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Chute du pétrole : pourquoi les prix ne tomberont pas plus bas

Les cours du pétrole ont atteint leur prix plancher à 30$ le baril ce qui impacte l'équilibre budgétaire des Etats pétroliers. Si tous les acteurs concernés souhaitent faire remonter les cours, peu se montrent disposés à faire baisser leur production.

Voilà, c’est fini

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Chute du pétrole : pourquoi les prix ne tomberont pas plus bas

Atlantico : Au cours des 11 dernières séances, le prix du baril de pétrole s'affiche à 34$, soit un rebond de près de 30% depuis début février. Est-il possible d'en conclure que le pétrole a trouvé son prix plancher ? En quoi l'accord du 17 février dernier, entre OPEP et Russie, a pu permettre aux opérateurs de retrouver leur sang froid ?  Le fléchissement des perspectives économiques mondiales n'est-il pas susceptible d’entraîner les cours vers de nouveaux prix plus bas ?

Stephan Silvestre : Pour être exact, il n’y a pas eu d’accord entre l’OPEP et la Russie, mais une déclaration d’intention entre l’Arabie Saoudite, le Venezuela, le Qatar et la Russie. Or, si ces pays ont un très fort poids sur le marché mondial (environ 1/3 de la production et des exportations), ils n’ont toujours pas l’adhésion de l’ensemble de l’OPEP et ne sont pas près de l’obtenir. Toutefois, ce qui a rassuré les marchés, ce sont des déclarations concordantes sur ce projet d’entente, en particulier de la part des Émirats Arabes Unis et des compagnies pétrolières russes.

Il est vrai que les cours ont effectivement atteint leur plancher à 30$ le baril : à ce prix, la majeure partie de la production mondiale est encore rentable (les 2/3), mais aucun État pétrolier ne parvient à équilibrer son budget. Tout le monde est donc d’accord pour faire remonter les cours, mais il y a peu de candidats pour baisser leur propre production. L’autre possibilité serait une forte reprise de la demande. Mais elle est peu probable en 2016 : entre un Occident qui cherche sa transition énergétique et un Orient qui marque une pause dans sa croissance, la demande ne fléchira pas, mais elle ne risque pas de s’envoler. Il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que cette modération fasse rechuter les cours : le surplus entre l’offre et la demande est actuellement de l’ordre de 2 millions de barils par jour (Mbbl/j) ; or, c’est entre 0 et 1,5 Mbbl/j que les prix s’emballent et au-delà de ce chiffre, les prix restent sur leur plancher.

A l'inverse, l'Iran a pu qualifier l'accord précité de "blague". Faut-il s'attendre à une contre-offensive de la part de l'Iran ou d'autres pays, qui souhaiteraient profiter de la situation pour augmenter leurs parts de marché ?

Oui, clairement l’Iran ne souhaite pas coopérer avec son ennemi saoudien. L’Iran, qui a produit autant que son rival dans les années 1980, entend reprendre sa place sur le marché mondial à l’occasion de la levée des sanctions qui le frappait. Si l’Arabie saoudite et ses alliés modèrent leur production, l’Iran se fera un plaisir de servir leurs clients à leur place. C’est d’ailleurs en raison de cette mésentente que le régime saoudien s’est tourné vers la Russie. Mais l’entente avec ce nouvel "ami" n’est pas acquise non plus en raison des tensions sur le terrain syrien. Entre la peste et le choléra, l’Arabie Saoudite ne peut choisir que le moindre des maux. Quant aux autres pays, notamment les Africains, ils n’ont guère de marges de manœuvre pour augmenter leur production. 

 
Commentaires

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  • Par zouk - 02/03/2016 - 11:41 - Signaler un abus Prix du pétrole

    Certes, nombre de pays producteurs, dont surtout la Russie, mais d'autres aussi: Algérie, Vénézuela...souhaitent une remontée. MAIS, comment va évoluer la rivalité plus que millénaire entre Arabes et Persans? Elle porte sur bien plus que le cours du pétrole.

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Stephan Silvestre

Stephan Silvestre est ingénieur en physique appliquée, Professeur à la Paris School of Business et spécialiste des risques énergétiques. Il est membre de la chaire des risques énergétiques de PSB et anime le blog Risk Energy.

Il est le co-auteur de Gaz naturel : la nouvelle donne ? à paraître en février chez PUF.

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