Dimanche 26 mai 2013 | Créer un compte | Connexion
Extra

Cette accumulation de réformes fiscales qui ne cherchent qu'à "acheter" certaines catégories de population

Un sondage Viavoice publié le 25 octobre a révélé que les Français sont de plus en plus inquiets de leur pouvoir d’achat. La raison : "l'augmentation de la fiscalité des ménages". Il est donc important de recréer un débat sur la fiscalité, et surtout, de le rendre plus démocratique.

Débattons tous ensemble

Publié le 29 octobre 2012
 
D'après un sondage, de plus en plus de Français s'inquiéteraient de la baisse de leur pouvoir d'achat.

D'après un sondage, de plus en plus de Français s'inquiéteraient de la baisse de leur pouvoir d'achat.  Crédit Reuters

Le récent mouvement des pigeons a mis en évidence un contraste flagrant entre une partie de la population lasse des impôts et un État totalement ignorant de ces préoccupations[1]. Cet épisode révèle combien la question fiscale en France a été confisquée par une bureaucratie qui défend ses privilèges. Il est temps de rompre avec cette atteinte à la démocratie. Il faut repolitiser le débat fiscal !

La dépense publique à été accaparée par la bureaucratie. Celle-ci est à l'œuvre pour capturer l'État au seul profit de quelques groupes minoritaires qui, tels des clients, acquièrent ainsi une part de la dépense publique.

Les fonctionnaires sont le premier de ces groupes : ils ont intérêt à faire croître la taille de l'État, cela maximise leur qualité de vie. Au-delà, ils défendent ce qu'ils estiment être la légitimité de leurs activités : voir baisser leur budget serait reconnaître implicitement que leurs occupations ne sont plus (et n'étaient) pas utiles à la collectivité. On comprend que cela soit humainement et individuellement difficile. Le problème, c'est qu’au niveau collectif, ces attitudes rigidifient la dépense publique de manière considérable, et n'interrogent pas son efficacité.

La capture de la dépense publique n'est pas que le fait de la fonction publique : les responsables politiques ont pris la fâcheuse habitude d'acheter leur électorat. À peine arrivée au pouvoir, la gauche a créé des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires : ces recrutements à vie (!), en dépit du bon sens (la France n'est manifestement pas sous-administrée) et pour le moins inefficaces (est-on certains que les emplois déjà occupés le sont tous de manière optimale ?) ont pour but ou de satisfaire un électorat – les syndicats de fonctionnaires – ou de créer de nouveaux électeurs (les postes d'enseignants). La droite ne fait pas autre chose quand elle utilise l'argent public pour baisser la TVA en faveur d'une profession plutôt qu'une autre, dans l'espoir de récupérer son vote. Les subventions publiques, de manière générale, peuvent s’analyser de cette manière.

L'ensemble de ces dépenses est particulièrement rigide : créer un poste de fonctionnaire c'est le payer jusqu'à sa mort (salaire puis retraite). Distribuer l'argent public, c'est créer un lobby prêt à se battre pour garder sa part de pactole. Derrière chaque niche, il y a un chien. Dernière chaque dépense, il y a un bénéficiaire prêt à lutter, même si cela n'est pas bénéfique à l’ensemble de la société.

De rigide, la dépense en devient monolithique, inébranlable, immuable… Au final, dans le débat public, la question fiscale est totalement confisquée.

La première confiscation réside dans le fait que cette bureaucratie produit une science connue d'elle seule. Dans sa technocratie, elle élabore autant de dispositifs spécifiques et dérogatoires qu'il existe de groupes de clients. La loi fiscale en devient totalement incompréhensible, impossible à vérifier, sauf à y consacrer beaucoup de temps et de patience (certains en font même leur métier !).

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par dedroite - 30/10/2012 - 19:07 - Signaler un abus Le sondage ne dit pas tout

    Les réformes fiscales concernent les faux riches, ça ne concerne pas les riches et les pauvres

  • Par CN13 - 30/10/2012 - 14:25 - Signaler un abus Il fallait réfléchir AVANT !

    il fallait réfléchir avant de mettre à la tête de la France un fonctionnaire de la Corrèze qui n'a rien fait et qui nous a montré un CV vide.
    Si Hollande devait s'inscrire à Pôle Emploi, je ne vois pas comment il pourrait trouver un travail avec un CV vide.

