite d'eau avant de modérer son discours, à La Baule où il rappelait : "le statut de réfugié politique fait partie de l’identité nationale française". Les Républicains s’en vont, sur cette question, en ordre divisé. Qu’ils se situent au centre ou à droite de l’échiquier, qu’ils soient élu local ou national, implanté dans le sud-est  et le nord-est de la France ou dans le grand ouest, leur discours varie du plus ferme au plus ouvert.

En effet, la campagne des régionales, qui commence à battre son plein, change la donne. La partition qu’il siérait de jouer à Paris n’est plus audible localement. Même depuis la publication de la photo du jeune Aylan, une majorité de Français (55%) estiment encore que la France ne doit pas imiter l’Allemagne en assouplissant les conditions d’octroi du statut de réfugié aux migrants, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd’hui en France paru dimanche. "Les candidats vont vraisemblablement avoir des positions plus radicales que les autres", explique-t-on à l’Assemblée. Sur la question des réfugiés, le fossé qui existe entre les élites et ce que Jean-Pierre Raffarin nommait la France d’en bas, semble plus large que jamais.  C’est d’ailleurs sans doute l’une des raisons qui a poussé François Hollande à refuser, dans un premier temps, les quotas proposés par la commission européenne. L’émoi médiatique provoqué par la parution de la photo du jeune garçon a eu raison de ses réticences. Aspirés par la vague, les représentants des Républicains ont suivi le même chemin, d’Alain Juppé à Nicolas Sarkozy, tous ont assoupli leur discours. Seul Bruno Le Maire se démarque. Tout en ne remettant pas en cause le droit d'asile, il préfére "inciter les migrants à trouver d'autres solution que l'exil" et insiste sur la nécessité d’une intervention au sol. Il espère, sans doute, ainsi de ne pas se couper de cet électorat populaire qu’il tente de séduire. Les candidats aux élections régionales risquent d’être dans la même logique, au premier rang desquels Laurent Wauquiez qui, ce mercredi matin sur France Info, s'est prononcé pour un accueil momentané des réfugiés.

 
Commentaires

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  • Par joke ka - 09/09/2015 - 09:51 - Signaler un abus " le fossé qui existe entre

    " le fossé qui existe entre les " zélites"(médias,politiques,people) et la France d’en bas " qu'elles méprisent devient un gouffre " le peuple ne croit plus en leurs mensonges arrogants de plus en plus grotesques nous sommes dans un simulacre de démocratie où une forte partie de la population n'a pas de représentants au parlement pour arriver au pouvoir,les politiques font des promesses auxquelles eux mêmes ne croient pas et qui ne seront jamais tenues le déni sur les problèmes sociétaux que vivent nos compatriotes les exaspère ...les donneurs de leçons pullulent sur nos ondes et c'est devenu insupportables ,à croire qu'ils sont sélectionnés à qui sera le plus " bienpensantdroitdelhommiste "pour avoir l'occasion de blablater à la TV ou la radio le pouvoir est obligé de faire vivre les journaux propagandistes à coup de subventions payées par le contribuable à son insu!!!! seul Valeurs Actuelles a encore un certain crédit chez nos compatriotes

  • Par vangog - 09/09/2015 - 11:12 - Signaler un abus Je ne sais pas comment ils font leurs statistiques...

    ...mais lorsque j'interroge les Français autour de moi, je constate qu'ils sont plus de 90% à refuser de nouveaux clandestins, qui ne reviendront jamais dans leur pays d'origine. Seuls les faux-caritatifs dhimmis et les écolo-trotskystes souhaitant la chute de la République et qui crient plus fort que tous les autres, souhaitent cet accueil. Les adhésions au parti des patriotes sont en hausse sensible, de la part de nombreux Républicains! La France a accueilli son lot de réfugiés du Maghreb et elle l'a mal fait. Le Front National permettra cette assimilation des immigrés aux valeurs de la patrie, en réformant l'Education Nationale et le système judiciaire, en imposant la République aux zones de non-droit. D'ici là, il est impossible d'en absorber d'avantage, sans mettre gravement en péril la France!

  • Par l'enclume - 09/09/2015 - 11:35 - Signaler un abus Tu l'as dit bouffi

    vangogo - 09/09/2015 - 11:12 - Toujours les mots pour rire. Et patati, et patata, et que et que.

  • Par l'enclume - 09/09/2015 - 11:37 - Signaler un abus Lâchez nous les baskets, merci

    Madame Christelle Bertrand, c'est une obsession pour vous la droite. Oseriez vous nous faire croire que tous les élus de gauche s'entendent comme larrons en foire, sur ce sujet ô combien épineux.

