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Charlie Hebdo : le prix de la censure

Alors que la rédaction de Charlie Hebdo a été la cible d'une attaque à la kalachnikov, en 2012, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet certains médias et une partie de la gauche avaient lourdement condamné le journal.

Chroniques du pot aux roses

Publié le - Mis à jour le 8 Janvier 2015
Charlie Hebdo : le prix de la censure

Manifestation après l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo. Crédit Reuters

1 - Charlie-Hebdo : le prix de la censure

Quand des députés, des ministres, des associations lourdement subventionnées, des médias et une gauche dite "morale" légitiment le licenciement et donc la censure d'un polémiste, faut-il s'étonner que des tarés prennent les armes pour tuer ceux qui leur déplaisent ?

Désormais, les "belles âmes éclairées" vont comprendre qu'on ne joue plus.

On se souvient notamment de Daniel Cohn-Bendit qui au moment de l'affaire des caricatures de Mahomet en septembre 2012 avaient estimé que les responsables de Charlie Hebdo étaient "cons" et "masos".

Toujours en 2012, Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères avait pour sa part déclaré : "La liberté d’expression existe, mais je suis absolument hostile à toute provocation.

[... Je ne vois pas du tout l’utilité quelconque d’une provocation et même je la condamne d’une façon très nette et en même temps je respecte la liberté d’expression."

 

2 - Offensive gauchiste dans l'université : comment Hollande risque de capituler

Depuis des années, les sciences en général et celles dites humaines en particulier, au nombre desquelles il faut ranger l'économie, sont l'objet d'une véritable offensive d'une pensée d'extrême gauche d'autant plus intolérante et virulente que son impact intellectuel est faible. En résumé, la science économique serait, selon elle, tombée entre les mains des soutiers du grand capital et autres valets des banquiers qui, sous prétexte d'utiliser des outils de pensée formalisés, essentiellement les mathématiques, négligeraient l'"humain". On est prié d'avoir la larme à l'oeil et des trémolos dans la voix en évoquant cet humanisme menacé par le grand méchant loup néolibéral.

Cette singulière conception des choses est aussi naïve qu'elle est fausse et ridicule. S'il y a bien une manière humaine d'élaborer des concepts et d'utiliser des langages et si elle se distingue de celle des autres animaux, c'est précisément par le chemin toujours plus exigeant vers la formalisation abstraite, la rigueur et l'expression mathématique. L'humain ce sont d'abord et avant tout les sciences dites "dures". Les solidarités instinctives qui font soupirer d'aise et de nostalgie ces humanistes de paille se rencontrent autant si ce n'est plus chez l'ours ou le macaque que chez l’homme. Elles sont d'ailleurs largement fantasmatiques : homo homini lupus, n'est-il pas ?

Cette précision intellectuelle et méthodologique apportée, venons en aux faits qui nous préoccupent cette semaine et qui, pour anecdotiques qu'ils puissent paraître, sont en réalité passablement inquiétants.

Hollande frétille devant la perspective de la maigre croissance que le début de baisse de l'euro, celle beaucoup plus forte des taux d'intérêt et celle du prix de l'énergie sont censées apporter à la France. Youpi ! Il va pouvoir, en bon socialiste, recommencer à faire la seule chose qu’il sache faire : distribuer l’argent des autres. Il a déjà annoncé le gel de toute réformette de type macronien et entamé une difficile reconquête de l'électorat de gauche qu'il avait berné en 2012. On voit de ci de là réapparaître quelques mesures catégorielles à destination du monde enseignant, celui où le nombre de cocufiés par kilomètres carrés de bureau et salles de cours est sans doute le plus élevé. Les recteurs vont bénéficier ainsi de primes substantiellement augmentées.

Parmi ces sucreries figure le projet de réforme du mode de recrutement des enseignants d'économie à l'université. A l'heure actuelle le "Conseil National des Universités" (CNU) en est la cheville ouvrière. S'agissant de l'enseignement de l'économie, il est l'objet depuis quelques temps d'une offensive en règle.

 
Commentaires

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  • Par 2bout - 07/01/2015 - 15:50 - Signaler un abus L'Euro à parité avec le Dollar.

