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Budget : première semaine de vérité pour Emmanuel Macron qui va devoir trancher entre contraintes et priorités

Emmanuel Macron va devoir choisir entre ses engagements européens, la conjoncture, le prix des réformes à payer et le désamour de l’opinion publique.

Atlantico Business

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Budget : première semaine de vérité pour Emmanuel Macron qui va devoir trancher entre contraintes et priorités

Après des semaines consacrées au rituel de l’installation présidentielle, les visites de courtoisie à l’étranger, les élections législatives et le remaniement de vigueur, Emmanuel Macron va bien être obligé de plonger dans la réalité.

Et cette réalité, cette semaine, va certes, porter sur la loi de moralisation de la vie publique et sur la loi d’habilitation et de réforme du code du travail par le biais d’ordonnances. Mais formellement, c’est le Parlement qui va se mettre au travail. Le président, lui, va devoir se plonger dans les premiers choix budgétaires. C’est le nerf de la guerre. Il va observer la petite guéguerre qui se prépare à l’Assemblée pour la présidence de la Commission des finances.

Très importante commission, chargée du contrôle des dépenses et des recettes de l’Etat. Deux hommes de valeur  vont se disputer cette fonction, qui fait contrepoids au ministre de l’économie et à celui des comptes publics : Gilles Carrez, qui voudrait bien se succéder à lui-même et Éric Woerth, qui a une totale légitimité technique et politique pour prétendre occuper la fonction. Les pronostics donnent Woerth plutôt gagnant de la partie.

Le plus drôle, c’est que Emmanuel Macron, pour Bercy, n’a qu’à moitié confiance dans les deux titulaires, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin puisqu‘il a fait nommer un de ses proches parmi les plus proches, Benjamin Griveaux comme Secrétaire d’Etat sans affectation précise, mais dont l’expertise vaut bien celle des deux qu’il va accompagner. Benjamin Griveaux a fait ses classes auprès de Dominique Strauss-Kahn après avoir fait Sciences Po et HEC. Pour les Enarques qui sont revenus en nombre au pouvoir, HEC dispense une formation un peu plus proche de l’épicerie de quartier, n‘empêche que l’école de Jouy-en-Josas ouvre les portes des multinationales plus facilement que l'école de la rue des Saints Pères. Querelles de chapelle que tout cela, mais querelles de pouvoir. Et si le pouvoir est bien à l’Elysée, c’est Griveaux qui a les clefs. A suivre.

En attendant, sur le fond, le plus dur pour Macron va être de faire des choix budgétaires. Pendant la campagne, il n‘a évidemment fait aucune promesse. C’est sa force. N’empêche qu’il va devoir naviguer pour trouver de quoi payer le prix des réformes. Aucun président avant lui n’a eu le courage de faire ses choix. Ils ont toujours trouvé une bonne excuse pour cacher la poussière sous le tapis.

Valéry Giscard D’Estaing, qui savait tout, ne voulait gouverner qu’avec 2 français sur 3, la crise pétrolière l’a empêché de redresser les comptes, ce qui ne l’a pas mis à l’abri de l’échec électoral en 1981. Il s’est fait sortir du jeu.

François Mitterrand s’est fait élire sur des promesses de rééquilibrage social, il a fallu les payer sans sourciller.

Jacques Chirac a continué et s’était engagé à réduire la fracture sociale. Il ne l’a pas fait mais il a dépensé l’argent que la reprise de croissance mondiale pouvait lui apporter.

 
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  • Par Deneziere - 26/06/2017 - 08:19 - Signaler un abus Un peu de patience

    Micron va prendre sa claque du fait de la détérioration continue des comptes publics et sociaux, laquelle est inéluctable compte tenue de l'obésité étatique enkystée et des cadavres laissés par les socialos avant leur départ. Quand on voit Le Maire invoquer l'héritage, alors qu'il le doit en partie à Macron, cela fait sourire.

  • Par tananarive - 26/06/2017 - 08:58 - Signaler un abus La fonction publique.

    Le président qui ne réduira pas le déficit en baissant le coût et le pouvoir de la fonction publique n’a aucune chance de redresser la France. Le problème est que Macron et ses amis viennent de la nouvelle noblesse qu’est la fonction publique avec ses privilèges et ses abus.

  • Par Michèle Plahiers - 26/06/2017 - 12:49 - Signaler un abus PMA GPA

    Le saut d'obstacle risuqe bien d'être difficile ami Macron. Qui se souvient de Raimondo D'Inzeo?

  • Par Michèle Plahiers - 26/06/2017 - 12:53 - Signaler un abus Fillon-Le Mans Ickx-l'automobile

    J'avais misé sur Fillon à cause de Jackie Ickx. Un proche était son ami. Macron-sagittaire, c'est le retour aux sauts d'obstacle. Il marche sur leau et s'envole comme Pégase. Attention, rappelons-nous Fantomas,....

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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