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Ces principes sur lesquels doit s'appuyer la ministre de l'enseignement supérieur pour en finir avec le tirage au sort à l'université

Le système du tirage au sort à l'entrée à l'université devrait être abandonné. Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation propose ce lundi une grande concertation avec les représentants des Université et les syndicats pour repenser le système d'entrée à l'université.

Contrat de réussite étudiante

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Ces principes sur lesquels doit s'appuyer la ministre de l'enseignement supérieur pour en finir avec le tirage au sort à l'université

​Atlantico : Frédéric Vidal, ministre de l'Enseignement Supérieur va réunir une grande concertation le 17 juillet prochain avec les représentants des universités et les syndicats. Elle veut mettre fin au système du tirage au sort à l'entrée des étudiants à l'Université. Comment comprendre ce recul ? Est-ce une bonne mesure ? 

Jean-Paul Brighelli : C'est moins un recul qu'une mesure de bon sens. Le tirage au sort, en dehors (et à cause) de son caractère aléatoire et profondément injuste, pouvait être contesté par n'importe quel étudiant refoulé et par le Conseil constitutionnel, ou n'importe quel tribunal administratif, lui aurait donné raison.

Aucun gouvernement n'a voulu tenir compte de l'effet baby-boom amorcé au milieu des années 1990. On se retrouve aujourd'hui avec des situations ingérables. Et c'est vrai dans le Supérieur comme dans le Primaire ou, le Secondaire. Mais enfin, une France en reconstruction, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, a su gérer une situation de même ampleur. Et la France de 2017 ne le pourrait pas ? Serait-ce que nous avons, pour l'argent, d'autres priorités ? Que l'on ne me dise pas que nous vivons au dessus de nos moyens : l'année dernière la fortune des riches a augmenté en moyenne de 21% l'année dernière. Et la fortune des 500 Français les plus riches a été multipliée par sept en 20 ans.

Quant aux solutions, elles existent. Reste à voir si Frédéric Vidal voudra les mettre en œuvre. Il faut opérer une vraie sélection à l'entrée des facs en laissant celles-ci libres de l'organiser comme elles l'entendent. En affichant des numerus clausus clairs selon les formations. Les foules qui par exemple veulent s'inscrire en STAPS vont dans le mur, si l'on considère le nombre de profs d'EPS (le débouché le plus naturel) que l'on embauchera dans cinq ou six ans.

En fait, il faut étendre à tout l'enseignement supérieur ce qui se fait aujourd'hui dans 40% des formations post-Bac (IUT, BTS, Prépas, facs à dérogation du type de Dauphine, etc.). Sélectionner sur dossier  en réorientant les candidats non classés vers un autre voie, plus à leur portée. C'est ce que fait Médecine à Bac + 1.

Entre 150 000 et 200 000 nouveaux étudiants sont à réaffecter dans le système d'insertion post-bac. Qu'est-ce qui pourrait être mis en oeuvre à la place pour gérer les différentes demandes d'inscription ? 

Il faut impérativement que les demandes des étudiants soient réalistes, et conformes à leurs capacités : d'où la nécessité de s'appuyer globalement sur le livret scolaire pour examiner les demandes et non sur un algorithme déjà dépassé. Une démagogie sans limites a ainsi permis aux titulaires d'un Bac Pro de s'inscrire en université : le taux d'échec, au niveau L1? est de 98% ; au niveau L3, il est de 100%. À quoi bon les bercer d'illusions, les berner, et les laisser foncer dans le mur, alors que les sections de BTS ont été inventées, à l'origine, pour ces publics et qu'elles donnent d'excellents résultats ? Alors même que l'apprentissage est une voie pleine de promesses ?

 
Commentaires

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  • Par Michèle Plahiers - 17/07/2017 - 10:48 - Signaler un abus Ah Brighelli...

    J'espère qu'il va se répentir d'avoir cédé à Marine,... Sinon, je suis généralement d'accord avec lui.

  • Par Michèle Plahiers - 17/07/2017 - 10:53 - Signaler un abus Les fils à papa

    Qui osera écarter les fils à papa obligés par leur parents de faire médecine. Même s'ils redoublent (en Belgique, cela pouvait aller jusqu'à trois années...)? Pourquoi ne pas instaurer des centres d'orientation psycho-pédagogiques. Avec possibilité de révision du dossier. Le tirage au sort, c'est laisser Dieu ou le hasard choisir. Là je redeviens très rationnelle, n'ayant jusqu'à présent jamais gagné au Lotto.

  • Par Anouman - 17/07/2017 - 20:00 - Signaler un abus Bac

    Si on veut moins d'étudiants il suffit de mettre une dictée un peu difficile avec moins quatre par faute et exiger 12/20 minimum. Normalement on devrait limiter sérieusement le nombre d'étudiants (70% en moins?). Quant à la sélection sur dossier elle n'est pas pertinente, on peut avoir un bon dossier ici et un moins bon ailleurs. Le Bac (mais avec un niveau un peu remonté et juste quatre ou cinq versions) permet au moins de voir ce qu'un élève a retenu de sa dernière année. A l'université, il y a quarante ans c'était déjà 50% de chute chaque année jusqu'au troisième cycle. Il suffit d'avoir des amphis assez grands et d'attendre que les plus cossards se tirent, comme ça on fait plaisir à tout le monde et pour pas plus cher.

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Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli est délégué Education de Debout la France. Professeur agrégé de lettres, enseignant et essayiste français, il est également l'auteur ou le co-auteur d'un grand nombre d'ouvrages parus chez différents éditeurs, notamment La Fabrique du crétin (Jean-Claude Gawsewitch, 2005) et La société pornographique (Bourin, 2012). 

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