Jeudi 17 mai 2012 | Créer un compte | Connexion RSS 
 

Dettes publiques

Publié le 19 avril 2011 - Mis à jour le 21 avril 2011

La vraie crise est devant nous

L’agence de notation Standard & Poor's a annoncé ce lundi qu'elle faisait passer la perspective d'évolution de la note de la dette américaine de "stable" à "négative". Une décision qui sonne comme un avertissement et fait écho aux récentes dégradations des dettes européennes en Grèce, en Irlande ou au Portugal. Après la crise économique et financière de 2008, nous dirigeons-nous vers une crise de la dette publique ?

 
Nous entrons de plein pied dans la crise des dettes publiques, simultanément aux États-Unis, en Europe et au Japon…

Nous entrons de plein pied dans la crise des dettes publiques, simultanément aux États-Unis, en Europe et au Japon… Crédit Reuters

Après la crise des dettes privées, symbolisée par la faillite de Lehman Brothers en 2008, nous entrons de plain pied dans la crise des dettes publiques, simultanément aux États-Unis, en Europe et au Japon…

Les États menacés par la dette

Jusqu’ici, un incorrigible optimiste pouvait penser que les États s’accommoderaient des montagnes de dette publique accumulées depuis la crise des subprimes de 2008 pour renflouer le secteur bancaire et soutenir la conjoncture. Désormais ce n’est plus possible, les faits ont parlé : l’agence de notation Standard & Poor’s a « osé » mettre, le 18 avril, la note de la dette des États-Unis sous « surveillance négative », c'est-à-dire que le triple A sera perdu dans les deux ans si le pays ne redresse pas la barre. En pleine période électorale, l’espoir est mince.

Le même jour, les bourses européennes prenaient conscience, en chutant lourdement, que la Grèce, l’Irlande et le Portugal ne pourraient pas rembourser toutes leurs dettes et que la restructuration devenait inévitable. Ce défaut partiel entraînera de sévères pertes dans les bilans des banques européennes, les États devront, une fois de plus, venir à leur rescousse, mais pourront-ils emprunter encore plus sur les marchés ? Ne parlons même pas de l’Espagne, également en difficulté, et n’oublions pas le Royaume-Uni où la croissance patine. Enfin, le Japon, déjà surendetté avant la tragédie du tsunami et la catastrophe de Fukushima, lutte pour éviter la récession.

Risques d'inflation et de turbulences

Que faire ? La planche à billets (l’État s’endette et se finance en faisant racheter ses obligations par la banque centrale) ? Mais elle tourne déjà à plein régime aux États-Unis, au Japon et, dans une moindre mesure, en Europe pour les pays en difficulté ! Et cette création monétaire débridée commence à se transformer en inflation, chacun peut le constater en faisant ses courses ou le plein d’essence.

La reprise ? Faiblarde et artificiellement soutenue par les dépenses publiques et des taux d’intérêt maintenus au plancher par les banques centrales, entre 0 (Etats-Unis, Japon) et 1,25 (Europe), elle n’offre pas de planche de salut.

Nous entrons donc inéluctablement dans la deuxième phase de la crise, celle des dettes publiques, dont les répercussions s’étendront à l’ensemble du secteur financier puisqu’il les détient dans ses comptes, puis à toute l’économie. Cette fois les épargnants ne seront peut être pas sauvés, disons le clairement, ni la récession évitée. Quel grand ensemble économique (États-Unis, Europe, Japon) craquera le premier ? Assisterons-nous à une guerre des monnaies (dévaluations compétitives) ? Aurons-nous un krach type Lehman ou une lente et profonde dégradation ? L’histoire n’est pas écrite mais elle est sombre.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par gabriel75015 - 20/04/2011 - 11:01 - Signaler un abus La contamination des dettes publiques

    Dans l'hypothèse d'une crise internationale des dettes publiques, les créanciers de la dette française (82 % du PIB) pourraient demander plus tôt un remboursement.
    Bien évidemment, l'Etat ne pourra honorer ses engagements, puisque à l'heure actuelle, nous empruntons afin de payer la charge de la dette (45 Mds par an).

  • Par gabriel75015 - 20/04/2011 - 10:55 - Signaler un abus Grandes différences

    Contrairement à l'Europe, la dette publique des USA et du Japon est détenue respectivement par 25 et 100 % des habitants.
    Ce sera donc l'épargne des populations qui servira de variable d'ajustement.
    En France, notre dette est détenue à 62 % par des non -résidents (fonds souverains, fonds de pensions...).

  • Par sarlatg - 19/04/2011 - 17:23 - Signaler un abus Europe et Etats-Unis, des situations complètement différentes

    Oui, les USA font partie, avec le UK, l'Irlande, le Portugal et la Grèce (tiens, tiens...), des pays dont le ratio (dette publique + dette des ménages) / PIB dépasse les 200%.
    Mais le $ a un statut à part et les US ont démontré une volonté de solutionner le problème : ils ont laissé mourir une banque et ils programment la fin de leurs subventions au crédit immobilier
    www.guillaume-sarlat.fr

  • Par slavkov - 19/04/2011 - 15:47 - Signaler un abus déjà vu ...

    ... malgré les optimismes affichés dans les sphères irresponsables du "politico-médiatiques" nous n'avons pas encore payé cette crise ...

  • Par NOVY12 (non vérifié) - 19/04/2011 - 14:44 - Signaler un abus OH ! BAMA !!!

    14.000 Milliards de Dollars cela fait sauf erreur 140 % du PIB US !!!
    Peut être plus depuis la crise financière....
    L'agence de notation US a osé cette fois ! Est ce un acte de courage
    ou l'annonce obligatoire du début de la fin !!

  • Par piano - 19/04/2011 - 13:54 - Signaler un abus Incroyable ! Je crois que les premiers articles concernnant le

    déficit structurel américain et les dangers qu'il représente pour l'ensemble du monde datent de 1995. C'étaient les premières (?) critiques du soutien à l'économie par le crédit (Reagan/Bush/Greenspan).
    L'accélération de la dégradation correspond à l'abrogation du Glass Steagal act en 1999, qui a permis de démultiplier les capacités d'endettement.
    Les subprimes sont une cerise sur le gateau.

  • Par Philippe David - 19/04/2011 - 13:49 - Signaler un abus Tout est dit...

    Comme vous le dites l'avenir est sombre...Pour la France comment justifier que le dernier budget en équilibre date de...1974? Nous allons payer 40 années de délires budgétaires voulus par les politiques pour assurer leur réelection mais dans la guerre des monnaies qui va se conjuguer aved la guerre économique une phrase prévaudra: Vae victis...

Décryptage
Vos amis sur Facebook

Contact | Contact commercial | Candidatures | Ecrire à la rédaction | Mentions légales | Conditions d'utilisation | Plan du site | Site réalisé par Palpix

Fermer