  • Par LECANDIDE - 30/10/2012 - 10:07 - Signaler un abus L'art du politicien de gauche

    C'est tout un art que de vivre une main sur le coeur et l'autre dans le portefeuille du contribuable.
    Si en plus vous prononcez les mots solidarité et justice sociale toutes les 4 phrases, alors vous pouvez vous prendre pour un clone de l'Abbé Pierre, même en habitant un dans un bon quartier de Paris avec une voiture de fonction.
    Je me demande bien qui pourrait se reconnaître dans cette description...

  • Par Bara - 29/10/2012 - 23:27 - Signaler un abus Mettons fin à l'avantage fiscal des journalistes !

    ... Et tous les autres pourront ensuite être supprimés sans opposition.

  • Par vangog - 29/10/2012 - 22:36 - Signaler un abus Flamby, roi des taxes et des privilegiés!

    a part ça, à gauche, rien...le désert!

  • Par rudi11 - 29/10/2012 - 18:31 - Signaler un abus la gauche caviar a encore frappé

    taxer la bière ? mais pas le whisky ou le champagne !
    augmenter la redevance ? mais y a plus rien à voir sur la tele
    que des gamineries à zizique
    taxer les restos ? c est en priver les smicards
    etc etc
    je crois que les socialos ont declaré la guerre au peuple....enfin tant que le medef est content, hein ?

  • Par Rebelotte - 29/10/2012 - 18:20 - Signaler un abus edit

    "autorisée" et non autoriser

  • Par Rebelotte - 29/10/2012 - 18:19 - Signaler un abus Des groupes de pression extrêmement puissants!

    Minoritaires, ce sont eux qui ont réussi à faire élire l'indicible Hollande par une mobilisation parfaite de tous leurs relais jusqu'ici indéboulonnables : fonctionnaires, syndicats, médias, le tout épaulé par une justice très complaisante.
    Un pays verrouillé depuis 1945 par la gauche et qui n'a jusqu'ici toléré qu'une droite collectiviste, autoriser à diriger un service privé entièrement soumis à la ponction de ses richesses en leur faveur.

  • Par parisienne - 29/10/2012 - 17:07 - Signaler un abus Et si tous les revenus

    d'où qu'is proviennent , et tous les Français étaient imposés de façon progressive mais juste, je suis persuadée que les ménages dans leur totalité, seraient beaucoup moins taxés! mais le but de ceux qui nous gouvernent ,n'est-il pas de diviser pour régner!
    Les fonctionnaires des impôts , trop surchargés, ne prélèvent pas l'impôt sur le revenu inférieur à 61 euros .... curieuse de savoir pourquoi l'état accepte cette exonération de fait!

  • Par troiscentsalheure - 29/10/2012 - 14:11 - Signaler un abus Pour sortir de la démagogie partisane

    il faut que la fiscalité puisse faire l'objet de référendums d'initiative populaire. En Suisse la TVA est à 8.7 % et les personnes à haut revenus ne se plaignent pas d'être matraquées fiscalement. Le référendum d'initiative populaire permettrait d'avoir une législation stable, simple et juste.

  • Par ZOEDUBATO - 29/10/2012 - 13:41 - Signaler un abus @ compagnon : J'aime bien le terme de ponctionnaire

    pour désigner ce qu'est devenu la fonction publique depuis que la gauche leur a donné le pouvoir de "juge et partie" ainsi qu'un pouvoir de nuisance incompatible avec la justice sociale et la démocratie
    Ce "don" à été fait en échange d'un changement des règles des concours de la fonction publique dont les sujets ne sont plus aussi bien "verrouillés" et qui permettent embauche de confort et de complaisnec si utile à certains élus et syndicalistes de gauche pour casser parentèles et amis

  • Par Libre de penser - 29/10/2012 - 13:10 - Signaler un abus Le Président taxe et taxe encore et toujours alors...

