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Comment l’Etat-nation et la démocratie peuvent-ils se sauver des excès de la mondialisation ?

L'Etat nation pourrait être la réponse à l'accroissement des inégalités dans nos sociétés forgées despuis des dizaines d'années par la mondialisation.

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Comment l’Etat-nation et la démocratie peuvent-ils se sauver des excès de la mondialisation  ?

 Crédit PHILIPPE LOPEZ / AFP

Atlantico : Dans un article publié par Project Syndicate publié ce 9 août, l'économiste Roger Farmer revient sur le paradoxe qui a pu voir les inégalités croître au sein même des démocraties occidentales alors que les inégalités mondiales (entre les pays) étaient à la baisse, un processus qui serait principalement le fruit du processus de mondialisation qui s'est accéléré au cours de ces dernières décennies. Un processus qui mettrait aujourd'hui en danger les progrès sociaux obtenus grâce à la démocratie au cours des derniers siècles.

Par quels moyens les démocraties pourraient-elles se sauver d'un processus de mondialisation, qui constitue souvent une part de leur ADN, et qui les menacent ?

Edouard Husson : Il se passe une révolution intellectuelle dans les milieux dirigeants britanniques.  Le pays de la révolution néolibérale est en train de réinventer le conservatisme et la social-démocratie adaptés au nouveau siècle. Pensons à des auteurs comme Paul Collier sur les sujets d'immigration ou David Goodhart sur le moyen de sortir du populisme. La réflexion de Roger Farmer se situe dans la même veine. Le Brexit ne sort pas de nulle part. La Grande-Bretagne est en avance sur l'Europe continentale.  Elle ramène la question du caractère progressiste de l'Etat-nation sur le devant de la scène. En donnant une priorité sans nuances à la liberté de circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, on a ébranlé l'Etat-Providence, la croissance et le modèle égalitaire qui avaient caractérisé les Trente glorieuses en Europe et en Amérique du Nord. Les inégalités se sont accrues en même temps que la richesse nationale augmentait.  

Roger Farmer déclare également "L'Etat-nation ne constitue pas un idéal, mais il a permis d'améliorer le niveau de vie dans les démocraties libérales occidentales.". Que peut encore apporter l'Etat Nation dans un monde mondialisé ? Comment cet Etat Nation peut-il reprendre la main tout en sauvegardant au maximum les acquis de la mondialisation ? Mondialisation et Etat Nation sont-ils forcément antinomiques ? 

Farmer est encore conditionné par la tyrannie intellectuelle du néolibéralisme.  Il n'ose pas dire que l'Etat-nation est une réalité éminemment positive et d'avenir. Evidemment que les progrès de la condition ouvriére et l'enrichissement des classes moyennes sont un produit historique de la nation démocratique.  Les dérives de la construction européenne nous montrent bien qu'il n''y a pas de démocratie sans nations.  On ajoutera que la révolution numérique réduit à néant l'argument selon lequel les nations sont trop petites dans la concurrence économique mondiale.  L'ère digitale donne l'avantage aux petites entités. La nation est aujourd'hui plus compétitive que les entités supranationales. Elle est même concurrencée par des unités infranationales: l'Ecosse ou la Catalogne peuvent affirmer sans se ridiculiser qu'elles seraient viables économiquement en devenant indépendantes. L''Etat-nation est l'avenir. . 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 12/08/2018 - 11:09 - Signaler un abus Husson utilise les termes de l’ancien-monde...

    la social-démocratie est morte, Merkel en est la dernière représentante . Il n’existe pas plus de « droite conservatrice » que de « gauche progressiste », ni de néo-libéralisme, concepts marxistes morts, eux aussi , sur l’autel des idéologies passéistes ...non! ce que Husson et beaucoup de penseurs biberonnés au néo-marxisme ne veulent pas voir, ni entendre, malgré la puissance des mises-en-garde, c’est les clivages archaïques gauche-droite sont éteints, et ils ne ressusciteront pas sur le clavier de quelques attardés...l’opposition actuelle dépasse totalement ces vieux clivages droite-gauche, et oppose les mondialistes aux patriotes nationaux. La Nation (non pas « l’état-Nation », Husson!) n’est pas une idéologie , mais un réflexe historique. C’est la strate idéale du regroupement d’êtres humains autour d’une histoire et d’un destin communs. L’état ne vient qu’après le regroupement, et constitue « l’empreinte de la Nation », censée représenter fidèlement la communauté et non la diriger. C’est aussi ce qui différencie les patriotes nationaux des mondialistes, les Majeures MST Merkel-Macron-Sanchez-Trudeau: Chez les patriotes, la Nation précède l’état , et non l’inverse!

