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Coup de gueule de Nicolas Hulot sur la COP21 : pourquoi un buzz réussi sur internet aura de la peine à se traduire en réussite politique effective

En s'associant avec les youtubeurs de Golden Moustache, Nicolas Hulot a publié une vidéo visant à sensibiliser les jeunes sur les enjeux de la COP21, ce mercredi 7 octobre. Après 24h sur la plateforme vidéo-ludique de google, son spot avait été visionné près de 2 millions de fois. Un buzz réussi, mais qu'il faut encore savoir retranscrire politiquement. Et c'est loin d'être chose simple.

"Break the internet"

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Coup de gueule de Nicolas Hulot sur la COP21 : pourquoi un buzz réussi sur internet aura de la peine à se traduire en réussite politique effective

Atlantico : Récemment, le collectif Golden Moustache a publié sur youtube une vidéo mettant en scène Nicolas Hulot. L’objectif, clairement assumé, est de faire un coup de pub à la pétition de ce dernier et de sensibiliser le (jeune) public aux enjeux de la COP21. Que peut-on dire de cette façon de faire de la communication politique ?

Daniel Boy : Ce que Nicolas Hulot fait aujourd’hui est assez neuf. Il s’agit d’une acrobatie entre différents modes de communication, à la fois classiques et ceux supposés modernes. Il jongle entre le message d’information suivi d’une pétition et les réseaux sociaux. Ce qu’il est amusant de noter, c’est qu’il se moque beaucoup de la communication dite « moderne » : dans cette vidéo, Nicolas Hulot tourne en dérision les trois jeunes conseillers qui l’invitent à tenter de distribuer ses messages de façon plus « moderne ».

Il revient ensuite et adopte le mode de communication le plus ancien de l’époque moderne, soit la pétition. Cette dérision des modes de communication plus récents met en exergue la possibilité d’utiliser des techniques plus anciennes, que Nicolas Hulot mixe néanmoins avec celles qu’il tourne en dérision. Preuve en est, la vidéo est sur youtube. 

C’est là que l’idée est bien trouvée. Ce qui marche sur youtube, ce sont les contenus qui tendent à la dérision, qui se moquent du monde. Plutôt que de se contenter de foncer sur les nouveaux modes de communication, Nicolas Hulot préfère s’en approcher en s’en moquant. Ces processus de dérision sont ceux que les internautes apprécient, même quand ils concernent le média qu’ils préfèrent. Le mécanisme choisi consiste à informer sur la COP21 et inciter les gens à signer une pétition visant à faire pression sur les politiques pour qu’ils interviennent dans ce cadre-là. Si ce mécanisme est classique et rejoint ce qu’il avait déjà fait en 2007, la porte d’entrée l’est beaucoup moins.

Je pense que l’on peut dire de Hulot qu’il a compris les ressorts nécessaires à une communication efficace. Rappelons-nous que le film qu’il sortait en 2009, Le Syndrome du Titanic, n’a eu un impact que minime. Et pour cause : le film traitait le problème de fond sur un ton dramatique, approprié au problème donc, mais qui n’a pas pris auprès du public. Il a bien saisi qu’il ne pouvait pas aborder ce problème de cette façon et c’est pourquoi il a employé un ton beaucoup plus léger pour faire passer son message aujourd’hui. La dramatisation ne fonctionne pas, elle ne prend pas auprès des jeunes (les premiers concernés par cette vidéo), ne les mobilise pas.

Après un peu plus de 24h sur youtube, la vidéo caracole à près de 2 millions de vues (1 983 913 vues à 17h15, ce jeudi 8 octobre). En usant d’une accroche originale, Nicolas Hulot peut-il espérer transformer l’essai vers une démarche plus classique qu’est la pétition ?

