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Chômage : cadres, employés, ouvriers, à votre avis qui paie la crise au prix fort (et encore plus qu’auparavant) ?

Alors que le nombre de chômeurs vient de battre un nouveau record, cette hausse n'impacte pas la population de la même façon. Car si le chômage est régulièrement abordé par le biais des classes d'âge, les divergences sont encore plus lourdes en termes de catégories sociales : 20,4% des ouvriers n'avaient pas de travail, pour seulement 3,7% des cadres en 2012.

Deux poids deux mesures

Publié le - Mis à jour le 1 Août 2014
Chômage : cadres, employés, ouvriers, à votre avis qui paie la crise au prix fort (et encore plus qu’auparavant) ?

Le chômage progresse toujours en France Crédit Reuters/Charles Platiau

Il est coutumier d’aborder les chiffres du chômage en fonction des classes d’âge de la population ; le chômage des jeunes, le chômage des seniors etc… Et le gouvernement s’est en effet emparé de cette approche afin de cibler les catégories les plus impactées, en l’occurrence les jeunes, pour tenter de lutter contre la marée montante. Cependant, bien que cet angle soit valide, il a tendance à masquer une autre réalité qui est celle du chômage décomposé par catégories socioprofessionnelles.

Car L’INSEE offre la possibilité de comparer l’évolution du taux de chômage par un biais social, dont voici le détail. Pour l’année 2012, dernière année pour laquelle les données sont disponibles, 3.7% des cadres étaient au chômage, contre 10.3% des employés et 14.4% des ouvriers.

Pour les ouvriers non qualifiés, les chiffres explosent à 20.4%. Soit plus du double que pour l’ensemble de la population (9.8% en 2012). Sans réelle surprise, le chômage touche en premier lieu et dans sa plus grande proportion les moins qualifiés. Les chiffres retenus datent de 2012 et accusent ainsi en retard de 18 mois par rapport à la situation actuelle.

2012. INSEE. Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle

>>>Cliquez ici pour agrandir le graphique

Le contexte de crise que connaît le pays depuis 2008 permet de représenter avec une certaine précision l’impact récessif sur chacune des catégories mentionnées. En 2008, Les cadres bénéficiaient d’un taux de chômage de 3%, traduisant une situation de plein emploi. Ainsi, ce chiffre n’a que peu évolué au cours des dernières années pour atteindre les 3.7% annoncés pour 2012. Soit une progression de 0.7 points. De leur côté, les ouvriers accusent une hausse de chômage de 4.2 points, le taux passant de 10.2% en 2008 à 14.4% en 2014. Pour les ouvriers non qualifiés, cette progression est foudroyante et voit le taux de chômage passer de 15.4% à 20.4%, soit 5 points de hausse.

Le bon sens permettrait de prétexter que la France compte bien plus d’ouvriers que de cadres, ce qui viendrait expliquer cette situation, mais cela n’est simplement pas le cas. En 2010, la France comptait 4.4 millions d’ouvriers ayant un emploi, pour 3.5 millions de cadres dans la même situation. Soit 25% d’écart. En 2010 toujours, 847 000 ouvriers étaient alors au chômage, contre 175 000 cadres. Soit 485% d’écart ou 385% à mesures comparables.

Ainsi, un ouvrier a environ 4 fois plus de risques d’être au chômage qu’un cadre. Il est également à noter que malgré une baisse de 10% de la population ouvrière entre 1999 et 2010, soit environ 500 000 personnes, celle-ci n’a pas permis de faire chuter le niveau de chômage de la catégorie. Et la crise ne va en rien modifier cette tendance de fond. Depuis l’entrée en crise en 2008 et à population égale, lorsqu’un cadre s’inscrit à pôle emploi ce sont près de 4 ouvriers qui sont allés le rejoindre. (50 000 cadres pour 235 000 ouvriers entre 2008 et 2012 en données brutes)

 
Commentaires

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  • Par LouisArmandCremet - 26/07/2014 - 09:50 - Signaler un abus Oui et non

    Il y a un peu de vrai dans l'article mais il manque quelque chose. Pour les cadres, en temps de crise, l'ajustement se fait par les salaires. Un cadre au chômage est prêt à accepter une baisse de 10 ou 20% par rapport à son dernier salaire et retrouver un emploi. Un ouvrier non qualifié est au smic. Il n'y a pas d'ajustement possible sur cette variable, donc c'est par le taux de chômage que se fait l'ajustement. Je ne dis pas qu'il faut baisser le smic car c'est déjà difficile de vivre avec mais je fournis seulement une explication sur les chiffres évoqués dans l'article.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 26/07/2014 - 10:12 - Signaler un abus En tout cas, pas les fonctionnaires

    Allemagne: population 80M, active 42M (15/64), cis chômeurs et fonctionnaires. France: population 65M, active 28M (15/64) cis chômeurs et fonctionnaires. Allemagne: chômeurs 2M, fonctionnaires 4M. France: chômeurs 4M, fonctionnaires 5M+ 2M (assimiles) Solde actifs secteur productif: Allemagne: 36M, France: 17M. Pour espérer un ratio identique à l'Allemagne, nous devrions être à 29M au lieu de 17M....... manquent 12M, cherchez l'erreur !

  • Par vangog - 26/07/2014 - 11:52 - Signaler un abus @Benino s'ils finissent tous par voter Bleu Marine en 2017...

    ils vont faire élire...MLP, très naturellement! Exit Zigou Zag...

  • Par Pourquoi-pas31 - 26/07/2014 - 13:02 - Signaler un abus On va revenir à la bonne vieille TSF

    Tout Sauf Francois

  • Par yeneralobregone - 26/07/2014 - 16:06 - Signaler un abus il ne faut pas oublier

    que la société n'est pas exclusivement formé d'employés, qu'ils soient cadres ou non diplomés, jeunes ou vieux : jusque dans les années 30, la france comptait autant de ruraux ( la plupart paysan ) que de citadins et jusque dans les années 70, la france comptait autant d'indépendant ( agriculteurs, commercant, artisans... ) que d'employés. or depuis cette époque, on a eu de cesse de vider cette classe sociale laborieuse et économe, pour remplir celle des fonctionnaires à emplois fictif ( on ne voulait pas les transformer en ouvrier, car dans le mème temps , la désindustrialisation du pays commenceait ... ) la plupart des problèmes de la france viennent de la : il faut noter que la liquidation du système français, ce fait certe par la concurence des pays de l'europe du nord, plus vertueux, mais aussi par celle des pays asiatiques, qui comportent encore un trés grand nombre d'indépendants, travailleurs courageux qui ne ménagent pas leur peine, ne sont pas syndiqués, et accumulent du capital alors que le salarié français accumule des " droits " .

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.

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