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Crise du logement : l'autre clé méconnue des populismes

De Marine Le Pen, au brexit en passant par Donald Trump, le populisme se développe dans le monde entier. Au-delà de l'aspect culturel, cette montée du discours et du vote populiste peut aussi s'expliquer économiquement. Notamment à travers le logement, thème qui reste assez peu abordé par les politiques.

Verrous multiples

Publié le - Mis à jour le 31 Mars 2017
Crise du logement : l'autre clé méconnue des populismes

Atlantico : En quoi la difficulté d'accès au logement pour soi ou pour son entourage peut générer une certaine anxiété et est-ce que cela peut avoir un impact sur la sensibilité politique ? 

Pierre Madec : Quand on observe le marché du logement et de l'immobilier, il faut voir de fait qu'il peut être la cause d'un certain nombre de frustrations.

Typiquement, l'exemple le plus criant c'est le logement social. On entend ainsi souvent revenir que 60% des Français sont éligibles au logement social. Ce qui est en partie faux, car cela n'a pas tellement de sens de regarder ce chiffre tel quel quand on sait que 60% des Français sont propriétaires. Et 17 à 18% des Français occupent ces logements sociaux.

Mais le fait est que ce chiffre revient souvent, et pousse les gens à se demander pourquoi ils n'en bénéficient pas : sont-ils trop pauvres, sont-ils pas assez prioritaire ou pas assez d'accointance avec le pouvoir, ce genre de questions se posent régulièrement, et agacent ceux qui ne comprennent pas pourquoi eux se retrouvent à payer un loyer excessivement cher dans le parc privé quand certains « privilégiés » ont de la chance de profiter de ces logements sociaux. Cela crée deux catégories, les insider et les outsider, comme sur la marché du travail : des privilégiés vs les autres. 

Il y a le même problème sur les APL, bien que les effets de seuils soient peu nombreux : certaines personnes vont considérer qu'il y a une injustice. Il y a beaucoup de mythes, mais les gens connaissant mal les réalités du marché se considèrent comme mal loti. 

Pour ce qui est du « parcours résidentiel », on considère qu'il est bloqué. Le fait est qu'il n'a jamais très bien marché. Il y a quelques années, on considérait que naturellement on passait de logement social à logement locatif privé puis propriétaire. Cela n'existe plus car ces trois marchés sont aujourd'hui bloqués. Il y a une prime à ceux qui sont en place. De sorte que quand vous êtes dans le parc social, il y a de telles différences de moyen avec le parc privé que vous n'avez pas les moyens de changer de parc, et que quand vous êtes dans le parc privé, il est au moins tout aussi difficile de devenir propriétaire (c'est de plus en plus compliqué aujourd'hui). Tout cela peut évidemment avoir un impact sur le positionnement politique. 

Il y a cependant un certain nombre de contrevérités. Par exemple quand on laisse entendre que les logements sociaux sont occupés par des étrangers. Plus de 80% des logements sociaux sont occupés et attribués à des Français. 

Si l'on essaye de savoir quelles sont les zones les plus touchées, il faut bien prendre en compte que cela dépend de la composition du parc de logement de chaque ville. Dans certaines villes où il y a beaucoup de logements sociaux, principalement périurbaines (mais pas toutes), on retrouve aussi beaucoup de propriétaires occupants. Dans ces villes est alors sur le parc locatif privé, qui est souvent très restreint. Il s'agit donc des jeunes et des classes moyennes, qui fuient généralement ces villes du fait du peu d'attractivité des lieux.

Le cœur des grandes villes, en revanche, rencontre généralement un problème de prix. Dans ce cas, soit un parc social se développe en conséquence (comme à Paris, avec beaucoup d'effort sur ce point) et on voit le parc locatif privé généralement en pâtir. Et le marché d'accession reste très compliqué d'accès. Là encore, ce sont les classes moyennes qui subissent ces conditions, tant les classes populaires ne peuvent rester ou rentrer. Et il faut qu'il y ait de la rotation dans ces différents parcs, ce qui est rarement le cas. Une frange des ménages est souvent exclues. Ce genre de situation attise les frustrations. A Paris, on craint par exemple qu'il y ait d'un côté le parc privé et les propriétaires et de l'autre un parc social, coupant Paris en deux. Évidemment, ce problème est pris en compte par les pouvoirs publics, mais la crainte fait indéniablement son effet. 

Qu'en est-il si on observe attentivement la situation dans les différentes démocraties occidentales touchées par le populisme ?

