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Le clasico OM-PSG vu par le prisme de la lutte des classes

L'Olympique de Marseille affronte ce dimanche le Paris Saint-Germain. La rivalité entre les deux clubs n'est pas historique, mais elle n'a rien à envier aux autres clasicos européens sur le plan de la symbolique sociale.

Merci Bernard

Publié le 7 octobre 2012
 

Atlantico : L’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain se rencontrent ce dimanche 7 octobre au Stade Vélodrome dans le cadre de la 8ème journée du championnat de France de football. En Espagne, le FC Barcelone accueille le Real Madrid dans son antre du Camp Nou tandis qu'en Italie les deux clubs milanais, l'Inter Milan et le FC Milan, s'affronteront pour le première fois de la saison à San Siro. Le clasico français est-il différent de ses homologues européens ?

Daniel Riolo : A sa création, le clasico français était très différent des autres gros chocs à l’étranger. Aujourd'hui, à part l’antériorité, le côté historique, on ne peut pas dire qu’il existe de grandes différences. PSG-OM, au départ, c’était juste une opération marketing. Mais cela a mis en lumière par la suite bien des aspects qui le rapprochent des autres clasicos.

Une opération marketing qui a donc rapidement pris une dimension sociale ?

Aujourd’hui notre thèse est communément admise et reprise par tout le monde (Daniel Riolo est l’auteur avec Jean-François Pérès et David Aiello de OM-PSG, PSG-OM les meilleurs ennemis : Enquête sur une rivalité). On nous faisait croire que la rivalité entre les deux équipes était historique. Il suffisait pourtant de parler aux joueurs des années 70 et 80 pour s’apercevoir que ces derniers se moquaient littéralement du « choc » PSG-OM.

Au début des années 90, Bernard Tapie, président de l’Olympique de Marseille, avait besoin d’un adversaire à sa hauteur. La chaine Canal +, qui détenait les droits de diffusion du championnat, avait quant à elle besoin de créer un spectacle. C’est un peu l’histoire des apprentis sorciers qui jouent avec des allumettes. Le feu a tout de suite pris et, s’ils ont ensuite disparu de la scène, tout s’était déjà embrasé derrière eux. Les sociologues que nous avons rencontrés à l’époque parlaient de « terreau fertile », un levier auquel personne n’avait pensé jusque-là et qui a été actionné par Bernard Tapie.

L’affaire OM-VA de 1993 a largement contribué à accentuer le phénomène. Sans elle, le PSG-OM n’aurait jamais eu la dimension sociale qu’il a aujourd’hui. Bernard Tapie, en plein milieu de la tourmente mediatico-juridique, en est rapidement venu à une forme d’instrumentalisation du match. L’idée était la suivante : « Ceux qui vous en veulent, c’est Paris. Tous les pouvoirs sont à Paris, la Fédération Française de Football (FFF), La Ligue de Football Professionnelle (LFP), la Justice etc. Il se trouve en plus que beaucoup de gens qui vous gouvernent sont supporters du PSG, il suffit de voir la corbeille du Parc des Princes. Paris c’est la richesse, c'est Jacques Chirac et le RPR ! ».

Le clasico français n’a donc plus grand-chose à envier à ses homologues européens et sud-américains en termes de symbolique sociale ?

A l’étranger, il y a effectivement toujours eu une grosse dimension sociale dans les clasicos. En Italie par exemple, l’Inter Milan était le club de la bourgeoisie milanaise alors que le Milan AC était celui de la classe ouvrière. Il est d’ailleurs amusant d’observer l’évolution du Milan AC. Quand Silvio Berlusconi a racheté le club, le milieu ouvrier s’est mis à supporter un club dirigé par le champion de la droite italienne…

 


Commentaires

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  • Par le_duff - 07/10/2012 - 16:07 - Signaler un abus 2014...

    Le plus marrant c'est qu'il se murmure que Tapie aurait des vues sur la mairie de Marseille : Gaudin se retire, Muselier battu aux législatives et ministre sans visibilité trop faible, une gauche qui va prendre une méga baffe en 2014... Tapie pourrait arriver avec une étiquette centriste voire estampillée radical de droite de Borloo...
    En plus médiatiquement l'opération serait bénéfique aux deux, je ne veux pas me mouiller mais Tapie arrivant à Marseille en radical de centre droit finalement soutenu par l'UMP aux abois à Marseille, je le sens bien venir...

Daniel Riolo

Daniel Riolo est journaliste sportif et écrivain.

Il est chroniqueur dans l'After Foot sur RMC et blogueur sur le site internet de RMC Sport.

Il est notamment l'auteur de OM-PSG, PSG-OM les meilleurs ennemis : Enquête sur une rivalité  (Mango Sport 2005)

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