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Coupe du monde 2018 : mais qu’est-ce qui fait qu’un pays est ou pas une grande nation du football ?

Pour gagner la Coupe du Monde de football; il faudra bien entendu à la nation prétendant au titre suprême des talents comme Zidane ou Pelé, une équipe disciplinée comme la Mannschaft allemande, et un peu de chance évidemment... mais un bon PIB, une économie dynamique aident énormément !

Cote et match

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Coupe du monde 2018 : mais qu’est-ce qui fait qu’un pays est ou pas une grande nation du football ?

Atlantico : Vous-même, vous avez construit en 2014 , lors de la Coupe du monde, un indicateur qui a visé juste, puisque vous aviez prédit la victoire de l'Allemagne , selon des facteurs de réussite économique, de poids démographique et de PIB par habitant des pays qualifiés. Comment ces facteurs influencent-ils la victoire à une Coupe du monde ?

Pierre Rondeau : Lorsque j'avais construit l'indicateur socio-économique pour prédire les victoires en Coupe du monde, je m'étais inspiré de l'IDH, indicateur synthétique mesurant le niveau de développement d'un pays. J'avais intégré la puissance économique du pays, via son PIB par habitant, en supposant que plus un pays est riche, plus il peut mettre en place des infrastructures sportives accessible au plus grand nombre, le revenu brut par habitant, en supposant que plus les habitants sont riches plus ils peuvent se développer physiquement et présenter des caractéristiques physiques supérieures à la moyenne, la puissance sportive, via le classement moyen FIFA et les résultats précédents, compensés par la puissance relative des adversaires et de la portée d'un match (amical ou match de qualification).

Viennent ensuite les facteurs sociaux comme le nombre de licenciés, la part d'audience à la télévision, etc. En considérant que plus un pays aime le foot, plus les jeunes seront amenés à pratiquer, et qu' une part d'entre eux deviendra professionnel. Enfin, j'ai pris en compte la puissance économique individuelle via la masse salariale des joueurs et le montant estimé d'un transfert, via l'indicateur construit par l’Observatoire du football CIES.

Au total, nous avons des variables économiques, sociales, culturelles et sportives afin de construire un classement qui amène des conclusions très intéressantes. Dès mars 2014, nous avions vu l'Allemagne remporter le mondial.

Une étude publiée par The Economist relève, comme l'économiste Wladimir Andreff en 2014, que deux facteurs de réussite ont permis à l'Allemagne de gagner  : « la fidélité des meilleurs joueurs allemands à un Championnat très bien géré, et un certain protectionnisme allemand puisqu'à la différence de la plupart des autres pays européens, les investissements étrangers y sont interdits dans les clubs ». Ce constat est-il toujours d'actualité? Comment la France se place-t-elle en terme d'investissements publics, de management des joueurs?

La France reste le premier pays producteur et explorateur de footballeurs, 3eme au Monde derrière le Brésil et l'Argentine. C'est la force du pays, expliquée en grande partie par sa politique de redistribution et d'aide en faveur du sport, avec un financement public et l'aide du Centre national pour le développement du sport (CNDS). 

Concernant le management, la France reste en retard par rapport aux autres pays. La preuve reste la faible proportion d'entraîneurs français à l'étranger. Le savoir faire et le coaching français est en retard, la touche française disparaît. Le jeu à la nantaise par exemple n'existe plus, on ne distingue plus une spécificité de coaching et de management à la française. Contrairement au jeu allemand ou espagnol.

 
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Pierre Rondeau

Pierre Rondeau, Professeur d'économie et doctorant, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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