  • Par A M A - 12/08/2018 - 11:29 - Signaler un abus Choisir entre la préservation

    Choisir entre la préservation de la protection sociale qui accroit modérément la consommation et l'immigration massive qui la fait bondir, tel est le dilemme des banques toutes partie prenantes du mondialisme. Leur choix est vite fait. .

  • Par GP13 - 12/08/2018 - 11:30 - Signaler un abus Etat-Nation, une confusion habile......

    Une nation est un corps vivant. Un État est un outil désincarné. Chez nous, les héritiers de la révolution ont systématiquement confondu la république et la nation, en gommant la réalité d'une république qui n'est qu'une forme contingente de l’État et en déclarant que la France c'est la république, négation de la nation. Nous avons oublié que République n'est pas synonyme de démocratie et que l'évolution prise par la cinquième du nom chez nous marque un éloignement certain de la démocratie et de la primauté du Parlement.

  • Par Ganesha - 12/08/2018 - 11:33 - Signaler un abus Magnifique !

    Voici un article qui ''fait vraiment du bien'' ! Ce qui est pathétique et consternant, ce sont les innombrables commentaires écrits par les ayatollahs du Fillonisme et du Libéralisme qui viennent en permanence nous réciter les mêmes sourates de leur infect petit Coran ! Tout dialogue avec ces hurluberlus est impossible : pour eux, l'ensemble des présidents et premiers ministres qui ont gouverné la France depuis 1983, sont tous de ''dangereux gauchistes'' !

  • Par Ganesha - 12/08/2018 - 11:41 - Signaler un abus Solutions

    La solution passe, au moins en partie, par l'obligation pour notre société d'offrir un emploi à toutes les citoyennes et citoyens qui le souhaitent. Pour cela, il faut limiter drastiquement l'immigration et établir une réelle ''Préférence Nationale''. La fameuse importance de la Formation, véritable ''tarte à la crème'' que l'on retrouve dans tous les discours gouvernementaux, ne devrait pas cacher la priorité d'appliquer la loi de ''l'offre et de la demande'' dans les niveaux de salaire. Ainsi que l'aménagement de quelques''numerus clausus'' délétères, comme celui des médecins, où Alain Juppé comptait sur l'immigration. Bien sûr, il ne sera pas question de rendre le travail ''obligatoire'' et le Revenu Universel semble une piste à explorer. Le nouveau gouvernement italien semble décidé à mettre en œuvre cet aspect de son programme. https://www.lopinion.fr/edition/international/l-italie-en-marche-vers-reforme-158977

  • Par guy bernard - 12/08/2018 - 12:05 - Signaler un abus en connaitre les causes

    si je veux en finir avec la mondialisation, il me faut en connaitre les causes : on a bien vu l'URSS exploser, mais on n'a pas fait le point sur l'etat de nos économies à la même époque : des entreprises ruinées par l'inflation et le débat social incessant menant à une inflation prix / salaires, au mépris de l'investissement et de la qualité de la production, ce qui a favorisé les productions allemandes et japonaises, mieux gérées. il y a donc nécessité de faire appel à la bourse et de gérer avec rigueur. le mode de gestion suivant était basé sur la regulation, mais elle a été inefficace et en échec. la recherche est le retour au compromis fordien dans une économie schumpeterienne (banques entreprises et innovation) d'où la question : les conditions sont-elles remplies pour ce retour ? la réponse est non : tant que les Etats monopoliseront l'argent du pays et redistribueront pour se faire réélire, il n'y aura pas de retour à une économie traditionnelle.

  • Par Ganesha - 12/08/2018 - 14:19 - Signaler un abus Guy Bernard

    Je crains que la conclusion de votre commentaire ne soit un appel très ''reagano-thatcherien'' à un appauvrissement de la majeure partie de la population, tout en sauvegardant vos intérêts personnels !