    Ce serait intéressant si la France avait l'outil pour exporter des produits : les plus performants seront dans ce domaine encore les allemands, vous verrez Serge. Le seul intérêt que certains peuvent y voir, c'est que peut être, on pourrait réduire notre dette souveraine par l'inflation inhérente à la baisse de la valeur d'une monnaie, ce qui n'est pas évident si l'Etat continue de bloquer l'inflation en empruntant à des taux proches de zéro... Et je fais aussi une grosse, une énorme différence, entre Cohn-Bendit qui exprime son point de vue et des Torquemada qui condamnent l'expression lorsqu'elle dépasse leur entendement ou qui parviennent à définir ce qui est convenable de penser ou non.

  • Par bjorn borg - 07/01/2015 - 16:55 - Signaler un abus Il y a un ours

    que j'aime bien, c'est Vladimir Poutine. Lui mettrait de l'ordre dans tout ce bordel. Il ne prendrait pas de gans avec ces maffieux! Hollande est un incompétent, je l'ai déjà dit plusieurs fois, nul et incompétent. Il a été élu président par hasard car il a effacer les autres inexistants. Il ne devrait même pas être à la tête de la Corrèze en énorme déficit. Vive Poutine et Zemmour!

  • Par von straffenberg - 07/01/2015 - 18:45 - Signaler un abus J'aime bien les ours mais pas les larmes

    @bjorn borg .Je pense que Poutine a un grand charisme ainsi que Zemmour . Après cette terrible épreuve ..... il sera venu le temps de réfléchir (intensément) sur la liberté de la presse, d'opinion et du modèle de société que nous propose notre cher gouvernement. Pour les familles touchées par ce deuil un milliards d'ondes positives ...sera mon soutien

  • Par Yves3531 - 07/01/2015 - 20:26 - Signaler un abus Je ne leur souhaite pas ce qui vient d'arriver...

    Mais quand je vois tout ces gauchos inonder les écrans et les ondes de leurs lamentations; ils ne subissent finalement que les conséquences de leurs excès de manipulation. Tenter de faire oublier leur nullité leurs turpitudes et tuer toute opposition en accusant à tout bout de champ et à tort et à travers tout ce qui bouge et dérange de racisme, ils récoltent ce qu'ils ont semé. On ne joue pas impunement avec le feu...

  • Par Henrik Jah - 07/01/2015 - 20:45 - Signaler un abus Pas de hasard

    Si les musulmans de France avait à l'époque défendu la liberté d'expression au lieu de critiquer les caricatures de Mahomet et Charlie Hebdo, cela ne se serait peut-être pas produit. Ils ont conforté les terroristes dans leur décision de se venger de Charlie en légitimant la défense de leur "prophète" par le sang.

  • Par gwirioné - 08/01/2015 - 01:16 - Signaler un abus D'accord,M. Federbush

    Rien de plus que le titre....

  • Par essentimo - 08/01/2015 - 07:57 - Signaler un abus Trop tard

    pour dire (la première émotion, très forte, passée) que se mettre en danger (libre à soi) mais mettre en danger les autres, était-ce bien raisonnable au nom de l'humour par la caricature qui, on le sait, est faite pour accentuer - à outrance quelquefois - les traits de caractère. On dit que le véritable humour est l'autodérision et il y a, en France assez de sujets pour cela.

  • Par Bretondesouche - 08/01/2015 - 13:50 - Signaler un abus Censure à géométrie variable

    Le PS a demande récemment de censurer zemmour Le bal des hypocrites à commence

  • Par brennec - 08/01/2015 - 14:36 - Signaler un abus Quelle liberté d'expression?

    CEDH: 1. Toute personne a droit à la liberté d’expression[..] 2. L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. Déclaration des droits de l'homme 1789: Art. 10. -Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. ------- On voit bien que la liberté d'expression n'a rien d'absolu, surtout en france. Le trouble a l'ordre public n'a pas de définition et est sujet a interprétation plus ou moins spécieuses, les cas récents ne manquent pas. Pour faire bref, une dictature peut très bien se satisfaire de ces déclarations.

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

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