    Monsieur le Président
    Pardonnez-moi de travailler depuis bientôt 50 ans
    • d’être né dans une famille nombreuse et déshéritée
    • d’avoir pendant tant d’années respectées mes parents, mes amis et mes concitoyens depuis ma tendre enfance.
    • d’avoir durement travaillé pour m’élever socialement.
    • de ne jamais insulter la police
    • de dire bonjour et au revoir lorsque je suis contrôlé.
    • de ne jamais avoir brulé de voiture
    Pardonnez-moi de me lever le matin à 6h 00 pour rentrer chez moi à 21h 00 après le travail.
    • de ne pas avoir économisé un franc où un euro durant toutes ces années
    • de ne pas avoir de biens dans les paradis fiscaux.
    • de ne jamais avoir acquis des œuvres d’Art non taxées par l’ISF
    • d’avoir toujours payé dans les temps mes impôts.
    • de n’avoir jamais été à la charge de l’Etat.
    • d’aider mes enfants lorsqu’ils en ont besoin.
    • d’envisager d’aller en prison pour me mettre à l’abri des délinquants en liberté
    • de respecter le drapeau français
    • d’être fière d’être français et de le dire.
    Enfin pardonnez-moi d’être un mauvais exemple et aujourd’hui je prends conscience que ce n’est pas un comportement normal.

  • Par ccompagnon - 29/10/2012 - 13:00 - Signaler un abus T'inquiète

    T'inquiète bonhomme !
    Nous arrivons pour leur botter le cul.
    Bon, au lieu de bla-bla, si nous agissions !
    Allez : tous à la Bastille !

  • Par ccompagnon - 29/10/2012 - 12:57 - Signaler un abus fonctionnaires

    je préfère le terme "ponctionnaire" dans ce contexte kleptocratique...

  • Par thymthym711 - 29/10/2012 - 12:45 - Signaler un abus Démission ou suicide ?

    Le nombre de salariés de l'Etat (au niveau national, régional, départemental, communal) est -il trop important en France ? Oui. La faute revient-elle à l'ensemble de ces salariés ? Non.
    " voir baisser leur budget serait reconnaître implicitement que leurs occupations ne sont plus (et n'étaient) pas utiles à la collectivité."
    Ce message nous a déjà été envoyé puisque notre horaire de travail, à nous salariés de l'enseignement, n'a pas bougé au passage - catastrophique pour la nation - aux 35 heures. Ce message nous a aussi été asséné par l'ancien président qui voulait nous faire travailler huit heures de plus par semaine.
    A tous ceux qui s'en prennent aux salariés de l'Etat je pose une question : dois-je démissionner ou pire me suicider pour que la France se porte mieux ?

  • Par Moggio - 29/10/2012 - 12:19 - Signaler un abus +1

    Merci pour votre lucidité.
    Votre texte m'a fait penser à cette fameuse citation du député français Frédéric Bastiat (plus connu à l'étranger que dans son propre pays) : "L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde".

  • Par cdg - 29/10/2012 - 11:56 - Signaler un abus bravo!

    Malheureusement une remise a plat des niches fiscales et subventions diverses est un suicide politique. Vous voyer un gouvernement supprimer le taux reduit de CSG des retraités ou leur 10 % d abattement pour frais professionnels ?
    Le pire c est que ces depenses ont un effet souvent contre productif. Le parfait exemple est la corse: gavée de subventions, exemptée (legalement ou non) d impots, ca reste un boulet pour la France (notre grece a nous en quelque sorte)

  • Par ZOEDUBATO - 29/10/2012 - 11:11 - Signaler un abus Le progrès et le changement c'est l'égalité Public/privé

    Même base et taux pour les impôts, les prélèvement sociaux, les avantages en nature, la retraite
    Mêmes niches fiscales, sociales, salariales, sociales,
    Même type de gestion et de hiérarchie: objectifs, hiérarchies opérationnelle, une partie du salaire au mérite,encadrement des pouvoirs de nuisance
    Même durée de travail et même règles de remboursement
    Même statuts et abandon des monopoles Public
    Concours de niveau (hors participation syndicale) avant toutes régularisation et embauche
    Budget audité dans leurs réalisation et médiatisé, transparence et demande de pmoyens validés par des organismes privés indépendants
    ALLEZ! HOP! AU BOULOT MAINTENANT !
    C'est l'intérêt général qui prime et pas celui du clan au pouvoir par défaut

Erwan Le Noan

Erwan Le Noan est président d’une association qui prépare des lycéens de ZEP aux concours des Grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été rapporteur de commissions économiques gouvernementale et professionnelle. Il enseigne le droit et la macro-économie à Sciences-po (IEP Paris).

Il écrit sur www.toujourspluslibre.com

Voir la bio en entier

Contact | Contact commercial | Candidatures | Ecrire à la rédaction | Mentions légales | Conditions d'utilisation | Plan du site | Site réalisé par Palpix

Fermer