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Croissance molle, chômage élevé, inflation anémique : le triangle des Bermudes économique qui empêchera de réussir des réformes en France aussi longtemps que nous y resterons

La maladie française a une source quantitative : un taux d’emploi trop faible, à 65,7% (65,2% selon l’OCDE) des personnes entre 15 et 64 ans, contre 70% aux USA et 75% en Allemagne.

Manque de croissance compétitive

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Croissance molle, chômage élevé, inflation anémique : le triangle des Bermudes économique qui empêchera de réussir des réformes en France aussi longtemps que nous y resterons

 Crédit Reuters

Réformer en France : pourquoi garder secret l’objectif poursuivi ?

Parce qu’il mettrait le feu aux poudres, par ces temps de défense du statut des cheminots (étendu aux employés de bureau à la SNCF), véritable garant de notre « modèle social » ? Disons-le donc : il s’agit d’obtenir plus de croissance en faisant travailler plus de Français, et de Françaises, de manière productive, dans le secteur privé. Pourquoi donc ? Parce que la croissance potentielle qui est la nôtre, entre et 1,5 et 1,7%, ne permet pas d’assurer le paiement de nos dettes publiques et moins encore de nos engagements sociaux : la retraite bien sûr, surtout la formation des jeunes, et de nos engagements écologiques : la transition énergétique notamment.

Mais pourquoi ne pas le dire ? Parce que ce serait mettre l’accent sur une terrible réalité : on consomme d’autant mieux qu’on produit d’autant mieux, et vice-versa. C’est l’offre de qualité, en relation avec une demande de qualité, autrement dit exigeante, qui fait repartir la machine et la maintient constamment sous pression.

Il faut donc augmenter notre production, pour faire repartir la machine économique par l’emploi, réduire d’abord le chômage, puis le temps partiel contraint, puis le chômage caché, tout en rendant ces travaux plus efficaces, par la formation initiale et permanente, dans le nouveau monde que nous vivons. Sans plus de production, nous nous enfonçons, vieux et jeunes - dont on ne nous parle pas. Mais ce supplément de production doit tenir compte des nouvelles technologies, pour les assimiler, et aussi des nouvelles demandes, pour les satisfaire au mieux.

Notre maladie française a une source quantitative : un taux d’emploi trop faible, à 65,7% (65,2% selon l’OCDE) des personnes entre 15 et 64 ans, contre 70% aux USA et 75% en Allemagne. Et aussi une source qualitative, car aussi longtemps qu’on ne favorise pas l’emploi compétitif, celui qui répond à la demande, on n’a rien ! Les rapports offre demande sont permanents, quantitatifs et qualitatifs. Ne pas bien les satisfaire explique notre quadrilatère infernal : 1,5% de croissance en moyenne, 7% de chômage au mieux, 60 milliards d’euros de déficit commercial sur les douze derniers mois et 1700 milliards d'euros dette publique négociable à huit ans de vie moyenne. N’avoir pas assez de « bonne croissance », celle qui passe par la réduction du déficit extérieur puis par un excédent est la base pour réduire nos frais de structures publiques, notre déficit public et notre dette. Et pour avoir plus de croissance, pour soutenir à la fois l’emploi, la productivité et la compétitivité, il faut répondre toujours, et de mieux en mieux, à la demande, en montant en qualité. Et le point d’entrée dans ce cercle vertueux est l’emploi.

 
Commentaires

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  • Par morsang - 09/04/2018 - 10:21 - Signaler un abus le" quatrième" côté du triangle

    N'y a-t-il pas si l'on peut dire un quatriéme côté à ce triangle qui est la dépense publique qui non seulement ne diminue pas mais continue à augmenter allègrement.Certains y voient la principale source des maux qui frappent l'économie en France.D'autre y voient la preuve que nous restons dans une économie socialiste îlot dans un monde capitaliste

  • Par Essen - 09/04/2018 - 18:38 - Signaler un abus Tout à fait morsang

    Une dépense publique toujours plus folle et des taxes qui suivent gentiment car il faut bien financer cette "largesse". Un autre problème, on n'aime pas l'entreprise en France et elle se trouve toujours plus taxée (y compris par ce président étiqueté de droite). Je parle des PME/TPE bien sûr, pas de LVMH ! Or ce sont ces mêmes entreprises qui contribuent à la productivité et la richesse. Et elles se retrouvent étouffées... Tant que l'on verra et considérera ces petits entrepreneurs comme de riches patrons qu'il faut saigner à blanc, je ne vois pas comment nous pourrons être productif

  • Par Anouman - 09/04/2018 - 20:27 - Signaler un abus Bel article

    Si l'auteur n'a rien à dire il pourrait éviter d'écrire des articles. La prochaine fois je lui suggère de parler d'un point précis et de justifier ses positions par des arguments précis et chiffrés, s'il est capable d'autre chose que de banalités.

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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