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Crise humanitaire au Yémen : cachez moi cette famine gravissime imputables à nos alliés saoudiens que nous ne saurions voir

Famine, épidémie de choléra, morts par milliers... Chaque jour le conflit au Yemen fait de plus en plus de victimes. On peut alors raisonnablement s'étonner de la différence d'intérêt, tant diplomatique que médiatique, qu'y portent les pays occidentaux si prompts à condamner les exactions en Syrie.

Deux poids deux mesures

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Crise humanitaire au Yémen : cachez moi cette famine gravissime imputables à nos alliés saoudiens que nous ne saurions voir

Atlantico : Comment peut-on expliquer la différence de traitement et d'attention d'abord diplomatique, puis médiatique, entre les conflits en Syrie et au Yémen ? Quels sont les ressorts de cette double prise de vue alors que dans les deux cas la situation sur place est catastrophique ?

Amir Aslani : Hélas, la realpolitik l’emporte sur tous les autres critères. Le Yémen n’intéresse personne. Le pays le plus pauvre du monde arabe n’intéresse pas les grandes puissances internationales. Le pouvoir d’achat y est très restreint malgré sa population de 29 millions de personnes. Il n’y aucun enjeu économique majeur dans ce pays alors même que sa position géostratégique est des plus importantes avec la ville d‘Aden qui permet un contrôle efficace sur la porte d’entrée de la mer rouge avec le Bâb el Mandeb.

Les pays occidentaux semblent se satisfaire de leur présence à Djibouti, de l’autre côté de la mer rouge à cet égard d’où les drones prennent pour cibles les milices d’Al Qaeda.

L’Arabie Saoudite, qui pour le coup, intéresse tous les pays occidentaux de par ses richesses minières d’hydrocarbures a d’ailleurs tout fait pour isoler ce pays considérant d’après la phrase apocryphe attribuée à Ibn Saoud, le fondateur du royaume, qui aurait dit que le bonheur de l’Arabie passe par le malheur du Yémen. Et pourtant l’Arabie heureuse de Sindbad dont on parle dans les livres est le Yémen et pas l’Arabie Saoudite.

L’absence également de la présence d’une population importante occidentale dans ce pays participe également à le rendre inintéressant. En fait, alors qu’il y a des milliers de djihadistes occidentaux n Syrie, il n’en va pas de même pour le Yémen. L’occident a donc tendance à s’intéresser davantage à la Syrie où l’Europe y dispose de plus d’enjeux, ne serait-ce que dans le combat contre le terrorisme islamiste. La proximité géographique de la Syrie avec l’immigration massive issue de ce pays vers les autres pays du rivage méditerranéen fait que la Syrie occupe le devant de la scène médiatique et diplomatique.

Est-ce que cette différence de regards est généralisable à tous les pays occidentaux ? Comment expliquer ces différences s'il y en a ?

L’indifférence n’est pas généralisable à l’ensemble des pays européens. Les pays nordiques ont en effet un autre regard sur la crise yéménite. Un regard plus proche des réalités de terrain. En effet, alors que les conflits secouant le Yémen représentent le plus grand enjeu humanitaire du moment, si on écarte le sort des Rohingyas de Myanmar, la diplomatie internationale et les médias ont tendance à ne pas y accorder l’attention que la crise mérite. Ceci est due au fait que les autres pays arabes belligérants dans le conflit yéménite sont des alliés importants de certains pays européens comme la France et l’Angleterre avec des enjeux économiques majeurs notamment dans le domaine de l’armement et des infrastructures.

 
Commentaires

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  • Par Deneziere - 10/11/2017 - 20:44 - Signaler un abus L'oeuf ou la poule ?

    Les états sunnites peuvent-ils se laisser en encercler par des forces chiites ? Avant de nous parler de différence de traitement médiatique, parlez-nous des ingérences iraniennes dans la région.

  • Par gwirioné - 10/11/2017 - 23:41 - Signaler un abus Fumiste!

    Article bidon, en particulier pour les chiffres.Le(s) Yemen était sous domination ottomane jusqu'en 1918. Depuis , des guerres internes incessantes incompréhensibles pour les Occidentaux, dues à des relations sociales-tribales très complexes. Il n'y a pas de "bons" ou de "mauvais" partis, seulement des alliances tribales(religions calquées sur les appartenances) appuyées sur des alliances extérieures (se souvenir de Nasser) dont nous n'avons rien à faire.

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Ardavan Amir-Aslani

Ardavan Amir-Aslani est avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient. Il tient par ailleurs un blog www.amir-aslani.com, et alimente régulièrement son compte Twitter: @a_amir_aslani.

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