Daniel Boy : La question est-là. Est-ce que ces jeunes, attirés par le cadre très différent, moqueur, vont se mobiliser une fois de retour dans un cadre plus traditionnel ? Est-ce qu’ils vont cliquer sur la pétition, ou se dire « non, ça ne m’intéresse pas, c’est politique » ? C’est la question. Il est certain qu’il va attirer tout un public, mais on ne peut pas encore dire s’il parviendra à le faire entrer dans un mode de pression plus classique qu’est la pétition. Cela suppose plusieurs choses : d’une part que l’on sache ce qu’est une pétition, qu’on soit en accord avec le fait de la signer, qu’on la croie efficace, qu’on croie les politiques (dans ce cas-ci, spécifiquement) capables d’agir…

 
Commentaires

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  • Par vangog - 09/10/2015 - 11:29 - Signaler un abus Une dérisoire Huloterie...

    Sans être capable d'apporter aucune preuve scientifique d'un éventuel réchauffement climatique, ni de l'impact minime qu'ont les gaz à effet de serre sur cette hypothèse farfelue, Hulot en est réduit à faire la seule chose qui soit éternellement recyclable: l'humour climatique...Mais il est bien seul, car les écologistes punitifs en manquent singulièrement, eux que l'on voit prendre soudainement en grippe le gasoil, sans imaginer que l'uniformisation des taxes qu'ils appellent de leur voeux pourrait se faire dans le sens d'une soustraction bienvenue, et non d'une surtaxe mal-venue...les messieurs-plus de la taxe écologiste ont beau changer de nom, ils n'en feront pas pour autant oublier leurs méfaits passés. Tout au plus parviendront-ils à mettre sur la touche les ecolo-trotskystes type Dufflot, ce qui est leur seul objectif électoral recherché...Quand à Hulot, il surfe sur cette vaguelette avec son long-board des années 70... On l'observe de la plage avec un sourire goguenard, attendant qu'il se casse la gueule sur les cailloux de la réalité climatique...

  • Par jipebe29 - 09/10/2015 - 11:42 - Signaler un abus le fond et la forme....vérité vs mensonge...

    Quel que soit le mode de communication, un mensonge reste un mensonge, une information fausse reste une information fausse, une manipulation reste une manipulation. Faire croire aux citoyens que nous allons vers un réchauffement de 2°C, sur la base de projections de modèles numériques qui se plantent joyeusement depuis environ 20 ans, donc qui n'ont aucune crédibilité, c'est de la manipulation. Faire croire aux citoyens qu’il faut réduire drastiquement nos émissions de CO2 (gaz de la vie sur Terre, grâce à la photosynthèse), au prix de la décroissance, de la misère et de la mort, c’est irresponsable et inacceptable.

  • Par jipebe29 - 09/10/2015 - 11:49 - Signaler un abus Urgence climatique? Quid?

    Il n'y a AUCUNE urgence climatique, et la COP21 se terminera par un bide, comme les 20 COP précédentes. Quelques informations de bon sens–le bon sens s’étant souvent égaré dans le dogme du réchauffement climatique anthropique… 1) Le CO2 est gaz de la vie: sans lui, pas de photosynthèse, pas de vie sur Terre. 2) Est-il prouvé qu'il ait une action mesurable sur la température? Non 3) S'il en avait, comment expliquer qu'il n'y a plus de réchauffement global depuis près de 19 ans, alors que, sur cette période, nous avons émis 40% de toutes nos émissions depuis le début de l'ère industrielle? 4) Comme les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, on ne peut accorder le moindre crédit à leurs projections multidécennales. Voir: http://imagesia.com/plantage-lamentable-des-modeles-numeriques_10hj7 5) Selon le rapport AR5, page 471, figure 6.1, le taux d'émissions anthropiques de CO2 n'est que de 4% environ. Voir : http://imagesia.com/echanges-co2_10hg0

  • Par jipebe29 - 09/10/2015 - 11:52 - Signaler un abus Urgence climatique? Quid (suite)

    6) 36 publications scientifiques donnent, en moyenne pondérée, 8,8 ans pour le temps de résidence du CO2 dans l'atmosphère, alors que le GIEC, violant ses propres procédures de synthèse des publications a décidé que le TR est de 100 ans, ce qui est contraire aux lois de la Nature, car le CO2 anthropique n'a pas de marqueur spécifique. 7) Selon les mesures des 3600 sondes océaniques ARGO, qui mesurent les températures de la surface à une profondeur de 2000 m, les océans sont en léger refroidissement depuis début 2004, date de leur mise en service opérationnelle. 8) Après la fin de la dernière ère glaciaire et la montée de 120 m des océans, les niveaux océaniques ont continué à monter de quelques mm/an. La montée moyenne des niveaux océaniques est, depuis les années 1800, de 1-1,5 mm/an, et aucune accélération n’a été observée. Allez sur le site http://www.climate4you.com/ (site du climatologue Ole Humlum, très documenté), onglet "oceans", puis sélectionnez "see level from tide-gauges". Vous y trouverez les mesures sur différents points de la planète, et les mesures globales par marégraphes.

