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Comment nous ferons les bébés demain (attention, vertige éthique...)

Des bébés à 3 parents génétiques, ça n’est que le début. De plus en plus d’innovations de "confort" permettant de programmer la grossesse, voire de la désincarner, arrivent.

C'est fou

Publié le - Mis à jour le 13 Février 2015
Comment nous ferons les bébés demain (attention, vertige éthique...)

La recherche sur la procréation tourne de plus en plus à la science-fiction. Crédit Reuters

Atlantico : Récemment, nous nous entretenions avec vous au sujet de l'autorisation donnée par l'Etat britannique à un PMA d'un enfant à partir de 3 ADN différents (lire ici). Bientôt, des femmes pourront se faire greffer l'utérus d'une parente. Cela fait dire au sociologue Charis Thompson (LSE) que "la parenté est multiple". Dans le futur proche, faudra-t-il plus de deux adultes pour faire un bébé ? Avec quelles conséquences ?

Alexandra Henrion-Caude : C’est effectivement fascinant et terrifiant à la fois. Ces prouesses techniques se succèdent à coup d’annonces sans qu’aucune hiérarchie ne soit établie ni que le progrès pour l’humanité ne soit considéré. Et c’est regrettable.

L’autorisation en Angleterre de la fécondation in vitro à partir de trois parents est typiquement un passage en force fait par le politique, en l’occurrence les parlementaires anglais, passant outre notre méconnaissance actuelle de la fonctionnalité, de la sûreté et de l’efficacité de cette méthode.

Une consultation publique a certes été organisée mais que peut-elle valoir si l’éclairage scientifique et médical est insuffisant ?

Permettez-moi à ce sujet une petite digression. Je pense que nous sommes en train d’assister à la même séquence aujourd’hui en France avec la loi sur la fin de vie pour laquelle une consultation citoyenne a été ouverte. Comme en Angleterre, on peut s’attendre à ce que celle-ci ne soit instruite que par l’émotion et les quelques lobbys du sujet, risquant en cela de n’être pas le reflet d’une réalité.  

Une des causes d’infertilité est l’absence ou le mauvais fonctionnement de l’utérus. Elle touche à peu près 1 femme sur 500. Dans les dix dernières années, le traitement envisagé a été celui de la greffe d’utérus, prélevé sur des donneuses vivantes. Différentes patientes, en particulier chez nos collègues suédois de l’University de Gothenburg, ont ainsi été greffées depuis 2012. La particularité de ce type de greffe est qu’elle n’est pas vitale pour la patiente et reste techniquement compliquée. La candidate à la transplantation le fait pour pouvoir être enceinte, ce qui l’expose non seulement aux complications inhérentes à la transplantation d’un utérus mais aussi aux risques de toute grossesse. Pour 100 000 naissances, on dénombre encore 9,6 femmes qui meurent de leur grossesse chaque année en France.

Tous ces sujets incombent donc intimement à l’homme et aux générations futures. Or, nous recevons pêle-mêle, sans aucun sous-titre, les prouesses scientifiques, celles médicales, les intérêts financiers et/ou politiques… sans jamais les entendre raisonner en terme de progrès réels pour les individus, parents ou enfants. Il me semble que nous sommes dans une confusion générale, qui repose souvent sur l’émotion et le sensationnel. En plus, cette confusion se nourrit de plus en plus souvent du défaut d’une communication de qualité. Un scientifique peut désormais se contenter d’une dépêche à l’AFP pour trouver un écho mondial, sans ne plus passer par la case exigeante d’une confrontation avec ses paires.

 
Commentaires

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  • Par bjorn borg - 07/02/2015 - 11:43 - Signaler un abus C'est bien

    si on ne fait plus de bébés, la population mondiale devrait diminuer. Il paraîtrait que nous sommes trop nombreux. Déjà qu'on bouffe tout le pain des Français!

  • Par bjorn borg - 07/02/2015 - 15:32 - Signaler un abus Comment?

    vous vous posez encore la question? Ma chère dame, bientôt il n'y aura plus besoin d'homme pour faire un bébé. Au rythme où va la science, c'es pour demain. Les femmes ne demanderont pas mieux que de se passer des hommes. Elles n'aiment que leur propres enfants et même pas ceux des autres femmes. Alors un homme? Pensez-vous, elles vont rester entre elles dans un monde merveilleux de femmes. Elle ne garderont un homme que si c'est un bricoleur, où qu'il apporte des euros à la maison. Un homme à charge? Bien sur que non, pourquoi faire??? Les vibros ne sont pas faits pour les chiens et si non, les lesbiennes resteront ensembles sans homme pour les emmerder. A la limite voyez-vous, elles resteront en couple aux conditions énumérées ci-dessus. Donc, pour résumer, l'avenir s'annonce tout en rose pour vous. Une couleur rose socialiste comme de juste! Toutes les féministes sont pour ces solutions. Vous n'avez qu'à interroger Caroline Fourrest pour en être convaincu. Sans rancune, car moi je suis neutre dans cette histoire.

  • Par cloette - 07/02/2015 - 16:02 - Signaler un abus le but

    c'est de débarrasser les femmes de la procréation pour qu'elles puissent être plus rentables, celles qui porteront les enfants seront rétribuées (ce sera leur métier) , les embryons seront selectionnées et modifiés pour que les bébés aient des QI hors norme pour ceux qui pourront payer.

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Alexandra Henrion-Caude

Dr Alexandra Caude est directrice de recherche à l’Inserm à l’Hôpital Necker. Généticienne, elle explore les nouveaux mécanismes de  maladie, en y intégrant l’environnement. Elle enseigne, donne des conférences, est membre de conseils scientifiques.

Créatrice du site internet science-en-conscience.fr, elle est aussi l'auteur de plus de 50 publications scientifiques internationales. Elle préside l’Association des Eisenhower Fellowships en France, et est secrétaire générale adjointe de Familles de France.

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