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Brexit : pour l'UE, le divorce par consentement mutuel, c'est OK... mais à condition que les Britanniques paient d'abord. Et cher

Alors que la Grande-Bretagne enclenche le Brexit, les Européens semblent enfin décidés à discuter pied à pied les conditions du divorce.

Atlantico Business

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Brexit : pour l'UE, le divorce par consentement mutuel, c'est OK... mais à condition que les Britanniques paient d'abord. Et cher

Theresa May aura du mal à prouver aux Britanniques que le Brexit leur permettra de faire des économies. Elle va, la semaine prochaine, enclencher le processus de divorce qui aboutira à sortir la Grande-Bretagne de l’Union européenne et surtout à signer des accords de coopération qui, pour les Anglais, devraient leur permettre de continuer à commercer avec les partenaires européens (presque comme avant). 

Ce que l’on sait, c’est que les Européens sont bien décidés à négocier pied à pied les conditions de sortie avant de s’engager à discuter les conditions de vie après le divorce.

La Commission de Bruxelles a donc été mandatée pour mener à bien cette négociation préalable.

Comme dans un divorce, l’Union européenne veut solder la situation actuelle, définir les indemnités de ruptures, apurer les situations financières, rembourser les dettes et rompre les engagements antérieurs, puis ensuite fixer les modalités futures de la vie quotidienne.

En tout, la Commission de Bruxelles a fait passer à Londres les conditions préalables qu’elle voulait imposer avant d’entamer la rédaction d’un accord de bon voisinage.

1e condition : Bruxelles va réclamer 60 milliards d’euros avant toute discussion. Ces 60 milliards représentent en gros le montant des engagements qui ont été pris par Bruxelles au profit de la Grande-Bretagne dans le cadre du fonctionnement de l’Union européenne. Ils représentent les subventions structurelles accordées, les prêts consentis et la contribution normale de la Grande-Bretagne. Contrairement à ce que pensait une majorité d’Anglais sur l’appartenance à l’Union européenne, ils vont s’apercevoir que le départ va leur coûter cher. 60 milliards d’euros, c’est en gros plus de la moitié des impôts directs sur le revenu payé par les Anglais.

2e condition : Bruxelles va exiger que soit fixé le sort des résidents européens en Grande-Bretagne tant du point de vue fiscal qu’administratif. Parallèlement, Bruxelles veut savoir quel sort va réserver Londres à ses concitoyens résidents en Europe continentale.

3e condition : La Commission veut connaître l’avenir des 1500 fonctionnaires de nationalité britannique en poste à Bruxelles. Quid de leur avenir, de la résidence, de leur traitement, de leurs impôts et de leurs retraites ?

4e condition : le sort des agences européennes installées à Londres. Deux agences de l'UE, l'Autorité bancaire européenne et l'Agence européenne du médicament, sont implantées à Londres. Si la Grande-Bretagne quitte les 28, elles vont devoir déménager. Au total, près de 1500 salariés qui se préparent donc à partir dans une des capitales européennes candidates à leur accueil.

Dans un deuxième temps, après que ces conditions préalables auront été satisfaites, Bruxelles commencera donc à négocier les demandes de Londres. Et chacun sait que Londres souhaite conserver la plupart des avantages que lui apportait son adhésion à l’Union européenne. Le compromis sera difficile à trouver. Parce qu’en gros, Londres voudrait conserver son passeport, sa liberté de faire circuler les capitaux, les biens et les services mais fermer ses frontières aux hommes, tout en restaurant une autonomie fiscale et sociale. En gros, la crème, le beurre et l’argent du beurre. Ça va être compliqué pour les Anglais à partir du moment où les européens ne le voudront pas.

 
Commentaires

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  • Par Djib - 22/03/2017 - 13:11 - Signaler un abus Le fait que le "sort" des fonctionnaires européens britanniques

    figure en 3ème place des préoccupations des Eurocrates en dit long sur l'esprit de caste et l'entre soi des dirigeants des "machins" qui nous gouvernent depuis Bruxelles. Ils n'ont manifestement pas les mêmes angoisses quand il s'agit de promouvoir la liberté du commerce, la mise en concurrence des travailleurs, ou la mise en place d'une agriculture industrielle faisant crever les paysans traditionnels.

  • Par Deneziere - 22/03/2017 - 14:27 - Signaler un abus @ djib

    Je sais bien que nous payons déjà pour beaucoup de choses inutiles, mais quand même...Avez-vous vraiment envie de payer la retraite de ces 1500 anglais ? Connaissant Bruxelles, on peut craindre que ces retraites soient assez grasses.

  • Par toupoilu - 22/03/2017 - 17:24 - Signaler un abus Il faut fuir d'urgence cette prison.

    Leur seul but avec cette menace qu’évidemment les britanniques ne paieront pas, c'est de nous effrayer et de nous faire voter comme il faut. Dans les deux ans de la négociation qui suivra, on aura tout le temps de revenir sur ces idioties et de retrouver la raison. Mais les français (espèrent t-ils) auront entre temps bien votés.

  • Par vangog - 23/03/2017 - 00:13 - Signaler un abus "Fermer ses frontières aux hommes"?????

    Non, Sylvestre! Ce n'est plus avec de telles caricatures que vous parviendrez à convaincre les benêts du bien-fondé de l'Union Europeiste...la GB souhaite fermer ses frontières aux jihadistes et aux réfugiés économiques de la passoire Schengen, nuance!...Quant aux 60 milliards d'engagements européens pour la GB, c'est du même acabit! mensonge enfantin...Et on aimerait bien savoir à quoi correspondent ces 60 milliards, puisqu'il n'existe plus aucun grand projet coopératif européen?...Ah oui! Sauver les banques européennes des mensonges de Goldmann-Sachs et de certains politiciens gauchistes (dommage! Car Mitterrand est mort...) pour faire rentrer la Grèce dans l'UE!...si les Anglais avaient du culot, ils demanderaient aux banques de se rembourser auprès des vrais responsables de ce massacre...mais cela signifierait que les banques européennes devraient se payer pour leurs erreurs grossières!...mais non! pas les banques qui sont responsables, mais la GB paiera, alors que son seul tort fut de croire au mirage europeiste...à mon humble avis, les Englishs ne paieront pas 60 milliards pour renflouer les banques europeistes...

  • Par Anguerrand - 23/03/2017 - 08:12 - Signaler un abus Le FN qui veut Le Frexit

    N'avait pas, comme le FN, compris ce que cette sortie de l'€ avait de telle conséquences. Ça fait partie des " solutions " simplistes " de ce parti. Les anglais commencent à regretter leur vote pour le Brexit. Ils ne le voteraient plus actuellement. Pourquoi l'Ecosse et l'Eire ne veulent pas en sortir ? Les gogos et les vangogo, Ganesha, et cie n'ont pas pensé non plus que la GB sorti de l'UE deviendront un pays comme les autres ou l'on peut taxer leurs exportations. Les " économistes " du FN devront revoir largement leur copie car les téléspectateurs ont bien compris que leur idées de sortie de tout n'est certainement pas une solution sauf si on veut ruiner les français et la France. 75% de ceux qui ont vu ce débats n'étaient pas convaincus des solutions " économiques "de MLP

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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