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Comment la droite allemande s’éloigne doucement mais sûrement d’Angela Merkel

Le SPD se réunit du 7 au 9 décembre sur fond de débats relatifs à la coalition avec Angela Merkel. Avec l'élection d'Alexander Gauland et le passage de témoin au sein de la CSU, la situation politique en Allemagne ne semble pas favoriser les plans d'Angela Merkel.

Outre-Rhin

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Comment la droite allemande s’éloigne doucement mais sûrement d’Angela Merkel

Atlantico : Alors que le parti social démocrate allemand (SPD) se réunit du 7 au 9 décembre à Berlin sur fonds de débat relatif à la participation à une coalition avec Angela Merkel, la droite allemande semble vivre un important mouvement, de l'AFD à la CDU-CSU. Comment comprendre le double mouvement de l'élection d'Alexander Gauland à la tête de l'AFD et le passage de témoin interne à la CSU entre Horst Seehofer et Markus Söder ?

Rémi Bourgeot : Le bloc conservateur CDU-CSU a dans son ensemble connu une forte érosion électorale au cours des élections fédérales de septembre, mais les chrétiens sociaux de la CSU, la variante bavaroise de la CDU, ont été davantage secoués et une forte contestation a gagné le parti. Horst Seehofer s’était manifesté dans les négociations de coalition avec la CDU, le FDP et les Verts sur les questions migratoires, en particulier sur le sujet du regroupement familial qui l’opposait aux Verts. Cependant sa ligne a été remise en cause par un courant plus conservateur au sein de la CSU, qui a obtenu gain de cause puisqu’il ne représentera plus le parti aux prochaines élections.

C’est, dans le fond, un rejet des courants associés à la ligne d’Angela Merkel. L’approche politique qui consiste à prendre des idées dans tous les camps, que ce soit sur l’immigration, l’environnement ou l’Europe, quitte à les inverser quelques mois plus tard, a profondément déstabilisé l’échiquier politique et contribué à cette situation d’ingouvernabilité qui connait une traduction concrète dans toutes les franges de l’échiquier politique.

En ce qui concerne l’élection d’Alexander Gauland, elle a été décrite comme une radicalisation supplémentaire de l’AfD. Il ne fait aucun doute que ses positions sont des plus extrêmes, en particulier sur le plan du révisionnisme lorsqu’il évoque l’histoire allemande. Il représente par ailleurs un courant différent de celui davantage centré sur l’euroscepticisme. Frauke Petry, ancienne responsable de l’AfD, avait quitté le parti au lendemain des élections de septembre en prétextant de la radicalité du mouvement, qui ne s’inscrit pas dans une démarche de gouvernement. Elle était pourtant l’un des architectes de la reconversion du parti d’une ligne anti-euro vers une ligne identitaire. La distinction entre modérés et extrémistes ne correspond pas à la véritable ligne de fracture au sein du parti. On retrouve chez les partisans de la ligne plus présentable du parti les mêmes convictions que dans l’aile radicale, et c’est notamment le cas d’Alice Weidel, économiste qui est censée porter une ligne plus respectable.

Gauland est par ailleurs un ancien de la CDU et sa radicalité relève de thèmes qui dépassent le cadre de l’AfD. Même en ce qui concerne ses déclarations les plus extrêmes, celles-ci font écho à un mouvement d’idées perceptible dans le pays et qui n’est pas cantonné à l’extrême droite. L’AfD n’est pas si marginal qu’on pourrait le penser, dans le contexte politique allemand actuel.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 07/12/2017 - 09:53 - Signaler un abus La transition identitaire de l’Europe!

    Par lâcheté et soumission à la pensée unique rétro-gauchiste, les analystes ne veulent pas accepter cette nouvelle donne européenne: un positionnement identitaire franc des Nations, sous l’effet d’un vent frais venu de l’Est, de France et, d’une certaine manière (mais la Catalogne n’est pas une Nation historique) d’Espagne et de Grande Bretagne. Partout, les Nations, qui avaient subi une tentative d’annihilation par la gauche neo-trotskyste, se recentrent sur leur identité historique. Ce recentrage obéit à des raisons objectives: l’echec du fédéralisme européiste, l’émergence d’une guerre de civilisations qui apparaît de plus en plus inéluctable, la conscience collective que l’histoire se fabrique naturellement, et que les manipulations humaines pour la diriger ne font que la pervertir. Contrairement à ce que croient les gauchistes, « on ne change pas le monde », mais « c’est le monde qui nous change »...alors, la conséquence de tout ça? Pour ne pas se disperser, façon puzzle, en régions autonomes, et blocs nordistes et sudistes antagonistes, l’UE devra se moderniser en coopération de Nations sur des fondements stables et durables: les frontières physiques, l’identité culturelle...

  • Par Olivier62 - 07/12/2017 - 12:10 - Signaler un abus La révolte des peuples contre les manipulations de l'élite

    En Allemagne comme ailleurs, les peuples sont de plus en plus exaspérés de l'arrogance, de la corruption des élites, mais aussi de leur volonté d'imposer des changements sociétaux et ethniques majeurs à leur pays respectifs. C'est notamment le cas de l'immigration de remplacement, voulue par le mondialisme, et qui a provoqué les attentats terroristes qu'on a connu en France et en Allemagne. Avec un cynisme criminel les élites veulent continuer à imposer l'immigration, quitte à faire entrer des terroristes en masse; elles condamnent sciemment à mort les futures victimes de ces terroristes. Que Mme Merkel finisse dans les poubelles de l'histoire n'est que justice !

  • Par assougoudrel - 07/12/2017 - 12:58 - Signaler un abus Prochains attentats qui ne sauront

    tarder. Nos gouvernant auront un coupable de luxe: Donald Trump.

  • Par kelenborn - 07/12/2017 - 16:07 - Signaler un abus Ah

    Que cela fait du bien de lire des choses intelligentes!!! Oui c'est vrai qu'il y a un particularisme allemand! Le SPD se suicide et il le sait mais , pour paraphraser Lénine, il paie son ticket de train pour aller à l'abattoir!

  • Par Liberte5 - 07/12/2017 - 22:15 - Signaler un abus Les peuples se rebiffent!!!!

    Contre une élite mondialiste qui veut leur imposer de façon autoritaire un remplacement de population, un changement de civilisation et un changement d'identité. Cela fait beaucoup et ça ne passe plus. Pour le moment le politiquement correct garde encore la main , mais cela devient difficile.

  • Par Gré - 08/12/2017 - 19:26 - Signaler un abus Il n'y a pas d'alternative

    Il n'y a pas d'alternative personnelle à Angela Merkel à la CDU : elle a coupé toutes les têtes qui dépassaient, comme l'a fait Mitterand en son temps au PS en France. Résultat : le PS s'est effondré. La CDU risque de suivre le même chemin,

  • Par Deudeuche - 09/12/2017 - 08:58 - Signaler un abus La CDU va exploser comme la SPD

    Question de temps. Quant à l’AfD elle devient societal compatible avec sa défense de l’emploi et ses thèses libérales proches de la FDP, et Alice Weidel tendance sapho est media compatible. Schulz avec ses États Unis d’Europe, fait la course avec Macron pour devancer la psycho-opportuniste Angela afin de positionner sa pauvre SPD.

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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