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Croissance russe : le bilan contrasté des Poutinomics

Alors que Vladimir Poutine vient de traverser lors des quatre dernières années de vrais obstacles économiques, qu'il s'agisse des lourdes sanctions imposées par les Occidentaux ou du krach pétrolier de 2014, il semble avoir traversé la tempête et parait en position de force à la veille d'une élection présidentielle qu'il devrait remporter très sereinement

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Publié le - Mis à jour le 23 Février 2018
Croissance russe : le bilan contrasté des Poutinomics

Alors que Vladimir Poutine vient de traverser lors des quatre dernières années de vrais obstacles économiques, qu'il s'agisse des lourdes sanctions imposées par les Occidentaux ou du krach pétrolier de 2014, il semble avoir traversé la tempête et parait en position de force à la veille d'une élection présidentielle qu'il devrait remporter très sereinement. Quels sont les fondements des "Poutinomics", ce vecteur de stabilité de Poutine en Russie ?

Les sanctions ont constitué un obstacle pour les grands groupes tournés vers l'export que sont les entreprises du complexe militaro-industriel et du secteur énergétique. L'interdiction pour ces dernières d'emprunter à plus de 90 jours sur les marchés internationaux a nui à leur développement. 

Mais bien plus que les sanctions c'est la chute des cours du brut qui a impacté l'économie russe.

On est passé d'un baril aux alentours des 100 dollars à la mi-2014, à un baril qui n'en valait plus qu'une trentaine début 2016. Pour l'économie russe, dont le pétrole représente 40% des exportations, le coup a été rude. C'est -essentiellement- ce qui a provoqué la chute du rouble, laquelle a fortement impacté le niveau de vie des Russes. Les gens ont accusé le coup. La vie, notamment dans les provinces, plus impactées, est devenue plus difficile encore. 

Mais les Russes ont une capacité de résilience que nous n'avons plus. Ils ont serré les dents et fait le dos rond. L'inflation a dépassé les 15% en 2015 ? Elle dépassait les 90% en 1999, lorsque Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir et les 2660% en 1992 lorsqu'Eltsine, coqueluche des Occidentaux, mettait en place sa thérapie de choc sous la houlette des conseillers de Goldman Sachs. Les Russes souffrent, grognent. Mais ils en ont connu d'autres, si vous me permettez l'expression. Et cette patience paie. 

Aujourd'hui les cours du brut sont repartis à la hausse. Le baril d'Oural se négocie actuellement  à 62 dollars. Depuis le pic le plus bas, il a donc doublé. La Russie continue d'exporter son pétrole et son gaz, y compris dans les pays qui se déclarent ses plus farouches opposants. Le secteur énergétique et ses millions de salariés tiennent donc le choc. 

Les industries de défense, qui ont dû faire face à la rupture avec leurs équipementiers ukrainiens et occidentaux, se sont certes retrouvées en difficulté. De nombreux programmes d'armement ont été retardés. Mais cela a contraint le Kremlin à soutenir le complexe militaro-industriel plus que jamais, afin de faciliter l'acquisition de l'autonomie sur les segments impactés. Cela n'a pas encore pleinement payé. Bien des lacunes demeurent. Mais on peut raisonnablement penser que, d'ici 2025, la Russie sortira finalement renforcée, car disposant d'une autonomie stratégique unique en Europe en matière d'armements. Et le complexe militaro-industriel russe a profité du formidable outil marketing qu'ont été les opérations russes en Syrie. Ses exportations d'armes se sont envolées. L'armement, rappelons-le, ce sont également des millions d'emplois qui se voient, de la sorte, sanctuarisés... 

 
Commentaires

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  • Par tananarive - 22/02/2018 - 12:09 - Signaler un abus La voix de Moscou.

    Ou comment soutenir une dictature.

  • Par MP2 - 23/02/2018 - 12:39 - Signaler un abus La voix de Moscou ?

    Et si vous argumentiez un peu au lieu de vous en tenir à de la moraline...

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Philippe Migault

Philippe Migault est auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de la Defense Nationale (IHEDN) et du Centre des Hautes Etudes de l'Armement (CHEAr). Il dirige le Centre Européen d'Analyses Stratégiques (CEAS).

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