Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 25 Septembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Collectif budgétaire et sincérité des comptes publics : les étonnantes convictions du Président Macron

Le président de la République vient d'énoncer des propos denses lors de son interview au magazine Le Point, en évoquant son refus d'une loi de Finances en cours d'année. ‬‬‬‬‬‬‬Aussi denses que soumis à débat dans certains cas, voire à plein désaccord.‬‬

Surprenant

Publié le
Collectif budgétaire et sincérité des comptes publics : les étonnantes convictions du Président Macron

Emmanuel Macron a l'immense charge de diriger la cinquième puissance du monde et depuis son élection aussi nette que légitime, il a eu à honorer de nombreuses responsabilités internationales. Chacun convient qu'il a tenu son rang. Certains vont jusqu'à effectuer des comparaisons avec l'ancien monde, autrement dit avec le pas incertain de son prédécesseur.

Au plan économique, les réformes sont en cours de déploiement : elles requièrent du temps et fort heureusement l'embellie conjoncturelle détectée devrait permettre d'accompagner favorablement le contenu de la " Transformation " voulue par le candidat Macron.

Au plan financier, cette embellie conjoncturelle va induire de meilleures rentrées fiscales ce qui facilitera, à la marge, l'équation budgétaire pour 2018.

En fait, la vraie question de fond concerne l'exécution du budget 2017 porteur de cadeaux empoisonnés laissés par l'équipe sortante. Dès octobre 2016, " Le cercle Les Echos " (http://lecercle.lesechos.fr/node/161944/) ou Atlantico avaient porté mon message d'alerte quant à la présence d'éléments non sincères dans les comptes publics.

On pourrait travailler des heures pour expliquer tout cela ( j'en accepte l'augure ) mais, ici et maintenant, il suffit de se référer à la déception et au courroux du président Macron lorsqu'il lui a été rapporté que la France ne pourrait pas respecter la barre juridique des 3% du PIB en matière de déficit public.

De cette vive déconvenue présidentielle que les personnes de bonne foi partagent car nos engagements européens font sens, il ressort néanmoins des propos un peu baroques dans l'entretien accordé au Point.

Il ne s'agit pas ici de se plier à un travail d'exégète ou de se livrer à une recension des lignes présidentielles. Chacun son métier, chacun ses compétences.

En revanche, il suffit de prendre un exemple connu de Messieurs Hollande, Cazeneuve, Le Drian, Sapin et Eckert. Il concerne la sous-estimation durant plusieurs années budgétaires du coût des OPEX.

Concrètement, les opérations militaires extérieures ont été sous-évaluées ( et non mésestimées comme le dit en creux l'actuel président en affirmant péremptoirement que nul ne sait jamais comment va se finir l'exécution d'une loi de finances ) et il a fallu recourir à plusieurs reprises à la pratique des " décrets d'avance "  (  http://www.senat.fr/commission/fin/decret_avance/decret_avance.html       )

J'observe, sans commentaire additionnel, l'importance et le caractère instructif du décret du 20 juillet 2017 dont je soumets au lectorat un extrait

Rapport relatif au décret n° 2017-1182 du 20 juillet 2017 portant ouverture et annulation de crédits à titre d'avance

Extrait :

" L'exécution prévisionnelle des dépenses des opérations extérieures et intérieures de défense excéderont la provision de 450 M€ inscrite en loi de finances initiale, comme l'a relevé la Cour des comptes dans son audit de la situation des finances publiques réalisé à la demande du Premier ministre. Ce surcroît de dépenses s'explique par l'activité des forces armées au-delà de leurs contrats opérationnels.
Compte tenu des modalités d'exécution de ces dépenses, la mise à disposition des crédits ne peut attendre la loi de finances rectificative de fin de gestion. L'interruption des paiements d'ici là porterait atteinte à la continuité des opérations sur les théâtres d'opération à l'étranger et sur le territoire national, ce qui justifie leur ouverture urgente.
Le financement de ces ouvertures est totalement gagé en CP par des annulations sur le périmètre du ministère des armées, qui contribue au-delà à l'équilibre du schéma global d'ouvertures et d'annulations du présent décret "

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par lexxis - 01/09/2017 - 20:48 - Signaler un abus POUR UNE RÉPRESSION PÉNALE DU FAUX EN BUDGET PUBLIC

    Il est temps que le faux en budget public soit sanctionné à l'égal au moins du faux en écriture publique. Il n'y a aucune raison la présentation d'un faux bilan soit pénalement poursuivie et sanctionnée dans le privé et que celle d'un faux budget - qui tient pour le secteur public le rôle du bilan dans le secteur privé -puisse être régulièrement pratiquée par des gens qui vont donner des leçons de morale et de civisme aux élus et aux citoyens qu'ils trompent éhontément .

  • Par vangog - 01/09/2017 - 21:45 - Signaler un abus Les solutions dû science pipologue...

    biberonné à la pensée unique etatique. Les circonvolutions de language ontdu mal à cacher les éternelles solutions "gauchistes" à un budget en déficit chronique, quels qu'en soient les raisons: cadeaux ou malversations socialistes, nouvelles attributions ou missions non budgetees, explosion de terrorisme islamiste pour cause d'excès de gauchisme...et les solutions gauchistes sont toujours les mêmes: augmenter les impôts ou augmenter la dette. Là, Archer propose d'augmenter la dette...judicieux! Alors sûun vrai gouvernement libéral aurait proposé de vraies et indispensables économies (par exemple, sur le budget de la culture...). Mais ne parlons pas de libéralisme intelligent à un science pipologue, car il croit que le mot est tombé en désuétude...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€