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David Cameron a-t-il vraiment dans l’idée de faire sortir le Royaume-Uni de l’Europe ?

Alors que les Britanniques rejettent en bloc l'intégration politique européenne, le Premier ministre David Cameron a relancé lundi l'idée d'un référendum afin de renégocier les liens entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Une posture politique qui pourrait conduire les Britanniques à se séparer de l'Europe...

European or not ?

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Atlantico : Alors que les Britanniques rejettent en bloc l'intégration politique européenne, le Premier ministre David Cameron a relancé lundi l'idée d'un référendum afin de renégocier les liens entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Pensez-vous que le Royaume-Uni puisse vraiment quitter l'Europe ?  

Jean-Paul Révauger : Deux problèmes se posent. D'un côté, ce que David Cameron souhaite pour l'Europe, et de l'autre ce que souhaite le peuple Britannique, d'où le référendum. Ce dernier est en réalité un problème de politique interne. L'organisation d'un référendum en Grande-Bretagne est principalement actée pour résoudre une question politique, et non une question stratégique.

Il y a eu un premier référendum sur l'Europe en 1975. A l'époque, il était question du maintien du pays dans le marché commun. Ce référendum a été gagné par ses partisans, avec plus de 60 % d'avis favorable.  

A la même époque, les entreprises les plus dynamiques s'étaient mobilisées en faveur du marché commun. Les choses étaient alors plus simples. Le gouvernement des travaillistes porté par Wilson avait plus de faciliter à marginaliser la gauche salutaire au retrait du marché commun. Le référendum était un moyen pour le premier ministre Harold Wilson de résoudre un problème interne au parti travailliste.

Actuellement, les Conservateurs ont deux problèmes. Sur les questions européennes, le parti est principalement divisé. Au sein même du parti, il y a un groupe favorable à un approfondissement de l'intégration européenne. En outre, le quotidien des affaires, the Financial Times, est favorable à une plus grande intégration, voire même l'idée d'un certain fédéralisme. Pour autant, le parti conservateur (et surtout son électorat) pourrait être désigné comme euro-sceptique. Le parti se retrouve ainsi, menacé par son propre électorat d'un côté, et de l'autre, il doit faire face à sa propre coalition avec les leaders démocrates favorables au fédéralisme européen

Le Parti conservateur pencherait donc vers le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP)

Le Parti conservateur doit rester aux affaires. En parallèle, il doit gérer deux tendances d'opinions totalement contradictoires. Tout d'abord des fédéralistes, puis des individus qui sont (depuis les origines) hostiles à l'intégration. En 1960, le Premier ministre, Harold MacMillan, a décidé d'inverser totalement la politique britannique à l'égard du marché commun. Il était conscient que la Grande-Bretagne devait poser sa candidature pour entrer dans le marché commun. Dans cette optique, MacMillan a forcé la main aux députés conservateurs et son électorat.  

Les Britanniques doivent tirer un maximum de bénéfices de l'Union européenne sans s'engager dans des réformes politiques. La Grande-Bretagne ne veut pas de perte de souveraineté. La situation économique du pays est assez tendu. Le chômage est de plus en plus difficile à contenir. L'idée de poser la question au peuple peut permettre à David Cameron d'apparaître comme un homme politique qui interroge les électeurs, et qui n'est pas dogmatique

A l'heure actuelle, l'opposition entre pro / anti européen est si forte, qu'elle annihile la population qui ne comprend pas la position du gouvernement. Le référendum permet ainsi aux électeurs de prendre une décision.

Les Britanniques vont donc rejeter le fédéralisme et l'Europe ?  

Tout à fait. Même s'ils n'ont aucune envie de sortir de l'Union Européenne. Ils désirent être le plus proche de l'Union et de l'intégration économique (libre circulation des biens, des capitaux), sans toutefois participer à l'intégration politique.

Si le fédéralisme s'accentue en Europe, alors je pense qu'un référendum pour sortir de l'Europe sera possible 

 
Commentaires

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  • Par Rhytton - 03/07/2012 - 09:00 - Signaler un abus Filons a l'anglaise...

    Le bateau coule, les rats quittent le navire. Ne nous etonnons plus de cette belle mentalite.

  • Par letroll - 03/07/2012 - 12:55 - Signaler un abus UK : notre meilleur ennemi :-)))

    l'Angleterre veut juste profiter de avantages de l'Europe sans s'impliquer . Les anglo-saxons ont toujours rêvé d'un grand marché sans défense et avec un minimum de lois pour y faire ce que bon leur semble ... le rêve est en train de leur échapper.

  • Par NicoLondon - 03/07/2012 - 13:09 - Signaler un abus Pas de sentiment européen

    J'habite en Angleterre et je peux témoigner de l'absence totale de sentiment européen. Il n'y a pas à dire si c'est bien ou pas, c'est juste comme cela. La Grande-Bretagne est une île et c'est comme cela. L'Europe c'est le continent et c'est un autre. Je pense qu'un divorce à l'amiable est clairement la meilleure solution pour tout le monde, et permettra une coopération sur des bases plus saines (sans malentendus).

  • Par De France et de plus loin - 03/07/2012 - 13:23 - Signaler un abus Et dès que ça ira mieux, ils

    Et dès que ça ira mieux, ils reviendront frapper à la porte. Ils ont déjà fait le coup à l'époque de Churchill. En tout cas, s'ils croient que leur relation avec les USA leur permettra de compenser, ils rêvent.

  • Par fms - 03/07/2012 - 18:33 - Signaler un abus maturité politique

    Si une organisation politique est capable de séparer d'un de ses membres sans heurts, c'est une belle preuve de maturité politique et de respect démocratique. Que ferait les français si les savoyards ou les bretons décidaient de devenir indépendants ? Ce que n'aborde pas l'article même de manière succincte sont les avantages et inconvénients qu'en retirerait l'UE et la GB, en terme économique, politique et sécuritaire. La GB deviendrait-elle un passager clandestin de l'UE ? Les pays de l'UE conserveraient-ils des accords bilatéraux ou ceux-ci se feraient-ils au niveau européen ?

  • Par LeditGaga - 03/07/2012 - 23:55 - Signaler un abus Des insulaires !

    Il est normal de voir des Insulaires réclamer une certaine autonomie, la France a sa Corse, voire ses DOM-TOM, l'Europe a sa Grande-Bretagne et, si ces derniers parviennent à se détacher de cette entité despotique, alors tant mieux pour eux...la plupart des Français regretteront bientôt de n'être pas nés de l'autre côté du Chanel !

  • Par Ganesha - 04/07/2012 - 05:16 - Signaler un abus Referendum

    Organisons un referendum en France, en Espagne, en Italie et quelques autres pays, et posons la question : êtes vous satisfait de la façon dont la communauté européenne fonctionne et des orientations que vous lui voyez prendre actuellement ?

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Jean-Paul Révauger

Jean-Paul Révauger est responsable du Master recherche langues du parcours Europe contemporaine et directeur de l’UFR d’anglais de l’Université de Bordeaux III.

Il mène des travaux dans les domaines de la politique sociale britannique, des comparaisons entre la France et la Grande-Bretagne, et de la confrontation des modèles européens de politique sociale avec d’autres problématiques en dehors de l’Europe, en particulier dans la Caraïbe anglophone.  

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