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Christian Paul : “Le PS devrait analyser pourquoi son homologue grec est aujourd’hui à 3%"

Pour l'une des figures emblématiques des frondeurs, le groupe "dissident" au Parlement sera plus constructif en 2015, et commencera notamment par de multiples contre-propositions lors des débats qui porteront sur la loi Macron à partir du lundi 26 janvier.

Grand entretien

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Christian Paul : “Le PS devrait analyser pourquoi son homologue grec est aujourd’hui à 3%"

Le député Christian Paul. Crédit francetvinfo.fr

Atlantico : Quel regard portez-vous sur le plan de rachat de la dette publique par la BCE ? Pourrait-il selon vous donner un peu d'air à l'économie française, comme l'a indiqué François Hollande lors de ses vœux aux entreprises ?

Christian Paul : Cette décision répond enfin à la gravité de la stagnation économique et du chômage dont souffre l'Europe.

C'est une décision politique sans précédent, un pari historique et fondateur pour le rôle que doit jouer la Banque Centrale Européenne. Nous pouvons supposer, nous espérons, qu'elle aura des résultats. Mais deux obstacles limiteront forcément ses effets. Une telle politique monétaire est partout plus efficace quand elle est accompagnée d’une politique budgétaire volontariste. Or, la politique budgétaire européenne, malgré le plan Juncker -dont on peut par ailleurs regretter la timidité- n'accompagne pas la politique monétaire. Pourtant, dans les pays où le Quantitative Easing (QE) a le mieux réussi comme aux Etats-Unis, ces deux leviers étaient engagés conjointement pour en optimiser les effets.  Deuxièmement, les marchés financiers en Europe sont beaucoup plus fragmentés, et agissent par pays. Une des craintes est qu'à l'inverse des grandes entreprises, les PME n'en bénéficient qu'à la marge, car le secteur bancaire est très peu motivé à s'engager dans les territoires, là où l’économie réelle a besoin de revivre.

>> Et pour aller plus loin sur le sujet 900 milliards d’euros de relance monétaire : la BCE remplit enfin sa part du contrat… mais ne pourra pas sauver l’Europe à elle seule (et ce que ça nous dit des vices structurels de l’euro)

Ainsi se prolonge le débat que nous avons en France depuis des mois. Avec ou sans le QE, la politique de l'offre n’est pas suffisante dans cette période où la demande connaît un déficit durable : les PME souffrent effectivement d'un manque de financement, mais aussi d'une bonne visibilité sur leurs carnets de commande. Le rachat de dettes et l'injection de liquidités ne suffiront sans doute pas à renforcer l'offre, et les mesures pour inciter la demande trouvent tout leur sens.

Au total, je me réjouis que la BCE prenne une décision qui échappe aux dogmes de la droite allemande. Néanmoins, restons lucides !

Vous avez déclaré que la loi Macron, qui commence à être débattue lundi 26 janvier à l'Assemblée, n'était pas "votable en l'état". Dans le contexte favorable instauré par la BCE, est-il toujours raisonnable de s'y opposer ?

Il y a deux raisons de contester la loi dénommée "Croissance, activité et égalité des chances économiques"... Premièrement, au regard des problèmes qu'elle prétend résoudre, elle prend le chemin d’être une micro-loi. Comme si l’on mesurait mal ce que doit être un vrai plan de relance de l'économie française. Le projet s’attaque certes à quelques blocages spécifiques et sectoriels. Mais d’ autres volets économique et sociaux me semblent dangereux : l'extension du travail du dimanche par exemple, qui détruira autant d'emplois qu'elle en créera ; mais aussi l’affaiblissement des droits des salariés lors des plans sociaux (PSE). Je considère grave et inacceptable que les conditions de départ des salariés (et leurs indemnités) soient déconnectées de la prospérité économique d’un groupe, et simplement proportionnées à la situation de l’entreprise qui licencie.

Face au chômage de masse, la loi Macron n'aura qu'un effet placebo. Cette semaine, nous rendrons donc public avec mes amis députés un programme alternatif, "Nos réformes structurelles", pour montrer que nous savons aller beaucoup plus loin que cette loi, en proposant des réformes de grande ampleur : sur le secteur bancaire, le soutien fiscal à l'investissement, la recherche, la formation professionnelle, le déploiement des réseaux numériques… Des propositions concrètes pour un impact massif.

