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Brexit : Theresa May n’a que deux solutions : la mort subite ou la mort lente

Désespérée. La cheffe du gouvernement britannique n’a pas convaincu les partenaires européens de lui offrir une solution de sortie.

Atlantico Business

Publié le
Brexit : Theresa May n’a que deux solutions : la mort subite ou la mort lente

Theresa May est rentrée de Bruxelles avec la conviction d’être complètement coincée. Coincée entre son mandat politique d’organiser le Brexit et l’impossibilité de trouver un accord qui permettrait à la Grande Bretagne de conserver une grande partie des avantages qui sont liés à son appartenance à l’Union européenne.

Elle est coincée entre l’intransigeance des européens qui posent toujours trois conditions préalables à l’ouverture des négociations :

Un, les européens demandent le solde de tout compte et le remboursement de tout ce que Londres doit aux européens, soit entre 50 et 100 milliards.

Deux, les européens exigent aussi des garanties sur le sort et les droits des ressortissants de l’Union résidant en Grande Bretagne.

Trois, Bruxelles demande aussi que la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et l'Irlande du Sud n’aboutisse pas à un réveil de l’antagonisme entre l’Irlande catholique, indépendante et qui reste dans l’Union et l’Irlande protestante qui fait partie de la GB.

Elle ne peut pas accepter ces trois conditions. Elle n’a pas de mandat pour cela. En revanche, elle est poussée par sa majorité pour aller, vers un Brexit dur, mais on lui demande aussi de trouver des modalités qui ménagent les intérêts économiques de la Grande Bretagne. C’est donc contradictoire.

La Grande Bretagne aujourd’hui commence à souffrir. Les anglais savent que la plupart des grandes banques ont mis en place des plans de déménagement pour quitter Londres et aller s’installer à Francfort, Luxembourg, Dublin ou Paris. Ils savent aussi que la croissance a commencé à piquer du nez, que les prévisions d’activité sont médiocres et que l’inflation par les produits importés ne va pas les épargner.

Les partisans du Brexit continuent de penser que cette situation qui se dégrade est liée au manque de visibilité sur les conditions du divorce et plaident donc pour une rupture franche et rapide.

Theresa May s’est rendue compte que la Grande Bretagne devait trouver des accords d’échange pour maintenir son niveau de vie. Du coup, le parti conservateur se fissure et le parti travailliste fait campagne pour de nouvelles élections qui permettraient d’annuler la procédure de Brexit.

Theresa May a donc le choix entre :

 Une mort subite et brutale en quittant ses fonctions et laissant sa place à son ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, avec lequel elle est en conflit ouvert et public sur la question du Brexit. Boris Johnson travaille à un hard Brexit, parce qu’il fait le pari que la Grande Bretagne pourrait inventer un modèle de croissance alternatif à celui qu’elle avait développé dans le cadre de l’Union européenne, mais personne dans le monde des affaires ne lui fait crédit.

Ou alors une mort lente en laissant la situation se dégrader. Parce que l’autre solution pour Theresa May est de continuer à essayer d’arracher un accord, mais devant l’intransigeance européenne, elle aura du mal à y parvenir, sans pouvoir arrêter le processus de déclin.

Ce qui est très intéressant dans cette affaire historique, c’est la position de européens. Les britanniques qui ont choisi le Brexit ont réussi ce tour de force à ressouder les européens sur une position unique et commune.

La position des Européens est pour une fois très simple :

Ou bien la Grande Bretagne assume son Brexit et en paie le prix.

Ou bien elle fait machine arrière. Ce qui ne serait nullement déshonorant. Pour les européens, la crise du Brexit (comme jadis celle de la Grèce hier ou de la Catalogne aujourd’hui) a de formidables vertus pédagogiques à l’adresse des populations.

Face aux difficultés liées aux mutations mondiales et technologiques, les populations européennes sont tentées de céder aux tentations populiste et autonomistes. Elles sont tentées de se replier sur elles-mêmes. Mais ces tentations-là sont éminemment dangereuses.