Pierre Madec : Le vote populiste a tendance à augmenter partout, et ce indépendamment des tensions qui peuvent exister sur le marché du logement. Le vote populiste augmente dans les pays nordiques, alors même qu'ils disposent d'un système de logement social universaliste, contrairement au notre qui est généraliste, et où les questions de tensions pour accéder au parc social se posent beaucoup moins. Et à l'opposé, il y a l'exemple américain avec la crise des subprimes, avec toutes les saisies de maisons et d'appartements qui ont suivi et qui ont touché beaucoup d'Américains modestes. Cela a certainement eu un impact important sur le vote de Trump. 

Au fond, c'est assez compliqué : les pays du Sud de l'Europe sont plutôt préservés, alors qu'ils ont subi la crise très fortement. En Espagne, il y a eu des procédures d'expulsion, une crise du secteur de la construction, des défauts de paiement des charges... mais la traduction dans les urnes n'est pas la même que celle suivie dans les pays du Nord. Au fond la question centrale est celle de la perception du problème plus que du problème de logement lui-même, et donc est une question au moins autant culturelle qu'économique, et ce même si l'inadéquation de l'offre dans les trois différents parcs est très certainement une source importante de tensions. 

Pour terminer, prenons le cas hollandais : le parc immobilier privé est en effet très élevé, mais le parc « social » est plus abordable et aussi important. Une grande frange de la population est relativement protégée. On ne peut donc pas dire que c'est un facteur explicatif simple du populisme. En revanche, la question de la mobilité et du parcours peut parfois se poser. 

Le manque de proposition des politiques en matière de logement serait-il l'une des clefs du vote populiste ?

Pierre-François Gouiffès : La conceptualisation française qui représente le mieux les territoires marqués plus par un vote populiste (je dirais plutôt protestataire) et qui rencontre l’intérêt public le plus grand tient au travail du géographe Christophe Guilluy, dont le livre de 2014 « la France périphérique » énonce un déchirement entre la France des métropoles (y compris les quartiers sensibles) et une France périphérique délaissée, marginalisée par la mondialisation. C’est la France des zones rurales, des villes moyennes et du tissu périurbain dans un pays en stagnation économique et en chômage de masser. Cela correspond bien à la géographie du vote Trump aux Etats-Unis, aux zones anglaises favorables aux Brexit (pas la même chose en Ecosse, en Irlande et au pays de Galle) et au vote Front National en France.

Le très intéressant article publié par Atlantico en juin dernier sur les résultats de l’élection régionale de 2015 en Ile de France fournissait d’ailleurs une carte (1er tour) et une analyse (2ème tour) tout à fait fascinantes sur la localisation du vote Front National : plus on était aux marches de l’Ille de France, plus on votait Front National.

 

En France le vote populiste se développe grandement. Quel peut-être la responsabilité de la politique du dernier quinquennat en matière de logement, notamment avec la loi Dufflot ?

Pierre-François Gouiffès : La loi Duflot est emblématique de la politique de logement suivi par François Hollande et le gouvernement Ayrault entre 2012 et 2014 : d’une part la volonté de développer le logement social, et d’autre part une politique « tout pour les locataires » par essence défavorable aux bailleurs privés, politique qui s’est traduite par une contribution négative de l’investissement logement à la croissance du PIB et qui a été fortement reprise lorsque Manuel Valls est devenu Premier ministre et redéveloppé des dispositifs favorables à la primo accession (PTZ) et l’investissement locatif (dispositif Pinel).

Je ne vois pas de lien direct entre ces orientations politiques du logement et la montée du vote populiste, si ce n’est en creux. En effet ces politiques, marquées depuis longtemps par le cadre de la politique de la ville et de la rénovation urbaine (les « quartiers ») n’adressent pas l’avenir de la France périphérique où se concentre le vote Front National, zones marquées par la vacance immobilière ou la baisse des prix. Il y a ensuite, mais c’est une affaire de beaucoup plus long terme, l’étiolement de l’économie industrielle et productive de certaines zones face aux métropoles qui tirent leur épingle du jeu, un phénomène infiniment plus brutal qu’en Allemagne qui a su conserver une économie industrielle puissante.

 
Commentaires

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  • Par Djib - 27/03/2017 - 08:41 - Signaler un abus "Plus de 80% des logements sont attribués à des Français"

    Peut-être mais la très grande majorité de ces Français "malgré moi" sont des immigrés. Donc le "ressenti" est bien celui dénoncé par l'auteur de l'article. De plus on nous prend vraiment pour des cons en mélangeant à dessin stock (le nombre d'étrangers en France) et flux (le nombre d'immigrés qui entrent en France chaque année, légalement et illégalement), sachant en plus que le droit de la nationalité faisant la part belle au droit du sol a justement vocation à "résorber" en permanence le stock.