  • Par Leucate - 09/09/2015 - 12:48 - Signaler un abus Enfumer la droite ?

    C'est une affaire interne entre le PS et son aile droite dite "républicaine", qu'ils se débrouillent entre eux, de toutes façons la France sera encore perdante. Ils devraient d'ailleurs fusionner et recréer la Gauche Unie, ça serait plus clair. Et puis une séance en Janvier pour blablater d'immigration ... combien d'immigrés-migrants-réfugiés-djhihadistes seront déjà installés chez nous d'ici là ?

  • Par Texas - 09/09/2015 - 14:35 - Signaler un abus Les Chambres devraient être...

    .....consultées en préalable , pas a posteriori , sur ces questions qui mettent en cause les finances de l' Etat , et son avenir politique . Point /

  • Par Liberte5 - 09/09/2015 - 14:50 - Signaler un abus Que c'est dur de s'opposer à la gauche, quand on est de gauche!

    Les républicains sont coincés. Comment faire semblant de s’opposer quant on est pour. Et puis les Français n'en veulent plus des clandestins. Si nous avions limité à 50000 au lieu de 200000 le nombre d'immigrés depuis 30 ans, nous pourrions aujourd'hui est plus accueillant.

  • Par cloette - 09/09/2015 - 15:14 - Signaler un abus c'est son truc

    en effet essayer de " piéger " , mais " Tel est pris qui croyait prendre " dit l'adage

  • Par emem - 09/09/2015 - 15:47 - Signaler un abus Erreur

    16 septembre et non 16 janvier évidement

  • Par langue de pivert - 09/09/2015 - 16:32 - Signaler un abus Laissez la gauche jacter seule : elle fait ça si bien ! ☺

    §§§§ Ce débat, sans vote a-t-il été précisé aux différents groupes parlementaires, qui aura lieu le 16 septembre à l’issue des questions d’actualité, n’avait aucun caractère obligatoire. §§§§ Le mieux pour la droite serait de ne pas participer à ce débat ! De laisser la gauche jacter toute seule ! Un débat sans vote pour une décision prise unilatéralement et allant à l'encontre du souhait de la majorité des citoyens : quel intérêt ? Ne pas participer à ces débats inutiles sera d'une redoutable efficacité quand les problèmes résultants de cette décision stupide seront à la une ! (attentats commis par des envahisseurs, bilan des couts sur le budget, tensions sociales etc) La gauche - qui décide toute seule prend ses responsabilités toute seule - et prendra seule le boomerang dans les dents le moment venu !

  • Par raslacoiffe - 09/09/2015 - 16:37 - Signaler un abus Madame BERTRAND encore!!!

    Elle nous exprime dans son propos liminaire toute l'admiration qu''elle porte à l'Audacieux. Décidément les vacances ne lui ont pas changé le logiciel. Elle se délecte toujours autant de ce qui peut faire trébucher la droite républicaine. Ses stéréotypes sont lassants. Atlantico SVP épargnez nous de sa prose stérile. Le sujet est suffisamment grave pour qu'il soit traité objectivement.

  • Par jurgio - 09/09/2015 - 22:17 - Signaler un abus Pour parodier Brassens :

    « Quand il s'agit de taper Hollande, tout le monde se réconcilie » (fin de citation)

  • Par Ganesha - 10/09/2015 - 03:00 - Signaler un abus Victoire Triomphale de Marine Le Pen ?

    Pour autant que l'on puisse prévoir, il semble logique de penser que lors des régionales de décembre, les crapules PS-Ripoublicains vont être laminés ! Le parti de Marine Le Pen va se retrouver avec une majorité historique des voix !

  • Par Mike Desmots - 10/09/2015 - 08:17 - Signaler un abus Pourquoi les medecins recherchent les causes d'une maladie ...?

    et les journalistes commentent que les résultantes ...? car dans cette affaire de migration ...à l'origine c'est bien un problème arabo/arabe ...! alors que l'UE en l'urgence ,fasse preuve d'humanité en recevant temporairement ces réfugiés soit...Mais c'est scandaleux ! pas un politique interpelle la Ligue Arabe ...! pour une réunion au sommet afin de négocier un plan de répartition, ,pour gérer le reflux ,vers les pays arabes frères non en guerre , qui seront sans doute généreux pour recevoir leurs frères depuis le Maroc ...jusqu' aux Emirats....

  • Par l'enclume - 10/09/2015 - 11:47 - Signaler un abus Sale coup pour le F. Haine

    Ganesha - 10/09/2015 - 03:00 - Parmi les crapules, vous avez oublié Marine Le Pen, dorénavant c'est la troïka : Sarko le tricheur, Hollande le menteur et Marine Le Pen la voleuse.

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Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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