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Cancer : un nouveau traitement parvient à pousser notre corps à manger et détruire les cellules malades

Des scientifiques ont élaboré une drogue de synthèse qui soutient le corps dans sa lutte contre les cellules cancéreuses. en permettant aux cellules macrophages du corps de se décupler et d'être plus efficace mais également de rendre visible les cellules cancéreuses.

Macrophage

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Cancer : un nouveau traitement parvient à pousser notre corps à manger et détruire les cellules malades

 Crédit wikipédia

Atlantico : Des scientifiques ont élaboré une drogue de synthèse qui soutient le corps dans sa lutte contre les cellules cancéreuses. L'efficience de ce produit se ressent aujourd'hui principalement sur les tumeurs de la peau et de la poitrine. Ses créateurs la décrive comme une "supra molécule" qui permet non seulement aux cellules macrophages du corps de se décupler et d'être plus efficace mais également de rendre visible les cellules cancéreuses. Comment fonctionnent ces drogues de synthèse ? Des traitements similaires ont-ils déjà été recensés dans histoire médicale ?

Souhila Medjkane : Les macrophages font partie des cellules immunitaires de notre organisme et sont indispensables pour combattre de nombreux envahisseurs, tels que les bactéries, les virus et parfois même les cellules cancéreuses. On distingue 2 types de macrophages, les M1 et les M2. Les macrophages M1 peuvent attaquer et engloutir les cellules cancéreuses mais ils sontstoppés par une molécule«ne me mangez pas» envoyée par ces dernières. Les macrophages M2, eux,  peuvent être recrutés et détournés par la tumeurqui va les utiliser pour mieux se développer.

Les scientifiques ont élaboré un système qui s’organise à l'échelle nanométrique pour délivrer simultanément 2 composés à l'intérieur de l’organisme. Ainsi, le premier composé permet de reprogrammer les macrophages M2 en macrophages M1 qui vont alors être capables d’engloutir les cellules cancéreuses.  Le second composé permet de bloquer le signal «ne me mangez pas» envoyé aux macrophages M1par les cellules cancéreuses, permettant à ces derniers de littéralement phagocyter (manger) la tumeur.

C'est la première fois qu’un tel système de distribution combinéeest administré avec succès sur un modèle de cancers du sein et de la peau empêchant le cancer de croître et de se propager chez les souris testées.

  1. Quelles seraient alors les extensions à envisager à l'avenir dans le cadre de la lutte contre d'autres maladies ?

Dans le principe, cette approche qui consiste à associer des médicaments de synthèse pour en faire une « supra-molécule » pourrait être utilisée pour soigner des pathologies diverses et variées qui présentent plusieurs altérations à corriger, ce qui correspond à la très grande majorité des pathologies rencontrées (cancers, maladies auto-immunes, diabète, maladie neuro-dégénérative etc…).

  1. Existe-t-il un risque prégnant d'aliénation de cette avancée significative par le lobby pharmaceutique, condamnant donc cette étude (comme tant d'autres) à stagner au rang de projet universitaire ?

Les prochaines étapes seront de continuer à tester la nouvelle thérapie dans des modèles précliniques pour en évaluer la sécurité, l'efficacité et la posologie. Les scientifiques qui ont conçu cette thérapie supramoléculaire espèrent poursuivre l’étude dans des essais cliniques sur des patients. Cette thérapie supramoléculaire a déjà été brevetée, ce qui devrait accélérer le processus de mise sur le marché si les essais cliniques s’avèrent concluants.Le lobby pharmaceutique n’a pas grand intérêt à ralentir ce projet puisque cette immuno-onco-thérapie pourra être utilisée en association avec des médicaments anti-tumoraux, et pourra s’avérer très utile chez les patients présentantdes résistances aux traitements.

 
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Souhila Medjkane

Le docteur Souhila Medjkane est Maître de Conférences à l’Université Paris-Diderot. Après avoir effectué un Doctorat à l’Institut Curie de Paris et un post-Doctorat au Cancer Reseach UK à Londres, elle a rejoint l’équipe d’épigénétique et destin cellulaire en 2009 de Paris VII. Elle s’intéresse plus spécifiquement à l’implication de l’épigénétique dans les processus de progression tumorale.

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