  • Par tubixray - 27/03/2017 - 08:55 - Signaler un abus Merci qui ?

    Nous devons une fois de plus à ce sujet, "remercier" J. Chirac qui a laissé le cout de l'immobilier doubler pendant ses deux mandats alors qu'il n'y a au aucune crise d'aucune sorte .......Cet homme (pour qui j'avais voté NDLR) est la cause de l'appauvrissement des classes moyennes et a trahi ceux qui le croyaient de droite ......Pour les 80% de français, le critère se rapporte à la nationalité et non pas à l'appartenance -revendiquée- religieuse ou ethnique

  • Par goethe379 - 27/03/2017 - 10:27 - Signaler un abus Le mur

    On se heurte à un mur trop souvent. Combien de propriétaires loueraient des logements si ils étaient défendus lors d'impyé et dans les procédures de recouvrement? Il n'y a pas de raison que la location d'un bien immobilier se traite différemment de tout autre bien. En cas de non paiement du loyer, il faudarit l'assimiler au vol. Louez une voiture et ne la rendez pas: vous verrez la suite. Quant à la part d'immigrés dans les HLM, en effet elle est minoritaire...parce qu'heusement les immigrés sont minoritaires. Dès qu'il deviennent français, il ne sont plus comptabilisés. C'est la raison pour laquelle l'Europe avance que nous accueillons peu d'immigré. C'est oublier que depouis un demi siècle, nous accueillons les trop pleins récurrents de l'Afrique.

  • Par lasenorita - 27/03/2017 - 10:31 - Signaler un abus Les ''politiques''

    Nos ''politiques'' n'abordent que peu de thèmes qui intéressent les Français! Dans leur discours (surtout les politiciens ''de gauche'')ils ne pensent qu'à démolir l'adversaire (les montres et les costumes de Fillon) au lieu de faire des promesses afin d'améliorer le quotidien des Français: l'insécurité, le chômage, le logement, etc..

  • Par DANIEL74000 - 27/03/2017 - 10:34 - Signaler un abus SOLUTION

    Le logement comme l'emploi peut se libérer par la volonté de mettre fin à l'électoralisme et à la corruption avec la seule solution démocratique : privatiser les 1000 offices HLM et leurs foncières et Paul Employ. Les pollueurs doivent devenir les payeurs et l'argent public doit être entre les mains de gestionnaires et non d'idéalistes !

  • Par g16 - 27/03/2017 - 11:37 - Signaler un abus Entre un Français qui ne veut

    Entre un Français qui ne veut pas payer et un étranger qui va travailler au noir pour payer son loyer, la ville attribue son logement social à l'étranger.

  • Par paddy1170 - 27/03/2017 - 11:43 - Signaler un abus Sans oublier le coup de Poignard de Nicolas SARKOZY

    qui, pour les Particuliers qui investissent dans le locatif, a porté de 15 à 30 ans le délai à attendre pour récupérer son capital (aujourd'hui aucun investisseur de plus de 35 ans n'investit dans le locatif) auquel s'est ajouté le coup de massue de François HOLLANDE qui a multiplié par 2 la taxation des prétendues plus-values si vous vendez avant 30 ans. Un coup de poignard plus un coup de massue et vous êtes sûr que le marché de l'immobilier locatif privé est mort pour de nombreuses années.

  • Par cavalier26 - 27/03/2017 - 12:08 - Signaler un abus Logement non loués, cause à qui?

    Il y a des milliers de logements non occupés en France, car les bailleurs sont systématiquement catalogués Marchands de sommeil. Trop de risques d'impayés, de dégradations des logements. En cas de squat, en cas de non paiement des loyers, dégradation du logement, pertes énormes pour les proprios et 2 ans de procédures sont nécessaires pour retrouver son bien. La loi Duflot dite aussi ALUR, cette disposition plus que stupide, préparée par une ministre incompétente qui ne connaissait rien au logement. Un petit exemple. Avant Duflot, pour faire un bail très poussé, pour un nouveau locataire, une vingtaine de feuilles étaient nécessaires. Maintenant 60 pages minimum! Les locataires signent le bail sans lire la paperasse. Je le constate fréquemment. Un peu plus de sérénité, une procédure plus rapide lorsque les loyers sont impayés et plus besoin de logements sociaux, plus besoin d'infliger des amendes payées par le contribuable, aux villes qui ne construisent pas les quotas car les propriétaires privés remettront les appartements en état et sur le marché. Sarko avait instauré la GRL, naturellement supprimée par Hollande et remplacée par une stupidité. Visale.

