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Corée du Nord, Iran et Cie : petites leçons pour vivre et prospérer quand vous êtes un pilier de l’"axe du mal"

Après la Guerre Froide, la Corée du Nord a survécu parce que bien qu'étant réconciliée avec l'Occident depuis Nixon, la Chine a tenu à la conserver dans son giron.

Survie en milieu hostile

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Corée du Nord, Iran et Cie : petites leçons pour vivre et prospérer quand vous êtes un pilier de l’"axe du mal"

Atlantico : Comment ce type de régime, qui terrifie de grandes puissances comme les États-Unis, organisent-ils leur survie ? Pourquoi la Corée du Nord tient-elle toujours debout ?

Alexandre Del Valle : La Corée du Nord a longtemps bénéficié de l'appui du camp soviétique. Après la Guerre Froide, la Corée du Nord a survécu parce que bien qu'étant réconciliée avec l'Occident depuis Nixon, la Chine a tenu à la conserver dans son giron. La Corée du Nord bénéficie aussi du fait qu'elle est bien vue, et courtisée par tous ceux qui sont en opposition avec l'Occident, même si ceux-ci ne partagent pas ses valeurs comme la Russie, la Biélorussie, qui régulièrement collaborent avec elle. La Corée du Nord coopère également avec les Etats voyous à commencer par l'Iran : il y a eu plusieurs transferts de technologies dans le domaine de l'armement entre-eux.

Deuxièmement, depuis que son programme nucléaire est soupçonné d'être avancé, l'Occident lui-même a aidé la Corée du Nord, et les Américains ont fait un accord avec eux pour le développement du nucléaire pour le civile. Ces derniers n'ont bien évidemment pas tenu parole.

La Corée du Nord, enfin, aime jouer le rôle du fou : elle aime jouer celui qui s'oppose au fort. Même si vous êtes plus faible en matière nucléaire qu'un tiers comme les Etats-Unis, le simple fait de brandir la menace nucléaire calme les autres. Elle détient aussi des missiles balistiques de longue portée, et menace beaucoup de pays de la planète. Il monnaye donc son pouvoir de nuisance.

La Chine n'a pas intérêt aujourd'hui à délaisser la Corée du Nord, car elle demeure en confrontation, même si ce n'est pas de manière frontale, avec l'Occident. Elle ne veut pas leur déclarer la guerre parce qu'elle n'en a pas les moyens, mais en attendant elle utilise la Corée du Nord comme le chien enragé que l'on peut lâcher à tous moment. La Chine a comme objectif de libérer la mer de Chine, dont Taïwan. Elle considère donc les alliances militaires des Etats-Unis avec les pays riverains comme des alliances ennemies.

D'autres régimes comme l'Iran ont eux-aussi réussis à se maintenir malgré l'opprobre international. Existe-t-il des raisons communes qui expliquent qu'un régime dangereux réussisse à se maintenir ? Quelles sont les stratégies diplomatiques communes ?

Quand on est un régime dictatorial, il est déjà beaucoup plus aisé d'obliger une population à accepter un embargo que dans une démocratie.  A Cuba, en Afrique du Sud ou en Irak, les embargos n'ont pas été efficaces de ce point de vue. Une fois que le dictateur empêche toute libéralisation, il peut justement utiliser l'embargo pour nourrir la paranoïa d'Etat, l'idée que le pays est victime d'une agression extérieure. Et le peuple a tendance à suivre. Si le régime est très fermé, il peut empêcher la communication des personnes et des informations, et croire au discours officiel.

Contrairement à Saddam Hussein ou à Khadafi, la Corée du Nord a eu l'intelligence de ne pas attendre longtemps avant de lancer un programme de développement du nucléaire. On ne peut donc plus se permettre aujourd'hui de les bombarder. Quand les Etats-Unis ont adopté leur doctrine de destruction des Etats-voyous, il était déjà trop tard pour le cas de la Corée du Nord.

 
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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc), il intervient pour le groupe Sup de Co La Rochelle et des institutions patronales et européennes et est chercheur associé au CPFA (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment auteur des livres Le Chaos Syrien, printemps arabes et minorités face à l'islamisme (Editions Dhow 2014), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (Editions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (Editions du Toucan).

 

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