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Coalition validée par le SPD en Allemagne : rien ne change pour que rien ne change

Maintenant que le SPD a approuvé l'accord de coalition avec la CDU/CSU, les deux partis disposent d'un répit avant les élections de 2021.

Anti-guépard

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Coalition validée par le SPD en Allemagne : rien ne change pour que rien ne change

Atlantico : Le SPD a finalement approuvé à 66,02% l'accord de coalition avec les conservateurs d'Angela Merkel. Que retenir de cette décision ?

Fabien Laurençon : D'abord si on prend du point de vue de la SPD c'est une décision qui a été prévisible attendu du fait de la rationalité politique du parti et le choix fait d'aller de l'avant plutôt que de commettre un suicide politique. Cette rationalité l'a emporté au sein de la SPD face aux positions notamment de Kevin Kühnert.

La SPD est quand même maintenant devant un territoire à rebâtir complètement. Le spectacle des six derniers mois, des dissensions internes naissent une impression extrêmement négative avec un parti qui doit maintenant chercher un leader et un programme.

Ce choix donc d'aller dans la grande coalition est un choix qui a été fait pas raison mais aussi par résignation plus que par enthousiasme. La SPD est aujourd'hui dans un dilemme. Elle doit être à la fois dans la coalition, donc être un partenaire crédible par rapport à la CDU/CSU et en même temps être à l'extérieur pour bâtir une force d'opposition et d'alternative à cette grande coalition. Si la SPD ne veut pas se faire vampiriser, veut exister avec comme objectif 2021, elle va devoir présenter une offre alternative crédible et c'est bien là tout l'enjeu.

Il y a le risque de se retrouver encore une fois désossé par le partenaire CDU/CSU

Deuxième dilemme pour la SPD c'est la succession. Aujourd'hui on voit bien que Martin Schulz c'est finit et il faudra présenter là aussi un candidat crédible à la chancellerie. Le leader naturel aujourd'hui semble être Andrea Nahles.

Pour autant est-ce que cet accord est de nature à régler les problèmes internes du SPD et que est l'objectif maintenant pourle SPD et la CDU/CSU ?

Non, cet accord offre un répit. C'est la victoire du bon sens, de la rationalité politique et aucun des deux partis populaires n'avait intérêt au fond à une rupture des négociations. Les deux partis s'offrent donc une pause pour reconstruire jusqu'en 2021. Le véritable défi qui se posera pour les deux partis maintenant ce sera la capacité à intégrer, à droite comme à gauche en faisant face à l'ombre portée de l'AFD.

La SPD va devoir intégrer à gauche mais aussi une partie de la population qui n'a pas voté ou qui a voté ADFD par dépit ou par rejet. Pour la CDU c'est symétriquement le même problème, il va falloir intégrer à gauche (ce qui ne devrait pas poser trop de problèmes, elle l'a toujours fait) mais aussi à droite, les conservateurs déçus par la politique Merkel depuis trois ou quatre ans sera beaucoup plus difficile. Ces mêmes électeurs sont tentés par les sirènes de l'AFD et il va falloir œuvrer pour les ramener "à bon port".

A cet égard la nomination de Horst Seehofer patron de la CSU bavaroise au ministère de l'Intérieur est un signal clair envoyé à cet électorat conservateur.

Les deux partis sont donc dans la même course, chacun dans son couloir, pas forcément avec les mêmes armes pour un renouvellement programmatique mais aussi un renouvellement du leader pour 2021.

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 05/03/2018 - 19:57 - Signaler un abus En résumé,

    la soupe européenne serait donc bonne pour l'Allemagne? Ce serait parfait pour les trois partis majoritaires?

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Fabien Laurençon

Fabien Laurencon est agrégé d'allemand, diplômé de Sciences Po Paris. Il a enseigné l'histoire et la civilisation allemandes à l'université Sorbonne nouvelle Paris III et à Paris X. 

 

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