La Grèce est passée à côté de la catastrophe, elle se redresse. La Catalogne prend conscience que sa richesse est liée à son appartenance à l’Espagne et à l’Europe. Quant à la Grande Bretagne, elle sait que le Brexit va lui couter cher en emplois et en niveau de vie.

A la fin du dernier sommet européen, beaucoup de chefs d’Etat et de gouvernement ont fait le pari que la crise pouvait rendre intelligent et responsable. 

 
Commentaires

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  • Par hermet - 21/10/2017 - 10:40 - Signaler un abus La liberté à un prix

    effectivement la liberté à un prix, les anglais sont-il prêt à le payer, tel est la question, pour ma part je pense qu'à court terme ils sont perdants, mais à moyen et long terme, c'est très différent car plus de liberté c'est aussi plus de richesse; allez courage, continuez , le monde a besoin d'un royaume uni libre ! et non sous le dictat germano-bruxellois; la liberté a couté chère aussi à Churchill à l'heure où une partie de son gouvernement voulait négocier avec Hitler, pourtant sans lui point de liberté en Europe, et je ne vois pas ce grand personnage se laissé imposer sa politique économique, sociétale, migratoire par Bruxelles ou Berlin, pas plus hier qu'aujourd'hui.

  • Par kelenborn - 21/10/2017 - 10:49 - Signaler un abus je ne lis même plus

    Il est autiste et incontinent! Face au ridicule il doit avoir autant de vies que le CAC 40

  • Par vangog - 21/10/2017 - 10:59 - Signaler un abus L'UE doit se moderniser, et accepter le divorce...

    d'un de ses membres! Cette modernisation est absolument nécessaire à l'UE, qui n'avait prévu aucune éventualité de sortie dans ses statuts, pour qu'elle évolue...

  • Par Deneziere - 21/10/2017 - 11:21 - Signaler un abus « Le peuple anglais ».... formule creuse

    Le problème du post brexit à court ou long terme...... c’est que ceux qui ont voulu le brexit ne sont pas ceux qui créent la richesse du Royaume - Uni aujourd’hui, ni ceux qui la créeront demain. Le brexit a divisé les Anglais, le post brexit ne les ressoudera pas par enchantement.

  • Par Lazydoc - 21/10/2017 - 11:27 - Signaler un abus Donc si je comprend bien:

    La Grèce va mieux (grâce à l’Europe, merci Angela), la Catalogne a peur de quitter le giron européen et madrilène (on ne regarde pas la meme télé), la GB se mord les doigts d’avoir voter le Brexit et veut être dirigée par les travaillistes. Ah oui, et si Teresa démissionne, il n’y aura pas de nouvelles élections. C’est Boris qui arrive (sans être élu) car c’est l’épouvantail préféré des européens. Le journalisme permet d’éclairer le lecteur qui possède 2 neurones! Merci JMS!

  • Par cloette - 21/10/2017 - 11:48 - Signaler un abus le brexit

    c'est une réaction contre la globalisation, est-ce un soubresaut avant la fin des Etats souverains , ou le début d'une riposte générale ?

  • Par assougoudrel - 21/10/2017 - 13:11 - Signaler un abus Ce n'est pas avec cette

    tête là qu'elle risque d'être harcelée par tous ces hommes-cochons à l’affût.

  • Par kelenborn - 21/10/2017 - 14:16 - Signaler un abus Assou

    Pas d'accord..avec cette tronche.moi je la vois bien dire à Juncker: "mais enfin, t'as vu ta quequette, elle a bouffé de la limacide ? "

  • Par kelenborn - 21/10/2017 - 14:18 - Signaler un abus Ah Lazydoc!!!

    Tu sais, même le glyphosate a baissé les bras devant Sylvestre! La prêle est résistante au glyphosate, la brelle aussi !

  • Par Mahaut - 21/10/2017 - 14:46 - Signaler un abus Le Brexit aura lieu..