  • Par Loup craintif - 27/03/2017 - 12:13 - Signaler un abus Loyers

    Rendements dérisoires Taxes confiscatoires : Irpp csg impôts fonciers isf avec redressements car pbs d'évaluation impayés Travaux divers Loyers chers pour les locataires mais constitués à 80% de taxes et frais divers Où se situe la "rente immobilière?? PARIS n'est pas toute a France...

  • Par totor101 - 27/03/2017 - 12:18 - Signaler un abus La FRANCE

    Il y a: - la France urbaine .... MAGNIFIQUE ! - la France périurbaine (cela peut aller) - la France périphérique (on commence à en parler...) - la France paumée des campagnes (tout le monde s'en tape et marine en profite ! ! !)

  • Par samsuffit - 27/03/2017 - 12:33 - Signaler un abus les spécialistes habitent ou ?

    80% de Français dans les HLM ! Bien sur, mais 80% de Français de papiers, le reste étant des Français "de souche" en voie de disparition.

  • Par Deudeuche - 27/03/2017 - 12:38 - Signaler un abus @totor101

    Pourvu que l'on ait un revenu, l'esthétique et La qualité de la vie sont 1 La France des campagnes MAGNIFiQUE 2 La France périphérique Villes à taille humaine et charme des déplacements sans embouteillages 3 La France périurbaine, début de l'horreur, lotissement bidons et banlieue hors sols, on peut encore y élever des enfants sans passer pour un associal 4 La France urbaine; Babylone! Multiculturel et arc en ciel, frime et teigne de la solitude au milieu de la foule, impossible d'élever une famille sans délire post sociétal environnant, il faut payer pour tout même pour pisser!

  • Par Leucate - 27/03/2017 - 15:35 - Signaler un abus @Dedeuche

    Pendant toute ma carrière, je me suis débrouillé à chaque nouvelle affectation pour vivre à la campagne dans un village avec des paysans, pas très loin de la ville où je travaillais mais en dehors de la ceinture des cités plus ou moins "européennes". En région parisienne, c'était en Seine et Marne, entre Lagny et Meaux.

  • Par Citoyen Ordinaire - 27/03/2017 - 17:15 - Signaler un abus Mais c'est quoi ?

    Le populisme ?

  • Par totor101 - 27/03/2017 - 17:31 - Signaler un abus @dedeuche

    Le seul (petit?) problème c'est de trouver un travail à distance raisonnable.... Venez voir dans les Vosges, par exemple !

  • Par vangog - 27/03/2017 - 17:46 - Signaler un abus Encore une fois, les commentaires sont plus instructifs

    que le texte du maître...Notamment, Djib a raison dans toutes ses interventions, de stigmatiser le problème des logements accordés en priorité à des étrangers (souvent pour cause d'enfants "faits" opportunément en France, et du sentiment d'injustice qui en découle, pour ceux qui ont accumulé des droits toute leur vie, et se voient refuser l'accès au logement social pour cause de priorité à des étrangers sans aucun droit, mais avec famille de plus en plus nombreuse...Une fois qu'on a individualisé le problème, deux solutions se présentent: faire l'autruche comme la gauche, et asséner qu'il n'y a pas assez de logement social", imposer des amendes de plus en plus fortes aux maires qui partent parfois de très bas, pour cause d'habitudes urbaines différentes de la doxa gauchiste, ce processus mortifère aboutira à une société où 60% des citoyens réclameront que leurs droits au logement social soient honorés...et les 40% restant paieront virtuellement pour eux: une société gauchiste très inégalitaire, donc! Ou faire comme le préconise le Front National: s'attaquer au problème de départ et appliquer la préférence nationale stricte, et même la préférence communale: fin du problème!

  • Par Deudeuche - 27/03/2017 - 20:30 - Signaler un abus @totor101

    Correct, c'est pourquoi j'ai écrit "pourvu que l'on ait un revenu". Je vis dans le massif des Vosges! Et au vécu aussi dans le département du même nom. Parisien d'origine je n'ai jamais compris l'intérêt que l'on pouvait trouver à être entassés les un sur les autres et même dans immeuble du construit au 19eme siècle !

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Pierre-François Gouiffès

Pierre-François Gouiffès est maître de conférences à Sciences Po (gestion publique & économie politique). Il a notamment publié Réformes: mission impossible ? (Documentation française, 2010), L’âge d’or des déficits, 40 ans de politique budgétaire française (Documentation française, 2013). et récemment Le Logement en France (Economica, 2017). Il tient un blog sur pfgouiffes.net.
 

Vous pouvez également suivre Pierre-François Gouiffès sur Twitter

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Pierre Madec

Pierre Madec est économiste au département analyse et prévision à l'OFCE.

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