  • Par Ganesha - 12/08/2018 - 14:33 - Signaler un abus Fordisme et Schumpeterisme

    Je dois avouer que plusieurs commentaires ci-dessus me laissent perplexe. Cela doit être du, en partie, à une limitation de mes capacités intellectuelles, mais aussi, à un manque de culture. Ou bien, serait-ce une pudeur à utiliser le concept honni et crapuleux de ''Libéralisme'' ? Au sujet du ''Fordisme'', j'ai vérifié sur Wikipédia, et ce terme recouvre deux notions très différentes : un éloge du travail à la chaîne, le taylorisme, qui est désormais largement rejeté en Occident, comme étant une forme d'esclavage. Déjà, Charlie Chaplin le critiquait dans ses films. Par contre, Henry Ford conseillait de limiter l'éventail des salaires dans chaque entreprise à un rapport de 1 à 20 : cela semble effectivement être un principe de bon sens, qu'il serait urgent de rétablir ! En ce qui concerne Schumpeter, je n'ai pas vérifié, mais je me souviens que ce monsieur s'est rendu célèbre en constatant que l'arrivée du métier à tisser et de la machine à vapeur avaient créé plus d'emplois qu'ils n'en avait détruit. C'est exact, mais pour l'instant, il n'est pas du tout certain que l'on pourra en dire autant de l'informatique et de la robotisation !

  • Par gilbert perrin - 12/08/2018 - 15:18 - Signaler un abus guy Bernard :

    Plus simplement, il faut retirer aux politiques cette possibilité dangereuse d'utilisation de l'économie à des fins politiques… OUI, par besoin de trouver des voix, les politiques sont près à toutes mesures de primes subventions etc... distribuées en échange effectivement des voix des citoyens… PAS DE MELANGE… Il faut donc controler de près l'état et sa gestion publique pour éviter et éradiquer ce système fort de 50 ans … Les politiques ne vous parlent ils pas de "ma commune, mon département, ma région et MACRON ma France ???) NON ils sont simplement délégués .. et doivent rendre des comptes. Si je réclame depuis 6 ans, sans cesse, cette institution indépendante pour la FRANCE en REMPLACEMENT du SENAT et du conseil économique et environnemental, c'est autour de cette idée… l'état et la fonction publique ne sont là que pour gérer la FRAN, mais pas pour taper dans la CAISSE. !! si les entreprises n'avaient pas de controles, de l'état, si elles n'avaient de commissaires aux comptes dont il faut aussi exercer un controle (il ne suffit pas de dire, il faut faire) OU SERIONS NOUS… ? je suis persuade que l'alignement PUBLIC-PRIVE, tant sur les salairs que sur la retraites était fait ??? !

  • Par ajm - 12/08/2018 - 15:58 - Signaler un abus Machine infernale.

    Gilbert Perrin: le clientélisme est consubstantiel à la démocratie En France , en particulier, où depuis la Révolution Française et la main mise idéologique progressive sur le pays d'une gauche centralisatrice, sectaire et et deni permanent de la réalité du monde où nous vivons, sur le plan économique notamment, ce clientélisme prend une forme plus grossière , massive et organisée, avec des transferts monétaires contraints de plus en plus forts au fur et à mesure que l'economie France ne peut plus globalement et naturellement dégager du "grain à moudre" .Acculée, la machine infernale est obligée maintenant de tondre les classes moyennes pour ce faire, les riches , même petits, encore en France, étant trop peu nombreux et se sont organisés en conséquence. Vos voeux resteront lettre morte. La seule limite à ce cancer est la révolte des classes moyennes, et ce d'autant plus, que les Français comprennent que les "pauvres " sont généralement étrangers et peu soucieux, c'est le moins que l'on puisse dire, de véritablement s'intégrer. C'est la désintégration de l'esprit national sous les coups de boutoir de l'immigration et du communautarisme, qui cassera la machine infernale.

  • Par gilbert perrin - 12/08/2018 - 17:35 - Signaler un abus ajm...

    votre conclusion me fait rire !!! IMPOSSIBLE que ce soit l'immigration et le communautarisme qui cassent la machine infernale… c'est le système qu'il faut CASSER… immigration et communautarisme bénéficient du système. Alors ne REVEZ PAS… oui, une société organisée comme je le dis ci-dessus.. des élus avec des responsabilités sous CONTROLE, une administration sous controle, avec un service controle qui ne soit pas fonctionnarisé, qui puisse ester en justice, et des élus, révocables à la première infraction... FINI, les COMITES THEODULES et les COOPTATION …. LE REVE , MON REVE gilbert perrin

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Edouard Husson

Edouard Husson est spécialiste d’histoire politique contemporaine, en particulier de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Il est professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (Université de Cergy-Pontoise). Il a été membre du cabinet de Valérie Pécresse, avant d’être vice-chancelier des universités de Paris puis directeur général d’ESCP Europe et, enfin, vice-président de l’université Paris Sciences et Lettres. Il est membre du conseil scientifique de la Fondation Charles de Gaulle. 

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