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Dans quel pays faut-il acheter sa maison de vacances pour faire le meilleur investissement ?

Qui ne rêve pas d'une maison de vacances en Espagne, en Grèce, en Floride ou, pour les plus fous d'exotisme, en Polynésie ? Une étude de l'OCDE, couvrant une décennie, s'est intéressée au rapport le plus intéressant entre le prix du marché et la rentabilité de l'investissement à long terme. La sécurité juridique et politique, ainsi le niveau sanitaire sont des critères à ne jamais négliger, si l'on souhaite une maison secondaire rentable, en plus d'être agréable.

Le trésor sous les cocotiers

Publié le - Mis à jour le 19 Février 2016
Dans quel pays faut-il acheter sa maison de vacances pour faire le meilleur investissement ?

On peut parier sur des îles de Polynésie française ou aux alentours. Crédit Flickr/ Selden Vestrit

Atlantico : Si l'on veut s'acheter une maison secondaire à l'étranger, où doit-on investir ?

Philippe Crevel : La première question est de savoir si c'est pour l'agrément, pour les vacances ou un bon placement financier.

Si on cherche les deux à la fois, l'équation est la suivante : il faut une sécurité politique, juridique et sanitaire, des facilités de transports pour y accéder, et un marché immobilier pas trop élevé, avec un potentiel de hausse, ainsi qu'une capacité à rapatrier l'argent légalement et sans problème.

Dans l'espace proche de la France, on va être tenté par l'Europe du sud, qui offre à la fois la sécurité politique et juridique, des conditions sanitaires de bon niveau, et des facilités de transport en général. Dans ces pays, on retrouve le Portugal et l'Espagne en particulier. L'avantage du Portugal, pour un retraité, c'est qu'on peut y défiscaliser sa retraite pendant dix ans. Le marché de l'immobilier a connu une certaine augmentation puis une baisse pendant la récession. Les prix restent relativement abordables, avec un potentiel de hausse possible à terme. L'Espagne a connu une très forte chute après une hausse quasi-ininterrompue dans els année 1990 et 2000. Les prix sont devenus plus abordables après le krach immobilier après 2008, surtout après 2011. Il y a des bonnes affaires. L'économie est repartie, avec un fort taux de croissance. On peut espérer un placement intéressant à long terme.

En sortant de l'Europe, le Maghreb a-t-il perdu de son attractivité après le printemps arabe ?

Le Maghreb a perdu plusieurs de ses attraits. D'abord, un problème de sécurité. Deuxièmement, des problèmes de transport, même s'il existe des liaisons régulières. Troisièmement, le marché avait beaucoup augmenté, en particulier à Marrakech. On peut avoir maintenant quelques craintes. Les évènements politiques peuvent entraîner des chutes de l'immobilier. Il faut aussi faire attention à la sécurité juridique, car les différences sont importantes au niveau du droit, et aussi sur le plan de la sécurité sociale, car on n'est plus couvert par le système européen de sécurité sociale. Cela peut poser problème, même si au Maroc, le niveau sanitaire est correct dans les grandes villes.

La Turquie a connu une hausse de 19% du prix de l'immobilier en 2015 ? Une hausse aussi rapide devrait-elle inciter à investir ?

La Turquie a une forte croissance, mais aussi une forte inflation. Le contexte économique turc fait que les prix ont tendance à s'envoler fréquemment. Cela reste un marché assez spéculatif. Si quelqu'un veut investir en Turquie, il vaut mieux être un fin connaisseur du pays. De plus, le pays se trouve désormais à proximité d'une zone de tensions. Des mouvements politiques et religieux intégristes peuvent commettre des attentats. Même s'il n'y a pas de risque de déstabilisation de la Turquie pour le moment, du fait de son gouvernement fort et de son armée forte, ça reste compliqué politiquement sur le long terme.
 

 
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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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