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Crise financière : trading à haute fréquence, produits dérivés & cie, comment les banques ont perfectionné les techniques qui accroissent le danger

Apparues depuis 2008, le trading à haute fréquence et l'algo trading amplifient des mouvements de marché sérieusement menacés.

2008 et alors ?

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Crise financière : trading à haute fréquence, produits dérivés & cie, comment les banques ont perfectionné les techniques qui accroissent le danger

Chacun se souvient de la période 2007/2008 au cours de laquelle on commença par subir une crise bancaire et financière avant de se rendre compte que cette crise bancaire et financière s’était accompagnée d’une récession majeure dans les pays industrialisés (croissance zéro du PIB mondial en 2009) ; sans qu’il soit possible de discriminer si c’est la fin du cycle conjoncturel des pays développés qui précipita et amplifia l’éclosion de la crise bancaire et financière ou bien si c’est un apurement soudain des excès bancaires et financiers antérieurs qui précipita et amplifia la récession des pays industrialisés.

Huit ans plus tard, on observe à nouveau de très sérieux signaux globaux de détérioration de la conjoncture mondiale : effondrement historique du prix de la plupart des matières premières (environ -65% par rapport à leurs points hauts antérieurs) ; effondrement du prix du fret maritime ; stagnation prolongée du commerce international en volume ; panne, généralisée et prolongée, de l’investissement industriel et minier ; retournement à la baisse des ventes et des résultats des sociétés cotées américaines.

Et cela s’articule avec d’autres évolutions préoccupantes, pays par pays, zone par zone : la Chine (18% du PIB mondial) est dans un ralentissement majeur et continu (de 9,5% en 2011 à 4% en 2015 selon notre estimation) ; deux grands pays, la Russie et le Brésil, ont déjà subi deux années de récession marquée ; quelques grands pays sont déstabilisés, à un titre ou à un autre, comme le Venezuela, l’Argentine, la Turquie, le Kazakhstan, l’Afrique du sud ou l’Ukraine ; le Japon et les pays européens, en dépit même d’une forte dépréciation de leurs monnaies contre dollar  et de taux d’intérêt maintenus proches de zéro, n’ont toujours pas amorcé une vraie reprise ; enfin la conjoncture des Etats-Unis inquiète tous les observateurs un peu sérieux (la Federal Reserve d’Atlanta s’attend à une croissance du PIB limitée à 0,2% entre le troisième et le quatrième trimestre 2015).

Cela s’articule aussi avec une crainte majeure des investisseurs : si la conjoncture en Chine échappe au contrôle de Pékin pour continuer à s’affaiblir, le Parti Communiste Chinois risque fort de décider une dépréciation du yuan plus significative : à ses yeux, cela présenterait le mérite d’accentuer la progression des exportations de la Chine et de soutenir la croissance de son PIB. Aux yeux des investisseurs, il n’en va pas du tout de même : une nouvelle dépréciation du yuan déstabiliserait davantage encore l’économie du reste du monde (pays développés comme pays exportateurs de matières premières).

Déjà, le marché boursier mondial a commencé à réagir à cette accumulation d’adversités ; il est désormais admis qu’au niveau mondial, nous sommes déjà entrés dans un bear market (recul de plus de 20% depuis le point haut récent).

 
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Antoine Brunet

Antoine Brunet est économiste et président d’AB Marchés.

Il est l'auteur de La visée hégémonique de la Chine (avec Jean-Paul Guichard, L’Harmattan, 2011).

 

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