  • Par jipebe29 - 09/10/2015 - 11:55 - Signaler un abus Urgence climatique? Quid? (suite et fin)

    9) Penser que les EnR intermittentes permettent de produire une énergie fiable, compétitive, indépendante des caprices d'Eole et des cycles jour-nuit, est irresponsable et dangereux pour notre économie et le pouvoir d'achat des ménages. L'exemple allemand montre ce qu'il ne faut pas faire, car le prix du kWh est deux fois plus cher que chez nous, et les émissions de CO2 s'envolent. Voir: http://dropcanvas.com/a1djk Bref, on nous roule dans la farine avec un RC qui n’existe plus depuis 19 ans et d’absurdes politiques climat-énergie qui ne servent à rien sauf à réduire le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises.… Giecum delendum est !...Usque tandem, delirium carbonum, abutere patientia nostra?

  • Par vangog - 09/10/2015 - 12:10 - Signaler un abus @jipebe29 Daccordum!

    Organisorum resistancium! Et vive Babaorum et Petitbonum...

  • Par langue de pivert - 09/10/2015 - 18:02 - Signaler un abus AUX CHIOTTES LA COP21 !☺

    Il roule pour le salopard de l’Élysée ! cette fumisterie est destinée à occulter les autres problèmes tous aussi graves ! Pollutions des continents et des océans, effondrement de la bio-diversité en quantité et en variété, chasses, braconnage, sur-pêche, bétonnage, goudronnage, sur-exploitation des ressources planétaires, déforestation, surpopulation, accumulation de déchet de toutes sortes etc) Ça compte pas ? Le réchauffement ça serait plutôt la bonne nouvelle si le reste n'est pas traité !

  • Par Anouman - 09/10/2015 - 19:28 - Signaler un abus Vidéo

    J'ai vu sa vidéo (par curiosité) et elle est à son image, sans intérêt. Ce type est totalement superficiel et je ne suis même pas certain qu'il comprenne ce qu'il répète comme un perroquet. Chez lui ça relève plus du mantra que du raisonnement. Mais il y a des gens qui marchent.

  • Par jurgio - 09/10/2015 - 22:20 - Signaler un abus Il faut sauver la planète écologique !

    Notre salvateur cosmique est de retour. On verra dans 50 ans s'il avait bien misé sur le réchauffement dû par l'activité humaine, mais pour l'instant l'univers suit son cours, c'est au moins ça de sûr.

  • Par schangi - 10/10/2015 - 09:17 - Signaler un abus Encore une huloterie...

    Avoir fait fortune grâce à Ushuaia et ses produits dérivés a permis au petit Nicolas à croire (er à faire croire) qu'il était le spécialiste de tout et n'importe quoi : réchauffement climatique, chasse à la baleine, huile de palme, diesel, gluten, éoliennes, centrales nucléaires, compte en banque de Hulot Nicolas. Le genre de mec qui revient par la fenêtre lorsqu'on la foutu à la porte. Un pur produit de la conn..rie bien de chez nous : il finira ministre !!!

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Daniel Boy

Daniel Boy est directeur de recherche (FNSP) au CEVIPOF et enseignant au master de Sciences Po notamment en analyse quantitative des données.

Ses recherches se sont développées dans trois domaines : la sociologie électorale, l’écologie politique en France et en Europe, les relations entre science, technique et société.

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Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections (Panel électoral français de 2002 et Panel électoral français de 2007, Baromètre politique français). Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques.  En 2014 il a publié Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? aux éditions de La Documentation Française.

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