    Habitant en Angleterre depuis 15ans, je suis convaincu que le Brexit aura lieu. Le Royaume Uni n' a jamais vraiment adhéré à l'idée d'Europe, et ce quelque soit la classe sociale. Le discours dominant même d' institutions qui s'opposent aukourd'hui au Brexit comme le Financial Times ou The Economist a toujours été très critique vis à vis de l'UE. Les gouvernements britanniques successifs, dont celui de Tony Blair qui pleure des larmes de crocodiles devant la perspective du désastre à venir, ont voulu finasser et jouer au plus malin avec leurs partenaires européens, en ayant un pied dedans, un pied dehors, en critiquant le soit devant leur opinion publique domestique ce qu'ils avaient négocié le.matin à Bruxelles Ils ont aussi superbement ignoré l'opinion très défavorable de la.population sur les questions d'immigration, qui a été une raison essentielle au vote Leave.

  • Par Deudeuche - 21/10/2017 - 15:02 - Signaler un abus @Mahaut

    Indeed, que 7 ans sur l’Ile mais tout à fait d’accord.

  • Par cloette - 21/10/2017 - 15:04 - Signaler un abus Je le pense aussi

    et n'ai jamais habité l'Angleterre pourtant .

  • Par KOUTOUBIA56 - 21/10/2017 - 18:24 - Signaler un abus les rosebeefs nous ont

    les rosebeefs nous ont toujours fait c........... en affairfe comme au rugby donc ils se cassent en payant leur addition. la suite dira s'ils ont eu raison ou tord

  • Par kelenborn - 21/10/2017 - 18:57 - Signaler un abus Mahaut

    Bien sûr!!! ce qui est le plus étonnant est qu'il reste des couillons sur le Titanic

  • Par Gré - 21/10/2017 - 22:46 - Signaler un abus Vive la démocratie dictatoriale

    "Ou bien la Grande Bretagne assume son Brexit et en paie le prix." En somme, elle vit moins bien (?) mais elle est libre et échappe au diktat allemand (car l'UE, c'est d'abord l'Allemagne) "Ou bien elle fait machine arrière. Ce qui ne serait nullement déshonorant." Sauf que la Grande-Bretagne, ce ne sont pas (en tout cas, ce ne devrait pas l'être) les élites mais la population - et que la population a dit majoritairement Zut ! C'est là qu'est l'os ! Je suppose que la population sera appelée à voter à nouveau jusqu'à ce qu'elle vote "bien". ------------------ Vive l'Allemagne !!

  • Par lepaysan - 21/10/2017 - 23:37 - Signaler un abus Le fond, c'est l'immigration musulmane

    Ce que les British rejettent, c'est principalement la politique d'immigration de l'UE. Ils commencent à payer cher leur tolérance nationale envers l'immigration musulmane et veulent la stopper alors que l'UE n'a encore compris.

  • Par pascal farigoule - 22/10/2017 - 10:19 - Signaler un abus Qu’ils partent miladious

    Et vite, sans chichi ! Ils paient leurs dettes et ils se renferment sur leur île./ ils continueront à accepter les populations qui viennent de feu leur empire colonial - et chasseront les polonais et autres européens ! Mais qu’ils s’ Aillent vite.

  • Par vangog - 22/10/2017 - 11:13 - Signaler un abus L'UE refile de l'argent aux Turcs...

    pour qu'ils ne envahissent pas (trop vite) de leurs immigrés et réclame de l'argent aux Anglais en sortie de bail...et vous ne la trouvez pas totatalement "inversée" et absurde, cette union?...

  • Par Anguerrand - 23/10/2017 - 18:01 - Signaler un abus C'est la Politique FN mise à mal

    Si les français pensent encore que le Franxit est la solution, j'espère qu'ils seront vaccinés définitivement. Les anglais subissent déjà les premières conséquences économiques avant même la sortie effective de l'UE. Les catalans commencent déjà à serrer les fesses a l'idée de quitter l'UE et l'€.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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