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Brexit en hausse dans les sondages : pourquoi les Britanniques ne vivent pas la crise de l’Europe sur le même mode que nous

D'après un sondage YouGov publié vendredi par The Times, les partisans d'une sortie de l'Union européenne devancent de neuf points ceux qui prônent le maintien de la Grande-Bretagne au sein du bloc communautaire. C'est l'écart le plus important depuis que l'organisation en juin prochain d'un référendum sur la sortie du Royaume-Uni dans l’UE a été acté, l'été dernier.

God save l’Europe

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Brexit en hausse dans les sondages : pourquoi les Britanniques ne vivent pas la crise de l’Europe sur le même mode que nous

Atlantico : 45% des Britanniques sont favorables à une sortie de l'Union alors que 36% disent vouloir y rester, Comment expliquer cette tendance ? Quels sont les ressorts permettant de l'expliquer ? 

Sophie Pedder : Cette volonté de vouloir la sortie de l’Union européenne est bien entendu inquiétante pour les partisans du maintien du Royaume Uni. Mais prudence oblige. Il ne faut pas juger une tendance avec un sondage. Depuis 18 mois, les résultats des sondages sont très variables. Il faut se méfier d’autant plus dès qu’ils ne sont pas fiables comme on l’a vu lors de l’élection législative l’an passé où les sondages annonçaient la veille même de l’élection des scores historiquement serrés entre conservateurs et travaillistes alors que le lendemain, les urnes révélaient une victoire nette du parti de David Cameron.

Alors ne tirons pas des conclusions globales sur un résultat particulier d’un sondage. Pourtant il ne faut pas négliger le poids de la presse eurosceptique qui s’est montrée très critique depuis le préaccord conclu, mardi à Bruxelles avec Donald Tusk, le président du Conseil européen pour éviter la sortie de la Grande Bretagne de l’U.E.  Les journaux populaires conservateurs, abonnés à l’"Europe bashing" se sont donnés à cœur joie contre le Premier ministre, David Cameron. Le résultat du sondage YouGov doit être interprété aussi au regard de cette ambiance hostile dans les medias eurosceptiques à ce préaccord. Mais à mon avis, jusqu’au référendum, les résultats qui sortiront des prochains sondages seront très serrés.

Quels sont les maux de la société britannique que la population projette sur l'Union Européenne ? Où en est la population avec l'idée même d'Union Européenne ? 

L’euroscepticisme au Royaume-Uni ne date ni de la crise de la zone euro, ni de la crise des migrants, ni de la crise grecque. Ce phénomène n’est pas récent mais remonte à plusieurs décennies. En fait, l’euroscepticisme s’est installé progressivement dans les mentalités du peuple britannique depuis Margaret Thatcher. Souvenez-vous de sa déclaration au  sommet de Dublin en 1979 où la dame de fer avait lancé sa fameuse formule, "I want my money back", qui a fait le tour du monde et qui pointait le déséquilibre vécu par l’Angleterre qui payait plus qu'elle ne recevait du budget européen. Le Royaume Uni n’est pas devenu eurosceptique voire europhobe avec la crise des migrants. En revanche, le fonctionnement actuel de l’Union Européenne plongée dans cette double crise économique et migratoire, a accentué l’hostilité d'une partie des britanniques et du parti conservateur vis-à-vis de l’Europe. Par ailleurs, la situation économique de la Grande Bretagne est meilleure que dans la zone euro. Avec un taux de chômage qui a 5% est moitie moins qu'en France et une croissance économique a 2,2% doublement supérieure à la croissance française, on comprend bien que les Britanniques ne peuvent pas avoir une image très positive de l'Europe.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 07/02/2016 - 15:43 - Signaler un abus Un paragraphe entier, pour nous expliquer en préambule

    qu'il ne faut pas croire aux sondages...à fortiori lorsqu'ils sont contraires à l'idéologie europeiste dominante??? Sophie Pedder a bien fait son travail de propagandiste de la pensée unique en vigueur! Le reste n'est pas du niveau d'une journaliste impartiale. Plutôt que ces disgréssions compliquées sur des sondages indociles, Pedder aurait mieux fait de nous expliquer pourquoi les anglais ont moitié moins de chômage que le nôtre, une croissance double de la nôtre, alors qu'ils ne sont pas dans l'Euro? Repliés sur leurs frontières historiques, les anglais profiteraient donc mieux de l'euro, en restant à l'extérieur, plutôt qu'en s'intégrant peureusement dans le troupeau europeiste?...et pour quel gain, s'intégreraient-ils, alors qu'ils profitent déjà du libre-échange, seul intérêt de l'UE? Un traité de Schengen en train de s'écrouler, une CEDJ gouvernée par des petites filles, une UE qui compense son manque de croissance en ponctionnant les forces vives du Moyen-Orient, la guerre civile qui gronde partout? Les anglais sont plus intelligents et pragmatiques que cela! Et la courbe des sondages anti-UE risque bien de ne pas s'inverser, au grand dam de Sophie Pedder...

  • Par Liberte5 - 07/02/2016 - 18:18 - Signaler un abus Rien n'est encore joué, mais tout peut arriver.

    L'Europe assaillie par les problèmes, n'a plus le même attrait pour des peuples fatigués d'être dirigés par une oligarchie coupée des populations et des réalités.

  • Par clint - 07/02/2016 - 21:28 - Signaler un abus Eux ont la City, une économie ouverte,la proximité avec les US !

    Ce n'est pas un repli sur soi comme le FN qu'ils demandent ! ce n'est pas comme dit Philippot, on sort de l'euro, on dévalue de facto, et on peut privilégier nos artisans, nos petites entreprises qui pourront remettre la retraite à 60 ans et augmenter le Smig, grace à la monnaie de singe, la fermeture des frontières (de toute façon on ne pourra plus aller en vacances à l'étranger vu le taux de change de la monnaie de singe). Non eux c'est faire venir les grandes entreprises internationales, les GAFA, les ingénieurs et diplômés des écoles de commerce françaises, bref être un vrai pays, pas un pays de souverainistes chevènementistes des années 80, ceux-là même qui se sont fait vider pas Mitterand : ça montre leur modernité avec l'époque actuelle !!!

  • Par Deudeuche - 07/02/2016 - 22:51 - Signaler un abus @clint

    pas faux, leur sortie ne serait pas notre sortie!

  • Par Le gorille - 08/02/2016 - 04:35 - Signaler un abus Vite le Brexit !

    Et dans la foulée le Frexit !

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Sophie Pedder

Sophie Pedder est Chef du bureau de The Economist à Paris depuis 2003.

 

Elle est l'auteur de Le déni français aux éditions JC Lattès.
 

 

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