Emmanuel Macron nous dit faire la chasse à la rente. C'est un objectif auquel un député socialiste peut tout à fait souscrire. Mais avant de s'attaquer aux revenus des notaires, il aurait dû focaliser son énergie sur les rentes du secteur bancaire qui, pendant ce temps, augmente ses tarifs de tenue de comptes -14% l'an dernier, 22% cette année- pour tous les Français. Voilà ce que nous dirons au ministre de l’Economie à l’Assemblée pendant deux semaines.

Dans quelle mesure l'opinion favorable au gouvernement et à François Hollande vous complique-t-elle la tâche ? Votre ligne peut-elle en être affectée ?

Je me réjouis que les Français aient fait bloc en ce début d’année autour du président. La "fronde" a répondu aux défaites électorales de 2014. Elle n’est pas une fin en soi. Nous serons dans un esprit constructif en 2015, et les propositions que nous faisons témoignent de ce choix. Maîtrise et responsabilité dans notre expression critique seront de rigueur au cours des débats qui auront lieu les prochains jours.

Je crois que l'unité nationale est toujours nécessaire actuellement, face au terrorisme. Mais pas de contre-sens ! Elle ne doit pas pour autant éteindre la démocratie et le débat parlementaire. La cohésion sociale est aussi une force dont le pays, comme les entreprises,  a besoin.

 
Commentaires

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  • Par GRF - 26/01/2015 - 09:25 - Signaler un abus Ce Monsieur connait il le monde economique

    BCE le rachat de la dette peux le satisfaire cela permettra au gouvernement de continuer à creuser le deficit...irresponsable Loi Macron micro loi mais pourquoi la combatte t il ? Ces propositions on les attend pas car malheureusement on espere pas de ce coté la PSE on connait sa theorie mieux vaut la faillite de l'entreprise qu'une negociation raisonnable compte tenu de la situation, les PSE sont rarement réalisés de gaité de coeur Secteur bancaire toujours facile a attaquer mais il faut qu'il prenne conscience que nous avons perdu en France une grande partie de ce secteur pourtant createur d'emploi au profit de la Grande Bretagne qui sait les seduire... J'invite Christian Paul à gerer une entreprise avec succès avant de dire n'importe quoi par idéologie. Yves Parsi

  • Par brennec - 26/01/2015 - 09:58 - Signaler un abus La confusion dans les esprits...

    Entretenir la confusion dans les esprits est une tactique qui permet a ceux dont les projets fumeux sont néfastes et qui le savent permet de rester dans le jeu politique. Monsieur Paul devrait se documenter un peu sur les philosophies politiques (en admettant qu'il ne fasse pas semblant de les ignorer). Le néo libéralisme n'est pas une exacerbation du libéralisme comme le pensent ceux qui utilisent ce terme mais une tentative pour trouver une voie moyenne entre socialisme et libéralisme, et c'est en ce sens qu'on peut estimer qu'il s'agit d'un archaisme. De fait la plus extrème confusion règne dans les têtes si j'en juge par l'interview de lorant deutsch sur le point dont le titre est "je suis souverainiste, étatiste et libéral", confirmé par Mr Paul et ses amis. https://www.youtube.com/watch?v=QSAqVc1oK9Y&feature=em-uploademail

  • Par Texas - 26/01/2015 - 10:06 - Signaler un abus Analyse

    " Je me réjouis que les Français aient fait bloc autour du Président en ce début d' année " . Voilà un élement de l' analyse qui conduira le P.S vers 3% aussi surement que la réponse appropriée en faveur des banlieues de Manuel Valls . Appliquer la Doxa est plus naturel que l' analyse objective dans l' ADN Socialiste .

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Christian Paul

Christian Paul est un homme politique français, député socialiste de la Nièvre depuis 1997 et ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer sous le gouvernement Jospin. En 2014, il représente le mouvement des "frondeurs" à l'Assemblée nationale pour s'être opposé au tournant libéral du gouvernement de Manuel Valls.

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